Non, la "pub" papier n'est pas morte !

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Par Frédéric Pons, PDG d'Adrexo.

A l'heure de la dématérialisation des supports d'information, des tablettes électroniques et autres smartphones, rappeler que le papier a encore sa place en tant que support d'information et de promotion pourrait paraître anachronique et souligner qu'il est devenu un complément idéal du Web, assez incongru.

Et pourtant ! L'entreprise que je dirige, Adrexo ne fabrique pas de papier, mais ses 23.000 salariés en distribuent tous les jours sous la forme d'imprimés publicitaires, tout comme le fait également La Poste, notre principal challenger. Le prospectus est un vecteur de croissance économique et de création d'emplois durables et de proximité, avant d'être un média publicitaire performant. C'est également un support d'information non intrusif puisque les consommateurs ont le choix d'apposer sur leur boîte aux lettres un "stop pub !". Adrexo respecte, bien sûr, cette demande de certains consommateurs, ce qui nous permet de mieux cibler les campagnes de nos clients. Mais ce geste est-il réellement un geste pour l'environnement ?

Je voudrais combattre deux idées reçues et simplement rétablir deux vérités. Première idée reçue : La fabrication d'imprimés publicitaires épuise nos forêts.  Et pourtant, il n'y a jamais eu autant de forêts en Europe. Les imprimés publicitaires sont à 80 % fabriqués avec du papier de récupération qui peut lui-même être recyclé jusqu'à 5 fois. L'industrie papetière participe au maintien de l'écosystème de nos forêts. Plus généralement, la filière papier finance l'exploitation raisonnée de la forêt, en coupant uniquement les arbres mal formés et encourage la sylviculture en offrant des débouchés à l'industrie forestière. Deuxième idée reçue : l'e-mail est plus écologique que le prospectus. En fait, l'empreinte carbone de l'e-mailing est pratiquement équivalente à celle du prospectus. Parmi les causes de ce constat, faut-il le rappeler, l'impact environnemental de la fabrication et de l'usage des outils de communication électronique et des composants qui nécessitent des ressources et autres matières premières non renouvelables.

La première vérité à rétablir, c'est qu'Internet ne tuera pas le papier ! Rappelons que, avec 22 millions de lecteurs chaque semaine, le prospectus est le premier média français favorisant le trafic dans les points de vente, en véhiculant des messages promotionnels. C'est plus que jamais un média complémentaire du Web, et notamment de l'e-mailing. Pour preuve, les sites d'e-commerce, conscients de son efficacité, commencent d'ailleurs à l'utiliser.

Il reste aux yeux des consommateurs le média du pouvoir d'achat, une source d'information régulière, attendue dans la boîte aux lettres, et utile pour repérer les promotions et comparer les prix.

La deuxième vérité à rétablir, c'est que le prospectus génère des milliers d'emplois en France. Le prospectus joue également un rôle social majeur, dans la lignée et la tradition des services postaux qui ont, au fil des siècles, structuré notre pays et contribué à la création et au développement de son tissu social et économique. La distribution de prospectus participe, pour la seule entreprise Adrexo, à plus de 23.000 emplois directs. Sans parler de ceux générés par nos concurrents et par les entreprises situés en amont de la distribution avec, en premier lieu, des imprimeries. Des emplois en CDI, donc durables et, surtout, de proximité, ce qui veut dire non délocalisables. Ne nécessitant pas de formation particulière, cette activité est, de surcroît, un formidable moyen d'intégration sociale pour des populations marginalisées ou en difficulté passagère.

Enfin, le prospectus est un moyen simple et efficace pour le consommateur de gagner du pouvoir d'achat en faisant jouer la concurrence. Existe-t-il en effet un moyen plus simple et plus confortable pour comparer, chez soi, les offres et les prix proposés par la distribution de proximité ? Constat confirmé par le Crédoc, dans une étude récente, dans le domaine de la vente à distance. La synthèse de cette étude souligne que "le catalogue papier serait le support préféré des consommateurs pour recevoir et comparer des offres proposées par les différents distributeurs. Ainsi, 46% des sondés pensent que les catalogues et les courriers commerciaux sont des supports intéressants pour annoncer des nouveautés et des promotions. Viennent ensuite les offres par e-mails (40%) puis les SMS ou MMS (9%).

Plus malins et plus appropriés pour afficher des offres sur les produits, les catalogues restent un outil essentiel dans la vente à distance". L'imprimé publicitaire aura donc encore, et de toute évidence, un rôle important à jouer dans notre économie dans les prochaines années. Acteurs de la filière, nous devrons, avec l'ensemble des intervenants des secteurs concernés, développer toutes les opportunités pour renforcer sa complémentarité avec les nouvelles technologies, pour contribuer à offrir aux consommateurs un service d'informations commerciales utile, pratique et respectueux de l'environnement.

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a écrit le 19/06/2012 à 10:05 :
L?art et la manière de fausser le débat, « réinventer les arguments des opposants » :
- depuis quand nous prétendons que le prospectus épuise les forêts
- depuis quand nous ciblons les fabricants de papiers
A cela Mr Pons rajoute l?argument des milliers d?emplois à la clé (en pleine période de crise, ça marche à mort !) alors que quelqu?un qui a le minimum de jugeote est en mesure comprendre qu?un stop pub toutes les 5 boites aux lettres exigera qu?il y ait strictement le même nombre d?agents de distribution pour distribuer les pubs dans les 4 autres... les secteurs de diffusions restant inchangés. On améliore les conditions de travail de ses pauvres distributeurs en leur diminuant le poids des pubs à distribuer, on élimine le gaspillage, on ne distribue plus à ceux qui de toutes façons ne les lisent pas !
Enfin nous sommes contre le remplacement des prospectus par des diffusions de SMS et de mails... entre la peste et le choléra nous décidons de choisir aucun des deux !
Réponse de le 12/03/2013 à 20:30 :
Et si dans cette rue il n'y a plus qu'une boite aux lettres où déposé de la pub, nous iront.
Sauf que si cela se généralise, le volume baisse. Et si le volume baisse, nos entreprises gagnent moins d'argent. Du coup des postes seront supprimés. D'ailleurs mon poste n'est pas maintenu pour l'année prochaine. Alors t'es gentil Mr l'écolo, mais retourne dans ta forêt et arrète de nous faire ch....

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