Une Europe allemande, sinon rien ?

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune

Ce qui s'est passé ce week-end à Bruxelles est simple à résumer : Angela Merkel l'a emporté sur toute la ligne, imposant à l'Europe une vision allemande du sauvetage de la zone euro. La Grèce : il y aura bien un défaut partiel d'au moins 50 %, malgré l'opposition de la France qui avait fait de ce sujet sa ligne Maginot. L'Italie : Silvio Berlusconi a été "convoqué" pour un examen de passage et tancé tel un cancre sur le manque de crédibilité de son plan d'ajustement budgétaire. Les banques : elles devront être recapitalisées, là encore, une demande de l'Allemagne. Nicolas Sarkozy a perdu : il voulait un plan d'action suffisant pour calmer les marchés et stopper tout risque de contagion à l'Italie et à l'Espagne, afin de se présenter au G20 de Cannes comme l'homme qui a sauvé l'Europe. Il s'est heurté à l'intransigeance de la chancelière allemande qui a refusé de céder à la demande française de donner au Fonds européen de stabilité financière un droit de tirage sur la Banque centrale européenne. Une solution contraire à l'orthodoxie mais probablement la seule qui aurait mis fin rapidement et définitivement à la crise de liquidité qui étouffe la croissance des pays européens surendettés.

La suite est facile à deviner. Dans la nuit de mercredi à jeudi prochain, après le rendez-vous d'Angela Merkel au Bundestag, seront annoncés un plan de sauvetage de la Grèce et un renforcement limité des moyens du FESF, qui pourra garantir les émissions de dettes des pays les plus fragiles. Le plus intéressant sera la contrepartie exigée par l'Allemagne pour ce soutien : une mise sous tutelle des budgets des pays aidés, au travers d'une réforme de la gouvernance de la zone euro renforçant considérablement les pouvoirs de Bruxelles en matière économique et financière. Pris à la gorge, les pays surendettés n'auront d'autre choix que d'accepter la révision du Traité européen concoctée par le nouveau président de l'Eurogroupe, Herman Van Rompuy. À condition que leur population accepte ce diktat, ce qui reste à démontrer et promet donc encore du sport sur les marchés financiers.

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Commentaires
a écrit le 26/10/2011 à 19:53 :
Comment peut on imaginer que l'Europe avait une chance de régler des aspects insolubles sur la fiscalité des états, on peut aussi parler de moeurs. Comment peut-on oser imaginer par exemple la mutualisation des caisses de retraite Grecques avec celles de l'Allemagne ou le France ?? Comment peut on gober ce genre de mensonges qui visent à faire croire que la supra-nationalité de l'Europe conduirait aux pires des carcans conçus par cette "démocratie" ??
En fait, je me souviens d'un exemple très simple: un tirage immédiat d'un ticket de millionnaire (!!) est passé de 10 francs à 2 euros...! L'Europe a servi de paravent à toutes les dérives économiques et bancaires et gonflé artificiellement la valeur de l'euro au détriment de 400 millions de citoyens. L'Europe est une idée Allemande et rien de plus au sortir su serpent monétaire quand le franc était enfoncé chaque jour par le mark. Retour à la case départ avec en scénario du pire la fin de 10 années de délabrement politique de la France qui sans doute ne se relèvera pas de sitôt de ce nouvel affront. Les citoyens travaillent pour le banques et non plus les états. C'est cela qu'il faut réformer au plus vite et radicalement.
a écrit le 25/10/2011 à 12:53 :
ben non ,laissons les allemands quitter l'euro ,ils feront moins les malins avec leur gross mark ,le modele allemand on verra dans 20 ans mais d'ici l'europe aura été englouti comme l'a été l'empire romain,d'ailleurs les romains avaient bien compris que les allemands au dela du rhin n'etaient pas les memes que ceux de l'autre coté

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