La Bourse ou la peur

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Par Muriel Motte, rédactrice en chef à La Tribune.

Fini de rire. La Bourse de Paris vient de perdre près de 8% en dix séances. Au tapis, les Alcatel, Axa ou Michelin qui caracolaient encore il y a un mois. Le CAC 40 est retombé hier au-dessous de 3.600 points, un niveau inconnu depuis les chaudes journées de l'été.

Évidemment, la Bourse ça monte, ça baisse. Ça voit la vie en rose et puis ça broie du noir. Prenez les valeurs bancaires européennes : au pinacle (de l'année), il y a seulement dix jours, elles ont depuis reperdu 10%. Et tout le monde crie au feu, alors que ce secteur vient d'accumuler 166% de hausse en sept mois !

C'est que, aujourd'hui, la Bourse a peur. De tout et de son contraire. Un mauvais chiffre sur la conjoncture ou dans les comptes d'une banque ? Le spectre d'une rechute dans la récession ou dans la crise financière réveille de vieux démons. Un chiffre trop bon ? Les visages de Jean-Claude Trichet et de Ben Bernanke, gardiens du temple monétaire prêts à durcir leur politique, surgissent comme des épouvantails au milieu d'un champ paisible de coquelicots.

Ces derniers mois, les marchés d'actions prospéraient dans l'idée que l'épargne n'étant rémunérée nulle part mieux qu'en Bourse, mieux valait y être. Or soudain, des signes d'embellie de la conjoncture mondiale apparaissent qui font naître une question nouvelle : à quelle vitesse les politiques budgétaires et monétaires accommodantes vont-elles être inversées ? Et une crainte, celle de voir les actions perdre de leur attrait.

Côté budget, la réponse est claire : Berlin veut baisser les impôts, l'Amérique et la France ne veulent pas désarmer leur plan de relance. Pour ce qui est de la politique monétaire, le doute plane, même si chacun sait que la hausse des taux d'intérêt n'est pas pour demain. Les réunions des banquiers centraux cette semaine devraient lever les inquiétudes des marchés. La parole est à la défense.

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