Le retour des libéraux

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Il fallait oser ! A l'heure où l'Etat apparaît comme le sauveur de l'économie, Pascal Salin, en fidèle disciple de l'école autrichienne du cycle, propose un regard iconoclaste sur les origines de la crise et plaide en faveur d'un vrai capitalisme fondé sur la responsabilité des acteurs.

Au moment où l?on célèbre le retour de l?Etat, il faut beaucoup d?audace à Pascal Salin pour proposer un retour au capitalisme. Car le capitalisme n?est pas à l?origine de la crise financière et économique. Ce sont les mauvaises politiques publiques et il serait tragique d?en attendre des solutions alors qu?il conviendrait de faire enfin une vraie confiance aux marchés. Pascal Salin montre bien comment les causes principales de la crise proviennent de l?intervention étatique et de la faillite des autorités publiques.

La crise des "subprimes" n?est pas la faillite de l?économie de marché, mais celle de l?économie administrée du logement par les autorités publiques américaines. Et ce sont les règles comptables (le calcul de la valeur "mark to market") qui, combinées avec les ratios de fonds propres obligatoires pour les banques, vont provoquer la contagion et l?effondrement de la confiance. Mais l?auteur, en excellent disciple de l?économie autrichienne (Ludwig Von Mises et son élève, Friedrich Hayek), nous invite à l?analyse des racines plus profondes de la crise financière, à savoir la politique monétaire américaine qui, en passant en quelques années ses taux de 8% à 3%, puis de 3% à 6%, de 6% à 1%, de 1% à 5,25% avant de tomber finalement à 0%, a constitué un formidable facteur de distorsion économique et de falsification du prix de l?argent.

Il est assurément dommageable que l?on se soit tourné vers Keynes pour tenter de comprendre et de soigner la crise alors que la "théorie autrichienne du cycle économiqu", hélas trop méconnue, est comme le montre Pascal Salin "la seule théorie capable d?expliquer la crise financière et donc d?en prévoir l?arrivée". Les remèdes keynésiens - augmenter les dépenses publiques, faire de la création monétaire, distribuer du pouvoir d?achat - ne peuvent, pour l?auteur, qu?aggraver la maladie et différer la guérison. Mieux vaudrait laisser les marchés rétablir l?équilibre par la faillite des banques irresponsables, la sanction de leurs actionnaires et laisser faire une purge déflationniste ajustant les prix et les salaires à la quantité de monnaie réellement disponible. 

Si cette vision est théoriquement séduisante, elle se heurte cependant au fait que les périodes d?ajustements déflationnistes (qui supposent des réductions des salaires, des indemnités et des pensions) sont politiquement explosives et dangereuses pour les démocraties. Alors que l?on parle de "refondation", Pascal Salin nous propose de rompre avec un pseudo-capitalisme et des réglementations tatillonnes qui étouffent la régulation par la responsabilité. "Revenir au capitalisme", c?est retrouver les exigences d?un capitalisme régulé par le principe de responsabilité. Ce livre, assurément iconoclaste, n?est pourtant pas utopique. Car, qu?on le veuille ou non, il existe des lois de l?économie que l?on ne peut impunément renier.

"Revenir au capitalisme pour éviter les crises", de Pascal Salin. Editions Odile Jacob (256 pages, 25 euros).

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