La fin du début, ou le début de la fin ?
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Brendan McDermid
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Et oui, pour les boomers, ce petit air de la comédie musicale Emilie Jolie rappelle bien des souvenirs, cette « chanson du début de la fin » qui commence comme cela : « Est-ce la fin du début, Ou le début de la fin. Y en a-t-il encore ou plus. Est-ce aujourd'hui ou demain. Est-ce la fin du début ? Ou le début de la fin ? Si vous ne comprenez plus. Nous non plus, on comprend rien ! ». Pourquoi donc ne pas commencer ce week-end avec la chanson de la sorcière qui « a les larmes aux yeux » qui « s'ennuie et désespère » et attend bien sûr son prince Charmant.
Alors est-ce la fin du début ? Ou le début de la fin. Les paroles illustrent bien le temps mort de ce printemps 2023. Entre la fin du début et le début de la fin de la troisième guerre mondiale. Rien de nouveau sur le front russo-ukrainien, on attend l'offensive, des deux côtés. Mais c'est le début, à nouveau sur la question de Taïwan, avec un gros coup de pression de la Chine de Xi Jinpin. Pour célébrer le début de son troisième quinquennat, il a adressé un sérieux coup de semonce en direction de la stratégie des Etats-Unis de « containment » de l'empire du Milieu en mer de Chine. Xi assure vouloir régler la question de Taïwan au cours de son mandat. « How to avoid war over Taïwan ? » s'interroge The Economist. La tension s'intensifie à l'approche d'une visite de la présidente de Taiwan aux Etats-Unis, sans que l'on sache très bien si la menace chinoise n'est que sémantique ou annonce l'approche d'une attaque.
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Pour l'instant, tout cela laisse les marchés de marbre, ou presque. Pour les actifs risqués, après deux mois d'euphorie, c'est peut être aussi un tournant, le début de la fin du bull market qui a pris tous les analystes par surprise. C'est que les investisseurs finissent par se rendre compte que ce n'est pas encore l'heure de la fin du début de la remontée des taux d'intérêt. Face à la crainte d'une nouvelle poussée de l'inflation et alors que la reprise économique, chinoise notamment, pourrait alimenter une deuxième vague de flambée des prix du pétrole et du gaz au cours de la seconde partie de l'année, les banques centrales montent la garde. Entre Powell à la Fed et Lagarde à la BCE, le ton reste offensif.