Et si le dollar chutait ?
Marc Fiorentino
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La bataille entre l'euro et le dollar est assez pathétique. Elle me fait penser à ces films où on voit deux boxeurs exténués tenter de se donner des coups de poing au quinzième round alors qu'ils tiennent à peine sur leurs jambes. Le sujet n'est pas qui, du dollar ou de l'euro, sera le plus fort mais qui sera encore debout quand la cloche sonnera.
La relative stabilité de la parité euro/dollar est trompeuse. Elle ne reflète pas un équilibre économique et financier entre les deux zones mais plutôt la compensation de faiblesses structurelles et conjoncturelles de chacune des zones. L'euro semblait proche du KO il y a encore quelques jours.
Depuis quelques mois, l'Europe est sous pression. On ne va pas revenir sur le déroulé de la tragédie grecque et les craintes de contagion, mais il est certain que l'euro était "plombé" par cette ambiance de crise permanente.
Comme à chaque crise, nous avons eu droit à une série d'articles de spécialistes sur l'implosion de l'euro, une implosion annoncée... depuis sa création. La crise européenne n'est pas terminée. Loin de là. Mais le fait que les Grecs, dans un extrême élan de bonté, aient accepté qu'on leur prête encore quelques dizaines de milliards d'euros, à fonds perdus et pour des promesses de réductions de dépenses et des objectifs de privatisation inatteignables, va probablement provoquer une petite accalmie. Temporaire certes. Mais une accalmie tout de même.
Les pays à risque comme l'Italie et l'Espagne vont nous promettre des budgets d'austérité impressionnants mais irréalistes car ils s'appuieront sur des hypothèses de croissance qui sont incompatibles... avec des budgets d'austérité. Mais qu'importe. A la veille des vacances d'été, on est prêt à croire à n'importe quoi pour pouvoir être tranquille au soleil. L'Europe part en vacances, il faut que l'euro survive au moins jusqu'à la rentrée des classes.
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Jean-Claude Trichet va en profiter pour remonter les taux d'intérêt et promettre de rester « extrêmement vigilant » dans les mois à venir sur l'inflation, un message que le marché interprétera comme l'annonce d'une nouvelle hausse de taux d'intérêt à l'automne. Du coup, on va se tourner vers les États-Unis qui sont aussi mal en point, voire plus, que l'Europe.
Marc Fiorentino