Record absolu pour les enchères de la collection Saint Laurent-Bergé

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La vente de la collection d'art de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent s'est achevée mercredi soir à Paris sur un total d'enchères de plus de 373 millions d'euros, bien au-delà des 300 millions espérés au départ. Plusieurs pièces ont atteint des montants records lors de cette vente conduite par la maison Christie's.

Malgré la crise et la polémique autour de deux bronze chinois réclamés par Pékin, la vente de la collection d'art de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent s'est achevée mercredi soir à Paris sur un total d'enchères de plus de 373 millions d'euros, bien au-delà des 300 millions espérés au départ. Cette vente, la plus importante d'une collection privée jamais réalisée, a fait tomber les records pendant trois jours, pour des artistes aussi majeurs que Matisse, Mondrian, Klee ou Géricault, avant d'être marquée mercredi par une tension autour de la vente de deux antiquités chinoises. Plusieurs pièces ont même atteint des montants record lors de cette vente conduite par la maison Christie's, avec le concours de Pierre Bergé et Associés.
 

"Malgré la crise, malgré les gens qui m'ont dit que j'avais eu tort de ne pas demander de garantie à Christie's, que je devais attendre deux ans ou trois que la crise s'apaise, j'ai décidé de n'écouter personne et de faire cette vente et je crois que j'ai eu raison", a déclaré Pierre Bergé une fois le dernier objet adjugé sous la verrière du Grand Palais. "Lorsqu'on montre aux acheteurs des oeuvres de qualité, les acheteurs sont là", s'est félicité l'homme d'affaires qui a partagé pendant plus de 50 ans la vie du grand couturier.
 

Parmi les ventes les plus remarquées, le tableau "Les coucous, tapis bleu et rose" réalisé en 1911 par Matisse, a trouvé preneur lundi pour 35,9 millions d'euros alors qu'il était estimé entre 12 et 18 millions. D'autres oeuvres se sont arrachées en trois jours à des prix élevés. Une sculpture de bois de l'artiste roumain Constantin Brancusi a été vendue 29 millions, près du double de son prix estimé, et une composition" du peintre néerlandais Piet Mondrian a été cédée pour plus de 21,5 millions. Un "fauteuil aux dragons" d'Eileen Gray a pulvérisé son estimation en s'adjugeant à 21,90 millions. Deux sculptures de bronze du XVIIIe siècle représentant une tête de rat et une autre de lapin qui avaient fait l'objet d'une polémique avec Pékin ont été adjugées mercredi 15,7 millions d'euros chacune.En trois jours, 733 objets ont été proposés aux amateurs, dont des tableaux de Picasso, Henri Matisse, Edgar Degas, Fernand Léger, Paul Cézanne, des sculptures romaines, des bronzes de Chine ou des meubles Art nouveau. Trois lots n'ont pas trouvé preneur, dont "Instruments de musique sur un guéridon", tableau cubiste de Picasso estimé entre 25 et 30 millions d'euros.
 
L'engouement autour de cette collection s'était déjà manifesté au cours du week-end avec la venue de milliers de curieux au Grand Palais. Il fallait en effet pas moins de 5 heures d'attente avant de pouvoir entrer dans le Grand Palais pour admirer l'ensemble des oeuvres proposées aux enchères. Le catalogue de la vente vendu 200 euros a rapidement été épuisé. Pierre Bergé a dit voir dans le succès de cette vente une preuve d'un retour de Paris sur le devant de la scène du marché de l'art.  Ed Dolman, le président de Christie's, lui a donné raison. "Ce soir, Paris est revenu au centre du marché de l'art mondial", a-t-il déclaré en guise de conclusion.
 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Preuve en est que la crise ne touche visiblement pas tout le monde.

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