La Chine doit lutter contre ses contrefacteurs
James Dyson, président-fondateur de Dyson
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La validation par Pékin de la création de Changan PSA Automobile Co., Ltd témoigne combien les investissements réciproques entre la Chine et l'Union européenne s'intensifient. Nous devons bien sûr nous réjouir de cette nouvelle, mais ce qui m'intéresse davantage, c'est de savoir comment la protection des idées a été incluse ou pas dans les négociations. Car les relations commerciales stables dépendent aussi d'un cadre juridique strict et du respect mutuel des partenaires. Et, d'après ma propre expérience, la défense de la propriété intellectuelle ne semble être, en Chine, qu'une opinion.
Les nouvelles idées, les nouvelles technologies créent de la valeur. La France, tout comme la Grande-Bretagne, a une vraie tradition pour l'innovation, et nos deux nations ont su prospérer notamment grâce au fait que leurs inventions étaient protégées. La France, une fois de plus, a d'ailleurs montré la voie en la matière : son système moderne de dépôts de brevets date de 1791 - ce pays n'en était pas à sa première « révolution » - car avant cela, les brevets étaient délivrés sans examen préalable, le droit de l'inventeur étant jusque-là considéré comme naturel.
La protection des idées est fondamentale. Leur valeur réside dans tout ce qui a été mis en oeuvre pour les développer. Inventer et exporter de nouvelles technologies peut être lucratif, mais c'est avant tout très coûteux, risqué, cela requiert du savoir-faire, des équipes et du temps. À mes débuts, je me suis littéralement ruiné en dépôts et renouvellements de brevets... alors qu'aujourd'hui, nous sommes structurés pour faire face. Les contrefaçons coûtent des millions (en procès ou pertes économiques), mais nous pouvons nous défendre. Quid des PME-PMI, et même des start-up ? Elles n'ont d'autres recours que de mettre leur protection (et survie) entre les mains des institutions politiques pour réglementer le marché et légiférer. Or, actuellement, les entreprises chinoises risquent une misérable amende d'environ 500.000 yuans (soit 55 euros) si elles sont reconnues coupables de contrefaçon... rien de bien dissuasif.
James Dyson, président-fondateur de Dyson