"L'avenir de l'Afrique se jouera dans les villes" (Pierre-Antoine Balu, PwC)

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Pierre-Antoine Balu, associé PwC Afrique Francophone
Pierre-Antoine Balu, associé PwC Afrique Francophone (Crédits : DR)
L'émergence d'une classe moyenne, le dynamisme démographique et l'apparition de nouveaux modes de consommation, couplés à un besoin immense d'infrastructures et de logements, créent des conditions de croissance exceptionnelles en Afrique. Et cet avenir se jouera en grande partie dans les villes, c'est une conviction partagée tant chez PwC que par les investisseurs. Par Pierre-Antoine Balu, associé PwC Afrique Francophone.

Le continent africain, plus que tout autre, est confronté à l'immense défi d'une urbanisation accélérée. D'ici à 2030, les projections démographiques prédisent une accélération de l'exode rural, avec près de la moitié de la population africaine qui vivra dans des villes. Certaines mégalopoles, telles que Lagos, Kinshasa affichent une croissance vertigineuse et se développent parfois de façon anarchique et inégalitaire. Mais cela ne doit pas occulter le formidable gisement d'opportunité et de croissance que représentent ces villes africaines.

C'est pour mieux comprendre les ressorts de leur attractivité et apprécier leur potentiel que nous avons lancé une étude, « Into Africa : The continent's cities of opportunity », sur 20 villes clés du continent. Pour chacune d'entre elles, nous avons étudié 29 indicateurs articulés autour de 4 grands thèmes : infrastructures, capital humain (santé et éducation), économie et démographie/société.

Notre objectif est double : d'abord, guider les investisseurs dans leurs choix afin de déterminer quelles sont les meilleures villes pour développer leurs activités ; ensuite, fournir aux pouvoirs publics et autorités locales des éléments de mesure leur permettant d'apprécier les efforts à fournir afin de renforcer l'attractivité de leurs villes.

Les villes d'Afrique du Nord en haut du classement

Sans surprise, les villes nord-africaines telles que Le Caire ou Tunis (et ce malgré les troubles politiques de ces dernières années) présentent en cumul les meilleures performances sur les quatre dimensions précitées. Johannesburg vient compléter le podium grâce, notamment, à la qualité de ses infrastructures (bien que pénalisée par des enjeux sécuritaires). Casablanca décroche la 4e place de notre classement, devant Alger, obtenant les meilleurs scores d'attractivité économique. Le projet de Casablanca Finance City semble donc bien porter ses fruits.

Toutefois, ces belles performances résultent, en grande partie, d'un long processus de maturation puisque ces villes sont anciennes et possèdent de solides fondamentaux : elles ont eu le temps de mettre en place des infrastructures, de fixer un cadre réglementaire et légal, de penser leur urbanisation et de constituer un véritable système de santé et d'éducation. Juste derrière, on retrouve les locomotives subsahariennes telles qu'Accra, Lagos et Nairobi qui sont déjà bien connues des acteurs économiques et grands groupes internationaux.

Les surprises du second index

Au regard de notre connaissance du continent africain, nous avons souhaité aller plus loin que cette approche et décidé de construire un second index qui permettrait de mettre en exergue les villes offrant un potentiel d'attractivité manifeste sur le long terme. Nous avons donc mis l'accent sur des données telles que la croissance de la classe moyenne, la capacité à attirer des capitaux étrangers, la facilité de faire des affaires ou encore la croissance du PIB. Sous cet angle, les résultats sont tout autres et de vraies surprises apparaissent. En effet, Dar es Salaam et Lusaka prennent cette fois-ci la tête du classement. Nairobi, Lagos et Accra sont également bien placées, ce qui confirme leur indéniable attractivité. Enfin, Abidjan offre de belles perspectives puisqu'elle est la ville qui affiche la plus forte croissance de la classe moyenne, et donc un formidable réservoir de croissance.

Au-delà de ces 20 villes que nous avons choisi d'étudier, il est nécessaire de rappeler le formidable essor de nombreuses villes secondaires qui pèsent déjà fortement tant sur le plan démographique qu'économique. Les investisseurs ne doivent pas sous-estimer leur caractère stratégique. Au travers des résultats de cette étude, chaque entreprise ou investisseur pourra identifier la plateforme qui correspond à sa feuille de route stratégique et à son appétit en termes de risques. Les autorités locales, elles, seront peut-être aidées dans leur choix d'actions prioritaires à mener pour améliorer l'attractivité de leur ville et les conditions de vie de leurs administrés.

Si la perception du continent africain est depuis quelques années en train d'évoluer, il est désormais urgent de porter un autre regard sur ces grandes villes qui façonneront le futur de l'Afrique.

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Commentaires
a écrit le 24/04/2015 à 7:05 :
En Afrique, l'énergie est chère comparée au cout du travail; chez nous, c'est l'inverse. Ou est le point d'équilibre?
a écrit le 24/04/2015 à 7:00 :
L'Afrique doit être une bonne occasion pour établir une comparaison entre cout du travail et prix de l'énergie; l'énergie remplace le travail.
a écrit le 24/04/2015 à 6:50 :
Il ne faut pas oublier le role de l'énergie, l'énergie produite en particulier: travail, capital, énergie.
a écrit le 24/04/2015 à 5:02 :
C'est le soleil sans doute! lol! Ces gens qui se croient obligés de plisser les yeux pour la photo comme dans les pires séries TV pour montrer qu'ils sont intelligents, me font mourir de rire. Et je ne parle pas de la barbe réglementaire pour montrer qu'on est un homme moderne. Je sais bien que cela ne porte pas à conséquence et ne préjuge en rien des compétences, mais ça me fait penser immanquablement à la dernière étude Sud Coréenne qui explique doctement (repris de ce site lui-même) "Un polo de Louis Vuitton rend plus crédible qu'un T-shirt identique d'H&M"...

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