Banques sous tutelle

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Par Éric Benhamou, éditoraliste pour La Tribune

Les banques doivent se recapitaliser. Point final. C'est le principal résultat de ce n-ième sommet européen depuis le début de la crise grecque, à l'hiver 2009. Depuis l'accord mort-né du 21 juillet dernier, cette question a quitté le champ prudentiel pour entrer sur le terrain politique. Peu importe finalement si les grandes banques européennes n'ont pas véritablement besoin d'être recapitalisées. Au pire, elles ont de beaux actifs à céder, des bonus pour leurs traders et leurs dirigeants à comprimer, des dividendes pour leurs actionnaires à geler. Et peu importe si le véritable problème de fond reste la crise de liquidités, alors que nombre de banques bien ou surcapitalisées, selon les critères de Bâle III, se pressent toujours au guichet de la Banque centrale européenne. Mais l'heure (politique) est aujourd'hui au sacrifice. Le secteur bancaire européen finit par payer son plan de sauvetage à bon compte mis en place en 2008, sans aucune contrepartie. Ni sur les nouveaux principes "moraux" défendus par le G20 (bonus, spéculation...) ni sur le plan stratégique, en ne remettant pas en cause leur modèle économique, notamment en 2009 et 2010. Dès lors, la recapitalisation "forcée" des grandes banques ressemble à s'y méprendre à une mise sous tutelle. C'est le prix à payer, y compris en France, pour que les "contribuables-électeurs" européens acceptent de sauver, une fois de plus, les banques des pays qui sont réellement en difficultés.

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