La semaine de tous les dangers

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Par François Roche, conseiller éditorial de La Tribune.

Le 23 octobre 2011 devrait donc marquer une date clé dans l'histoire de l'Union européenne puisque c'est ce jour-là qu'elle est censée présenter un plan de grande ampleur visant à éviter le défaut souverain d'un pays membre de la zone euro, à renforcer les fonds propres des banques européennes, à réformer la gouvernance de l'euro, à engager une réforme des traités. Ce plan, le plus important peut-être depuis la création de l'euro, doit montrer aux Européens que la maison est gouvernée mais aussi convaincre les Etats-Unis et les grands pays émergents que l'Europe a su balayer devant sa porte et, comme le disait Jean-Claude Trichet hier, "mettre de l'ordre dans sa maison".

Est-ce aussi vrai que cela ? La clé du sauvetage de la zone euro, c'est de mettre en oeuvre une gouvernance qui puisse faire respecter strictement les contraintes de la surveillance mutuelle des politiques économiques et budgétaires. Si les conditions de cette surveillance ne sont pas réunies, et si un arsenal de sanctions n'est pas établi, les déclarations de bonne volonté n'y suffiront pas.

Or, force est de constater qu'il aura fallu trois mois pour que le deuxième plan d'aide à la Grèce se matérialise, malgré la situation d'urgence dans laquelle se trouve ce pays. Il est donc nécessaire de faire supporter à l'Union européenne un véritable électrochoc en matière de changement de gouvernance, ce qui n'est pas acquis, puisque l'on y verra une nouvelle tentative de l'Allemagne et de la France de chercher une influence accrue dans le processus de décision. La semaine qui vient s'annonce donc décisive. Beaucoup de points restent à finaliser, et notamment le plus crucial d'entre tous, la nouvelle décote à appliquer sur la valeur de la dette grecque.

Le choix est clair : ou ce sont les créanciers privés qui la supportent ou ce sont les Etats, donc les contribuables. Cette dernière option est difficile à vendre pour les gouvernements, qui vont voir monter en puissance le mouvement des "indignés", à mesure que les budgets d'austérité se généraliseront. Le sommet du 23 octobre n'a guère d'autre option que de réussir. S'il y parvient, cela ne signifie pas forcément que la Grèce est définitivement tirée d'affaire. Mais s'il échoue, l'Europe entre en territoire inconnu et fait la preuve, devant le monde entier, qu'elle se trouve dans l'incapacité de poursuivre son travail.

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