Le retour en grâce de la gestion active
James Charrington, président de BlackRock Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique)
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La crise financière de 2008 a ramené les investisseurs institutionnels à la case départ. Ceux-ci doivent de nouveau revenir aux questions les plus élémentaires sur la nature des besoins de leurs clients et sur les moyens d'y répondre.
A bien des égards, le secteur de la gestion d'actifs est de plus en plus concerné par cette évolution. En particulier, les investisseurs sont en train de revoir leur jugement sur la gestion active. En période de marché haussier, les gérants qui dégagent - ou tout au moins, prétendent dégager - de l'alpha [surperformance d'un actif par rapport à sa performance théorique, ou capacité d'un gérant à créer de la valeur, Ndlr] sont pléthores. Mais lorsque les conditions deviennent plus délicates, un tri s'opère et le nombre de concurrents diminue fortement. Cette évolution est manifeste depuis l'amorce de la crise financière de 2008. Par conséquent, il devient de plus en plus facile pour les investisseurs de faire la distinction entre les gérants qui génèrent régulièrement de l'alpha et les autres.
Toutefois, si nous revoyons actuellement notre jugement sur la gestion active, notre vision de la gestion passive est également en train d'évoluer. Auparavant, par exemple, les investisseurs avaient tendance à considérer les ETF comme des produits fondamentalement homogènes. Ceux-ci partaient du postulat que le fournisseur importe peu dans la mesure où, au fond, tous les produits se ressemblent. Aujourd'hui, les investisseurs prennent de plus en plus conscience du fait que la construction d'un produit qui réplique véritablement un indice est un processus plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord et que chaque ETF doit être évalué en fonction de ses qualités intrinsèques.
L'un des bienfaits de la crise financière est qu'elle a encouragé les investisseurs à revoir leurs postulats de base concernant l'alpha et le bêta [sensibilité d'un titre aux fluctuations du marché, Ndlr]. Jusqu'à présent, cette évolution a largement profité aux gérants passifs : comparés à la période d'avant la crise, les fonds indiciels drainent une part nettement plus importante des actifs. Paradoxalement, toutefois, cet engouement pour les produits de gestion passive pourrait à plus long terme jouer en faveur de la gestion active. En effet, lorsque les produits indiciels finiront par dominer les portefeuilles, les quelques gestionnaires qui parviendront à véritablement générer de l'alpha se distingueront nettement de leurs concurrents, ce qui pourrait annoncer le retour en grâce de la gestion active.
James Charrington, président de BlackRock Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique)