À la crèche des auto-entrepreneurs

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe à la rédaction de La Tribune.

Les Français font un triomphe au statut de l'auto-entrepreneur. Pour une fois, voilà une réforme simple à comprendre, du style "zéro plus zéro égale la tête à Toto". On a une idée, on se lance, c'est gratuit. Si ça marche et qu'on réalise du chiffre d'affaires, on paie des charges et des impôts, mais celui qui ne gagne rien n'a rien à payer.

Au cours de ses neuf premiers mois d'existence, le bidule a séduit 342.000 personnes qui ont quand même réalisé 816 millions d'euros de chiffre d'affaires et versé 180 millions de cotisations sociales. Comment la machine bureaucratique a-t-elle pu laisser passer ça ? Un dispositif sans contrôle a priori ? Sans multiplication des conditions restrictives, des clauses punitives ? Sans exigences tatillonnes ? Lui-même émerveillé d'un tel miracle, Hervé Novelli, le secrétaire d'État aux PME, veille sur sa nichée avec des attentions de papa-poule.

Le succès attire toujours son lot de profiteurs et le ministère n'entend pas les laisser s'engraisser sur le dos de ses bébés. Par exemple, certains petits malins proposent d'inscrire les auto-entrepreneurs moyennant finances, alors que la démarche est normalement gratuite. D'autres les persuadent qu'ils doivent souscrire à telle assurance ou telle retraite complémentaire, ce qui n'est pas le cas.

Bref, le ministère veut faire le ménage. De façon très significative, la répression ne frappe pas les auto-entrepreneurs eux-mêmes, à un détail près : dès avril, un décret les obligera à attester d'un niveau de formation pour exercer une activité qui engage la sécurité ou la santé des consommateurs. L'autre ménage, celui des auto-entrepreneurs qui abusent du statut, viendra nécessairement. Mais plus tard.

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