Le pari "irakien" de Sarkozy

 |   |  341  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Par Robert Jules, La Tribune.

Nicolas Sarkozy peut se targuer d'avoir gagné sa première bataille en Libye, en initiant il y a six mois le soutien au soulèvement contre le pouvoir. L'enlisement promis par certains n'a pas eu lieu, le régime du colonel Kadhafi est tombé, et les rebelles sont maîtres de Tripoli. Au point que même les plus réticents, en particulier les pays émergents, à mener une opération initialement à vocation humanitaire sous mandat de l'ONU, avaient dépêché mercredi un représentant à la conférence internationale à Paris à l'invitation de la France. Car la Libye est un pays riche, recelant les plus importantes réserves de pétrole du continent africain. Démocratique, avec sa large ouverture sur la Méditerranée, elle représentera un marché potentiel important, qui attise les convoitises de nombre d'entreprises. Sans compter que le pays pourrait impulser une dynamique économique dans la région bénéficiant à une Europe du Sud plombée par la crise de la dette. Et la France se verrait bien jouer un rôle analogue à celui qu'a tenu l'Allemagne en Europe de l'Est après la chute de l'Empire soviétique. En attendant, c'est l'exemple irakien qui est dans toutes les têtes. Paris, qui devra composer avec ses partenaires, doit éviter l'erreur des faucons de l'administration Bush qui, en écartant d'emblée les membres du camp de Saddam Hussein prêts à s'inscrire dans l'évolution d'un nouveau régime à Bagdad, avait déclenché durant plusieurs années des attentats meurtriers au quotidien peu propices au développement du business. Les seules qui profitèrent de ce chaos furent les entreprises privées de sécurité occidentales. La Libye, elle, n'est pas à proprement parler une nation mais plutôt une confédération de tribus. Ce qui explique la main tendue des rebelles pour une réconciliation nationale. La reconstruction du pays n'en restera pas moins périlleuse et le pari du président français difficile à tenir au terme d'une guerre civile qui a causé quelque 50.000 morts.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/09/2011 à 9:56 :
La ligne de conduite prise par la France , cohérente et déterminée a mené à la création du processus qui s'engage. Le commentaire de cet article de presse relatif à la participation de l'ensemble des composantes de la nation lybienne semble également trés réaliste. Il faudrait cependant éradiquer le clan Kadafi. Son pouvoir de persuasion est fort. Nous avons vu ce qu'un seul homme pouvait faire en la personne d'oussama Ben Laden. Les mécontents sont légions et la misère est grande.
Réponse de le 05/09/2011 à 10:33 :
D'où l'impérieuse nécessité de retrouver Kadafhi pour le neutraliser et lui interdire toute velléité de perturber le processus en cours.

Contrairement à l'Irak, ou seules 2 identité s'opposaient, la Libye, constellation de tribus, est condamné par définition à ne favoriser personne, et le CNT a déjà notablement tendu la main à tous, y compris aux ex sympathisants kadafhistes...

A défaut d'un gage de réussite, c'est déjà un engagement sur la bonne voie.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :