Le prix politique du triple A

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Par François Roche, conseiller éditorial à La Tribune.

L'hypothèse de la perte du triple A par la France a pris corps hier, avec les commentaires de Moody's. On admirera au passage la constance des agences de notation sourdes aux critiques et aux admonestations, d'où qu'elles viennent. C'est le signe d'une belle assurance et d'un sentiment d'impunité garanti. Ce qui est remarquable c'est aussi la puissance de leurs prévisions autoréalisatrices : leurs avertissements sur les notes souveraines contribuent à renchérir le coût des emprunts des États, les exposant donc à un risque de récession accru et par conséquent à de nouvelles dégradations...

En réalité, la perte du triple A par la France est d'abord une affaire politique, puisque c'est aussi le métier des agences que de porter un jugement sur la gestion des chefs d'Etat et de gouvernement. Mais le contexte dans lequel une telle décision serait prise par Moody's en atténuerait paradoxalement la portée. Plus aucune signature de la zone euro ne semble désormais sûre, y compris celle de l'Allemagne, dont la Bundesbank note que sa dette a augmenté de plus 500 milliards d'euros depuis 2005, ce qui n'est pas précisément un signe de gestion orthodoxe des finances publiques.

Tant qu'une solution crédible à la crise des dettes souveraines n'aura pas été acceptée par les pays de la zone euro, la défiance des investisseurs ne cessera pas. Nous sommes aujourd'hui face à deux grands types de solution : la mutualisation organisée (élargissement des compétences de la BCE et/ou création d'euro-obligations) ou une réforme des institutions européennes, basée sur des disciplines budgétaires accrues. C'est autour de cette alternative que va désormais s'organiser la négociation franco-allemande sur l'avenir de l'Europe. La perte du triple A français devrait peser lourdement en faveur des thèses de Berlin.

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Commentaires
a écrit le 04/12/2011 à 20:48 :
Triple A, Triple buses. Nos gouvernants sont des buses, $arkozy en tête. Des buses avec un cerveau de piaf. Il est illusoire de résister, d'essayer de trouver des solutions à un scénario qui est déjà écrit. La programmation de la fin de l'Europe et surtout de l'Euro.Dès le début il fallait ne JAMAIS soutenir aucun pays, laisser les défauts de paiement s'installer et les pays en cause retourner à leur monnaie nationale. Les marchés auraient perdu des fortunes, nul doute qu'avec un tel scénario, ils auraient réfléchi à deux fois avant de s'attaquer à l'Espagne, à l'Italie et maintenant à la France, pour finir avec l'Allemagne.L'Europe, c'est l'histoire de la grenouille et du boeuf, une grenouille nommée MerKozy.
a écrit le 23/11/2011 à 13:11 :
Refuser le jugement des Agences de Notation c'est comme casser le thermomètre pour refuser de voir qu'on a de la fièvre. Lorsqu'une Agence de Notation dégrade une dette souveraine d'un Pays c'est aussi la conduite par le Gouvernement du Pays qu'on sanctionne. Alors de reportont pas les mauvaises conduites des Gouvernants sur les Agences mais sur les Dirigeants.
Réponse de le 29/11/2011 à 10:04 :
Jamais je n'ai vu un thermomètre qui aggravait la fièvre...
Vous êtes complétement à côté.
Réponse de le 29/11/2011 à 10:43 :
Michel P. dit la même chose que vous germanicus, c'est vous qui n'êtes pas là, semble-t-il.

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