La nouvelle frontière de BNP Paribas

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

L'affaire est entendue. BNP Paribas est, et de loin, la banque française qui a le mieux traversé la crise. En s'emparant de Fortis en Belgique et au Luxembourg, en 2009, elle s'est même dotée en sus de la France et de l'Italie de deux nouveaux marchés domestiques, selon l'expression imagée de ses dirigeants. La reconnaissance boursière est au rendez-vous. La banque se classe, avec 58,3 milliards d'euros de capitalisation, au douzième rang dans le monde et au deuxième dans la zone euro, si l'on en juge par l'indice Bloomberg World Banks Index. Et BNP Paribas n'a pas achevé l'intégration de Fortis, qu'elle mise désormais sur la Turquie, où elle compte déjà 650 agences, 10.000 collaborateurs et 3 millions de clients particuliers, ainsi que sur la Pologne, où elle espère doubler son réseau.

Deux pays de l'Europe émergente, en quelque sorte, offrant de belles perspectives, tant par leur potentiel démographique que par une croissance portée par un flux massif d'investissements étrangers. Pourtant, il est permis de s'interroger : et s'il manquait de vrais relais de croissance à BNP Paribas ? La banque réalise 75% de son produit net bancaire en Europe occidentale, 88% dans des pays matures si l'on y ajoute sa forte présence dans l'Ouest américain et celle, beaucoup plus marginale, en Australie et au Japon. L'Asie émergente, l'Amérique latine et l'Afrique noire, là où s'invente le monde de demain, ne comptent encore que pour 6% de son activité. Y combler son retard sur de grands concurrents comme Citigroup, HSBC ou Santander, pourrait bien être la clé de sa prochaine "success story".

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