Maladie hollandaise

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Par François Lenglet, rédacteur en chef à La Tribune.

Le peuple s'est exprimé, mais nous n'avons pas très bien compris ce qu'il voulait dire : la formule de l'homme politique anglais David Milliband, au lendemain d'élections britanniques indécises, pourrait s'appliquer aussi aux Pays-Bas après la consultation électorale de mardi. Pas d'adhésion populaire, pas d'idées neuves, pas de vainqueur franc.

Partout en Europe, les peuples hésitent entre les vrais anciens et les faux nouveaux. Ils s'interrogent sur le devenir de leur "modèle" éprouvé par la crise, enseveli sous les dettes, assailli par les nouvelles puissances industrielles. Et ne savent plus à quel saint se vouer. Même saint Schumann, père de l'Europe, commence à les fatiguer quelque peu, avec sa panoplie de nobles ambitions et de sermons soporifiques. Qu'on les consulte, comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, et les citoyens formulent un message inintelligible, qui n'est même pas un désaveu - pour désavouer, il faut avoir une idée en tête, pour être déçu, il faut avoir espéré. Qu'on ne les consulte pas, et ce sont les coalitions qui branlent, en Allemagne ou en Italie, hésitantes sur l'essentiel - les réformes à entreprendre - et intransigeantes sur l'accessoire, comme la répartition des postes de ministres.

Crise financière, crise économique, crise budgétaire, crise politique : en trois ans, l'onde s'est propagée jusqu'au coeur de nos systèmes démocratiques, désorientant les partis traditionnels. La forte poussée populiste que l'on observe aux Pays-Bas rappelle que la politique, tout comme la nature, a horreur du vide, dans des sociétés fatiguées et inquiètes de l'Europe d'aujourd'hui. Même chez les peuples aux moeurs paisibles et enclins au consensus comme les Bataves.

 

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