Trois années qui pèsent lourd

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Maussade anniversaire?: la crise financière a trois ans. La date du 9 août 2007 est moins connue du grand public que celle du 15 septembre 2008, qui vit l'effondrement d'un des géants de Wall Street, Lehman Brothers, et l'arrêt presque instantané de la croissance économique. Mais le 9 août 2007 a été le premier incident cardiaque avant l'infarctus.

Ce jour-là, BNP Paribas, qui vient d'annoncer des bénéfices flatteurs, constate que trois de ses fonds américains investis dans l'immobilier ne peuvent plus être cotés tant l'inquiétude est forte aux Etats-Unis sur l'avenir du secteur. La suspension de ces fonds est annoncée par un communiqué le 9 août au matin, heure de Paris, alors que les Bourses asiatiques viennent de plonger pour une raison différente. Et ce qui devait n'être qu'un modeste épisode technique fait l'effet d'une bombe. Instantanément, le marché interbancaire se fige, plus aucune banque ne veut prêter à une autre. La crise des "subprimes" vient de s'internationaliser.

La Banque centrale européenne ouvre en grand ses guichets pour fournir les liquidités nécessaires et, en quelques jours, ramène le calme. Mais le compte à rebours de ce que les économistes américains ont baptisé la "Grande Récession" a commencé. Trois ans plus tard, le système bancaire a largement retrouvé son équilibre, non sans remises en question. Mais l'économie occidentale est à peine convalescente et les deux frères siamois reliés par l'Atlantique, l'Europe et les Etats-Unis, apparaissent encore bien souffreteux. Les toutes dernières statistiques sont particulièrement décevantes côté américain en matière d'emploi.

A l'inverse, de ce côté-ci de l'Atlantique, les finances publiques françaises ont enregistré une hausse de 20,7% des recettes sur les six premiers mois de 2010. Et un Jean-Claude Trichet inhabituellement enthousiaste a salué la bonne performance de l'économie de l'eurozone au deuxième trimestre. De quoi faire remonter l'euro... dont l'affaiblissement avait largement contribué au rebond de l'économie européenne?!

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