Zuma, troisième successeur de Mandela

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Jacob Zuma a été élu hier président de la république d'Afrique du Sud. Et bien élu, puisque l'African National Congress (ANC), dont il était le candidat, avait recueilli 66% des suffrages aux élections du 22 avril. Ce quatrième chef d'Etat sud-africain depuis la fin de l'apartheid n'a rien pour inspirer confiance à l'observateur confortablement installé dans son bureau en Europe.

C'est un Zoulou qui revendique bien haut les valeurs guerrières de sa nation. Il a commencé sa vie en gardant les chèvres dans son village, et n'a appris à lire et écrire que bien plus tard. Il parle assez mal l'anglais. Il n'aime pas les Blancs. Il est polygame, quoique chrétien. Il traîne des casseroles, même si la justice a fini par passer l'éponge dans toutes les affaires où il était compromis : plusieurs histoires de corruption et un viol. Dans ce dernier cas, il a expliqué tranquillement que, dans le code de l'honneur zoulou, un homme se doit de satisfaire une femme qui lui fait des avances.

Bref, Jacob Zuma, 67 ans, est mal dégrossi si on le compare à ses raffinés prédécesseurs Nelson Mandela, Thabo Mbeki et, pendant quelques mois d'intérim, Kgalema Motlanthe. Mais il est immensément populaire. La plus grande puissance économique d'Afrique subsaharienne a choisi, dans des élections pluralistes et transparentes, cet homme-là. Pour les quelque 40% de Sud-Africains qui vivent dans la pauvreté, il incarne l'espoir.

La légitimité, c'est ce qui distingue le nouveau président sud-africain de ses homologues du continent (à l'exception d'une poignée de pays démocratiques). Comme pour souligner ce contraste, hier, la doyenne des juges d'instruction du pôle financier de Paris a jugé recevable la plainte pour "recel de détournement de fonds publics" déposée notamment par Transparency International contre Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale). Une information judiciaire peut donc être ouverte contre ces dictateurs qui se sont enrichis sur le dos de leurs pays.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Point par point, des bémols, et des dièses:
-Effectivement l'ANC a recueilli §66% des suffrages, mais elle n'obtient pas la majorité parlementaire des 2/3 qui lui aurait donné les mains pour modifier la Constitution, et la province du Cap est passé fermement à l'opposition.
-Zuma parle mal l'anglais? c'est à voir: il est un excellent orateur qui est aussi capable , en petit comité, face à des patrons plutôt contre, a le don d'écouter et de répondre.
-Zoulou? on aime beaucoup ce genre de classification folklorique en France, qui nous empêche de nous rendre compte du plus important: que le Parti communiste est de fait aux commandes des postes clefs au sein de l'alliance tripartite; et explique comment Zuma peut bénéficier, pour le moment, d'une base populiste.
-Corruption: c'est tout de même une entreprise française d'armement qui a versé, si je ne me trompe, des pots de vin à M. Zuma.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
"L'incarnation de l'espoir" n'en inspire pas beaucoup. Avec une telle incompétence au sommet, succédant à une autre plus élégante, qui comme politique de santé proposait de soigner le sida au jus de betteraves, ce pays est mûr pour sombrer dans l'anarchie

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