Le politique rend les marchés nerveux

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Par Eric Benhamou, éditorialiste

Le politique doit reprendre ses droits sur la finance. C'est le leitmotiv entendu, sur les deux rives de l'Atlantique, depuis l'éclatement de la crise financière de 2008. Ce voeu pieux est en passe de se réaliser. « L'Europe politique s'est affirmée ! » se réjouissent ainsi les chefs d'État de la zone euro à l'aune de l'accord sur le deuxième plan de sauvetage de la Grèce. Et Barack Obama livre aux États-Unis une bataille politique homérique sur la question, somme toute « technique », du relèvement du plafond de la dette. Chacun sait que, depuis trente ans, démocrates et républicains se sont toujours entendus pour relever ce fameux plafond, sans drame ni fureur. Mais faut-il pour autant se réjouir de ce retour du politique dans les affaires de finance, surtout lorsqu'il prend un tour... politicien ? En Europe, le nouveau plan sur la Grèce est assurément politique, c'est-à-dire fruit d'un compromis à courte vue. Sa mise en oeuvre va vite se heurter au principe de réalité, notamment les moyens financiers et le champ de compétence du Fonds de stabilité. La pause estivale sera donc brève. La crise américaine va vite prendre le relais face à des oppositions politiques qui se radicalisent de plus en plus. Les républicains modérés souhaitent transformer la question de la dette en machine électorale et son aile extrême tente de remettre en cause le rôle même de l'État fédéral. Le débat politique vire donc au combat idéologique. C'est bien cette intrusion du politique qui rend les marchés si nerveux. Goldman Sachs l'a sobrement évoqué en pointant « un environnement dur à analyser » pour expliquer ses mauvais résultats. Il va en effet devenir bien difficile aux financiers d'anticiper les conséquences d'un débat qui déborde vite sur les extrêmes, de droite comme de gauche.

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