Pauvre ISF

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Par Philippe Mabille, rédacteur en chef "Editoriaux et opinions" à La Tribune.

Nicolas Sarkozy avait promis, un peu vite comme souvent, de faire disparaître l'impôt sur la fortune, en même temps que le très impopulaire bouclier fiscal. La réforme de la taxation du patrimoine est en train de tourner à la farce, et on se demande bien qui se fera attraper à ce vrai-faux jeu du grand soir fiscal. En charge de ce dossier empoisonné, en tant que ministre du Budget, dont, comme chacun sait, le principal pouvoir est de dire non, François Baroin a trouvé la martingale.

Puisque personne ne sait où trouver les 3 milliards d'euros que rapporte l'ISF sans le faire payer par les pauvres, le ministre a simplifié l'équation. Remontons donc le seuil d'entrée dans l'ISF et, comme par magie, on en sortira tous ceux qui y sont entrés par la petite porte de la bulle immobilière. Logique imparable qui voit l'UMP se préparer à voter un cadeau fiscal de près de 1 milliard d'euros à la France des propriétaires juste avant les élections. Pourquoi pas, se dit-on, si cela peut éviter de remplacer l'impôt sur la détention du patrimoine par une hausse de l'impôt sur les revenus du capital, qui serait politiquement désastreuse pour la réélection de Nicolas Sarkozy ?

Il fallait y penser avant, aurait-on envie de dire à ces apprentis sorciers ! Car la solution Baroin, électoralement astucieuse, ne résout en rien le problème économique du bouclier fiscal. Pour le remplacer, l'UMP envisage rien moins - bonjour le progrès - que de rétablir le plafonnement Rocard qui limitait à 70% des revenus le montant cumulé des impôts sur le revenu et sur la fortune. Dispositif de bon sens qui avait rendu l'ISF acceptable par les grandes fortunes jusqu'à ce que la droite, en 1997, plafonne ce plafonnement, provoquant un exode fiscal massif. Reste à financer ce retour en arrière et là, tenez-vous bien les côtes, il faudra bien entendu... une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu !

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