Croissance : "Super cycle" ou bien longue dépression

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Dans "the super cycle report", la banque Standard Chartered estime que le monde est au coeur d'une longue période de croissance qui a commencé en 2000. La crise financière ne serait donc pas la fin de l'histoire. Mais le basculement du monde favorise les émergents au détriment de l'occident qui peine à tirer parti de ce super-cycle.

Jusqu'ici tout va bien ! C'est ce que devaient se dire, à Davos, les riches et les puissants du monde qui semblaient l'année dernière encore sur la corde raide, hésitant entre la reprise et l'effondrement. Vu de Davos, 2011 semble bien partie pour être une année de forte croissance pour le monde et cela change tout. Et si, aveuglés par trois années de crise financière, nous avions cessé de voir le monde tel qu'il est ? La myopie des économistes avant l'explosion de la bulle des subprimes a été assez dénoncée pour que cette thèse mérite l'attention. D'autant que la nouvelle façon d'être "contrarian" désormais, c'est d'être "bullish", optimiste. Même Mr Doom, Nouriel Roubini, s'y met, c'est dire...

Dans "The Super Cycle report", publié fin 2010, la banque britannique Standard Chartered estime ainsi que le monde se trouve au coeur d'un nouveau super-cycle économique. Un "super cycle" se traduit par une croissance mondiale élevée pendant au moins une génération, voire davantage, une forte poussée du commerce international, dans un contexte d'urbanisation galopante et d'investissement tiré par les innovations technologiques. Le monde a déjà connu deux super-cycles, rappelle le Dr Gerard Lyons, chef économiste de la Standard Chartered. Le premier, de 1870 à 1913, a accompagné l'émergence de la puissance américaine et la naissance de l'automobile. Le second, de 1945 aux années 1970, a été qualifié de trente glorieuses. Il a fait naître une gigantesque classe moyenne en Occident et permis l'émergence des pays exportateurs d'Asie.

Evidemment, dire qu'il y a un nouveau super-cycle à l'oeuvre depuis 2000 a de quoi nourrir le scepticisme dans une Europe engluée dans une croissance molle. Mais, si nous nous plaçons du côté du monde émergent, c'est pourtant une évidence. Le PIB mondial (62.000 milliards de dollars) a doublé de taille en dix ans et est déjà remonté à son niveau d'avant-crise de 2008. Et, si l'on en croit les calculs du "Super Cycle Report", il faut s'attendre à une multipli- cation par trois à prix constants d'ici à 2030, avec un nouveau rapport de force des grandes économies mondiales : dès 2020, la Chine supplanterait les Etats-Unis, et l'Inde prendrait déjà la troisième marche du podium mondial. Pour produire ce résultat, il faudra confirmer une accélération de la croissance réelle à 3,5% l'an entre 2000 et 2030, contre 2,8% entre 1973 et 2000.

La thèse du super-cycle d'expansion a évidemment de quoi nous rassurer. La crise actuelle ne serait pas la fin de l'histoire, décrite par les plus pessimistes. Mais l'Occident n'est pas tiré d'affaire pour autant puisque ce super-cycle n'est pas incompatible avec une longue dépression comparable à celle qui frappa l'Europe et les Etats-Unis entre 1873 et 1896. Pour les économistes de Standard Chartered, la particularité du super-cycle actuel est d'accélérer le basculement de l'Ouest vers l'Est. Le monde anglo-saxon en a pris acte : le Financial Times, bible du monde des affaires, titrait en une mercredi 26 janvier sur "The Western Crisis", la crise de l'Occident, avec un renversement complet des perspectives. C'est désormais l'Amérique et l'Europe qui inquiètent l'Asie.

Poursuivons le raisonnement, à l'intention de tous ceux qui plaident pour une "dose de protectionnisme" pour nous aider à affronter ces changements. Notons d'abord qu'il est pour le moins paradoxal que ce soit l'Ouest qui, après avoir tiré profit de l'ouverture des frontières, veuille désormais s'en affranchir. Bien sûr, il ne faut pas être naïf face à la Chine, mais le comportement de quasi-allégeance de Nicolas Sarkozy dans la préparation du G20 le démontre, un affrontement frontal serait la pire des solutions. Le monde est désormais trop interconnecté pour que l'on puisse imaginer un retour en arrière. Ce que veulent les grandes entreprises de l'Ouest, aujourd'hui, c'est d'accéder au marché des classes moyennes des pays émergents. Cependant que les entreprises de ces pays sont intéressées par les marchés matures d'Europe de l'Ouest et d'Amérique. La bataille future va se jouer sur l'accès aux ressources, qu'il s'agisse des besoins en capital, gigantesques, ou des besoins en énergie et en matières premières.

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a écrit le 31/01/2011 à 4:40 :
Bonjour,

Dans cet article, il est mentionné la période 1870/1913. Cette période se situe entre deux guerres. Comme toujours après une guerre se cumule trois spécificités : progrès voire révolution technologique, reprise de la démographie et inflation non maîtrisée en fin de cycle (ce qui mène à la guerre suivante). Ensuite, nous retrouvons la période 45/70. Cette période est particulière car elle n?est pas entre deux guerres. Quoique ! De nouveau, après 45, nous avons connu une révolution technologique, une reprise de la démographie et une inflation non maîtrisée. Et les années 70, pas de guerre ? Les années 70 ont vu l?émergence de cycles « révolutionnaires » un peu partout dans le monde. Cycle révolutionnaire éteint par un déversement (à l?échelle de cette époque) de capitaux.
Pour rappel :
- 1968 Club de Rome, Révolte étudiante - 1971 Droit de vote aux noirs - 1968 Assassinat de Martin Luther King - 1970 Chômage persiste -15 août 1971 Fin de lien entre dollar et or - 1971 à 73 Crise du système financier international - 1972 Club de Rome = rapport Meadows « Halte à la Croissance » - 1973 Fin de l?étalon or, crise pétrolière - 73 Crise du pétrole ; fin de la décolonisation - 1973 ? 1979 Choc pétrolier = ralentissement de la croissance, inflation - 1974 Club de Rome = « Sortir de l?ère du gaspillage » - 1975 Première guerre du Liban - 1975 Mort de Mao = ouverture au capitalisme retour de la Chine et de l?Inde dans le commerce mondial. - 75 Défaite US au Vietnam

Début de l?ère de transformation du rôle de l?Etat : « Début » de la mondialisation
Principe fondateur : l?individualisme (suite aux crises, à la défaite du Vietnam ?..)
Affirmation de trois pouvoirs
1) Le marché : il doit être le plus grand possible
2) Le capital : paramètre de définition de la valeur, tout ce qui contribue à créer de la valeur en capital financier a de la valeur
3) Ressource humaine doit être rentable individuellement ; une ressource humaine qui n?est plus rentable n?a plus droit au travail ; une ville qui n?est pas attrayante pour le capital est abandonnée ; un pays idem
Répercussion : trois dynamiques majeures
1) Libéralisation de tous les marchés
2) Déréglementation des économies (pouvoir de régulation transféré au privé en matière bancaire, industrielle et commerciale)
3) Privatisation (transport, énergie, santé, éducation ..)
A partir des années 70, nous sommes passés de l?Etat respecté et parfois « idolâtré » à une vision de l?état politicien, affairiste voire collabo comme l?indique Hubert Védrine qui écrit dans la revue Etudes « La mémoire binaire sur la guerre a imposé, jusque dans les années 70 « Tous résistants » ; depuis cette date « Tous collabos ». C?est bien cette situation qui a accéléré la régionalisation mondiale et la mondialisation...de la Paix.

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