Une désinvolture bien française

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Par Eric Walther, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Cela pouvait arriver... et c'est arrivé. En défendant la candidature de Christine Lagarde à la direction générale du FMI, Nicolas Sarkozy savait pertinemment que sa ministre, devenue sa favorite après avoir frôlé l'expulsion en début de mandat, était menacée par une enquête de la Cour de justice de la république dans l'affaire Tapie-Adidas. Ceux qui avaient alors osé soulever le problème s'étaient gentiment vus renvoyés dans leurs buts. Mais le président de la république pouvait-il agir autrement ? Eût-il freiné les ardeurs de la plus américanophile de nos gouvernants que ceux qui soupçonnaient un traitement bien trop favorable, c'est un euphémisme, de l'homme d'affaires, dans le règlement de son différend avec l'ex-Crédit Lyonnais, auraient vu là le début d'une reconnaissance de culpabilité. Pas question donc de reculer et puis, faut-il le rappeler, ce n'est pas le genre de la maison de se laisser impressionner par ce genre de menace.

En force, donc. Alors, bien sûr, cette "petite" "affaire", qui entre dans la catégorie des dossiers que notre république excelle à enterrer, semble un rien dérisoire à l'aune de la tempête financière mondiale que ladite Christine Lagarde, avec d'autres, tente de calmer. Il n'empêche. Cet incident de parcours nous rappelle opportunément que le temps judiciaire peut s'affranchir des contraintes de l'urgence politique. C'est tant mieux. Il nous dit aussi que la désinvolture à l'égard des interrogations que peut provoquer un acte important de l'autorité publique, lorsqu'il s'agit de l'argent du contribuable, n'est pas forcément bonne conseillère. Une désinvolture toute française qui, après le désastre DSK, doit commencer à agacer certains dans les étages du siège du FMI à Washington.

 

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