Logement  : de l'intérêt d'habiter mieux

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(Crédits : Jean Zindel)
Par Philippe Pelletier, avocat, président du comité stratégique du plan bâtiment Grenelle.

Sur la question de la rénovation énergétique des logements, certains affirment que le Grenelle de l'environnement aurait fait flop et que d'autres sujets, plus essentiels, ont pris le relais ; d'autres en revanche disent qu'il va nous falloir sans délai transformer tous nos logements et que l'addition sera salée : qui croire ? D'autres esprits précautionneux enfin suggèrent d'attendre les matériaux de demain...

Et financiers et économistes ne sont pas en reste pour délivrer des messages brouillés : celui-ci prédit la hausse brutale et proche du prix des énergies fossiles, celui-là soutient que les travaux de rénovation énergétique ne seront amortis que sur une durée tellement longue qu'il vaut mieux ne rien faire ; et tel autre annonce l'apocalypse de nos patrimoines immobiliers qui, faute de devenir énergétiquement économes, vont voir leur valeur s'effondrer : qui croire ?

Rappelons quelques repères simples.

Primo, le coût des énergies fossiles va, dans la durée, augmenter, avec une ressource qui se raréfie et une demande qui va s'accroître, spécialement dans les pays émergents. Deuzio, il y a trois façons d'éviter le dérapage des dépenses d'énergie : d'abord, l'ajustement de nos comportements, sachant qu'avec un peu de rigueur et quelques réglages de nos équipements, nous économisons sans bourse délier autour de 20% de nos consommations d'énergie. Ensuite, l'isolation des logements : il faut isoler le toit, puis les murs et fenêtres, sans oublier de créer la ventilation intérieure.

Conscient que les 15 à 25.000 euros nécessaires ne sont pas dans la poche des ménages, l'Etat a mis en place un plan de lutte contre la précarité énergétique réservé aux ménages les plus fragiles, des subventions pour les familles modestes et à disposition de tous, un écoprêt à taux zéro jusqu'à 30.000 euros.

Enfin, la production d'énergie et de chaleur : chaudière à condensation, pompe à chaleur, chauffe-eau solaire, recours aux énergies renouvelables, puits canadien, etc.

Or, même si les artisans ne sont pas tous formés, il existe des entreprises performantes fournissant des équipements adéquats. Oui, on peut faire appel à des entrepreneurs bien formés, de préférence avec l'assistance d'un maître d'oeuvre qualifié. Oui, les bons matériaux sont disponibles et fiables, car ils ont souvent derrière eux des années d'expérimentation dans les pays nordiques, au Canada ou en Allemagne !

Peut-on se payer le luxe d'attendre ? Certains prédisent qu'il y aura un jour des obligations de travaux fixées par la loi et qu'on peut donc attendre ! Quel est l'intérêt d'attendre alors qu'il existe aujourd'hui des aides puissantes de l'Etat, et parfois des collectivités territoriales, dont la pérennité n'est pas acquise. Et que plus on agit vite, plus on réduit les dépenses d'énergie et mieux on se porte.

Sans oublier que le risque de moins-value des logements énergivores ne peut être exclu, spécialement sur des marchés de l'habitat non tendus, ce qui caractérise l'essentiel du territoire national. Si donc, on a le projet de vendre son logement, mieux vaut qu'il soit économe : dès à présent, on observe que des candidats acquéreurs se détournent de maisons trop coûteuses en charges : c'est un signal qu'on ne peut négliger.

En somme, les conditions sont dès à présent réunies pour que nous habitions mieux nos logements, en maîtrisant nos dépenses d'énergie. Et nous y sommes clairement encouragés par l'Etat : pourquoi donc s'en priver ?

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