"Le pouvoir de négociation de la Grèce dans la zone euro sera affecté"

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Député grec (PPE) au Parlement européen, Georgios Koumoutsakos, commente l'accord européen sur la Grèce obtenu à Bruxelles.

Quelle est votre lecture de l'accord européen sur la Grèce ?

Il est bon qu'un accord ait été obtenu à Bruxelles. Le contraire aurait été une catastrophe pour l'Europe et pour la Grèce. Mais pour l'instant, je ne suis ni optimiste, ni pessimiste : soyons attentifs à l'application de cet accord dans la vie économique quotidienne du pays. Du point de vue politique, il n'y a pas eu de réforme de l'euro. Je constate qu'un appel clair a été lancé en faveur d'une gouvernance économique européenne. Cette gouvernance est une priorité, une urgence.

Pensez-vous que la coupe effectuée dans la dette grecque puisse modifier la place de votre pays dans la zone Euro ?

Dans les institutions, rien ne change ! La Grèce reste membre de plein droit de l'Union européenne, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Il n'est pas question de devenir un Etat membre de deuxième catégorie. Mais soyons réalistes : notre pouvoir de négociation dans la zone euro sera clairement affecté par l'assistance européenne et internationale et par toutes les mesures de régulation appliquées en Grèce.

Le pays peut-il se redresser avec cette décote de 50 % sur sa dette nationale ?

Avec la politique d'austérité excessive menée depuis deux ans par le gouvernement en place, le pays est proche de son point d'ébullition. Si on ne change pas de recette, je serai très inquiet. Le pays a besoin de réajuster sa politique : sans croissance, le contrat ne sera pas rempli. Il est essentiel que les mesures de croissance viennent soutenir la stabilité fiscale. La fiscalité excessive a privé notre économie nationale de ses liquidités.

Craignez-vous une perte de souveraineté nationale, dûe à l'assistance renforcée offerte par l'Europe à votre administration ?

Je suis réservé. Le peuple grec est un peuple très fier. Nous avons besoin du savoir-faire et de l'expertise technique de la « task force » européenne, mais les fonctionnaires à Bruxelles doivent savoir qu'il y a un seuil à ne pas franchir. Pour résoudre les problèmes de notre administration, nous n'attendons pas des ordres : l'octroi, au-delà de ce seuil psychologique et politique, de compétences décisionnelles à la commission européenne ou aux autres membres de la Troïka, FMI et Banque centrale européenne, serait la garantie d'un échec.

Votre parti en Grèce, la Nouvelle Démocratie, serait-il prêt à intégrer un gouvernement de coalition ?

Le gouvernement en place a un grave problème de légitimité. Le pays a donc besoin d'une nouvelle expression de ses citoyens dans des élections anticipées. Avec un mandat renouvelé, tout sera possible. Il sera plus facile de créer une atmosphère de consensus national. La gauche parlementaire devrait logiquement renforcer son influence, compte tenu du chômage qui affecte 40 % des jeunes. Je ne crains pas trop la hausse des partis extrémistes. Leur place restera marginale. Les Grecs n'aiment pas les extrêmes.

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Commentaires
a écrit le 27/10/2011 à 15:28 :
Ce député européen est au mieux naïf au pire démagogue. La Grèce est d'ores et déjà un pays satellite de l'Europe qui va peu ou prou être inféodée; en clair on lui maintient la tête hors de l'eau jusqu'à ce que finalement elle coule. Malheureusement pour eux qui ont souvent la "chance" de ne pas payer d'impôts, rien n'est gratuit en ce bas monde.
a écrit le 27/10/2011 à 14:37 :
Quand on entend ce parlementaire jeter la culpabiilité sur la fiscalité au pays le plus corrumpu de toute l'Europe et où justement la crise survient de l'incpacité de recevoir des recettes fiscales.... la dernière miette de confiance aux politiques grecs s'atomise.
a écrit le 27/10/2011 à 14:21 :
Un peu gonflé le député - A peine la tête hors de l'eau on commence à faire la fine bouche.
Quant à la fierté elle est assez mal placée - mais vue de Bruxelles..

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