Ca plane pour lui

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Avec leur moteur d'avion, le CFM-56, fabriqué en commun depuis 73, la France et l'Amérique ont conquis le monde. Livraison aujourd'hui par la filiale commune de Safran et General Electric du 20.000ème exemplaire. Une magnifique réussite industrielle

Oui, ça plane pour lui. Ce moteur d'avion, rendons-lui hommage. Souhaitons lui bon anniversaire. 35 ans que ça dure. C'est une superbe success-story !  On n'en a pas trop dans l'industrie. Alors, célébrons.

Aujourd'hui, un avion dans le monde décolle toutes les 2,5 secondes grâce à ce moteur. Ce moteur, fabriqué des deux côtés de l'Atlantique, par des ouvriers et ingénieurs français et américains, dans le cadre d'une co-entreprise, franco-américaine, il équipe 70% des avions civils, des court et moyen courrier. Tous les A 320 et les Boeing 737 notamment. Il y a trente cinq ans, avant son lancement, ni la Snecma, ni General Electric ne savaient fabriquer des moteurs d'avions. Ils en sont aujourd'hui les leaders...

Les recettes de cette réussite ?

Des recettes à appliquer, non. Chaque réussite a ses propres ingrédients. Là, comment ça s'est passé ? Premier ingrédient : une impulsion politique. On était au début des années 70, en 1973. Les deux Etats, français et américains, ont voulu cette coopération. C'était la politique industrielle de l'époque. Les deux présidents, Georges Pompidou pour la France, Richard Nixon pour l'Amérique, ont allumé le moteur. Ce sont deux entreprises, la Snecma pour la France, General Electric, pour les Etats-Unis qui ont été chargées de le faire tourner. Elles ont proposé très vite un moteur plus performant que ceux alors sur le marché. Moins gourmand en pétrole, 20% de moins, beaucoup moins bruyant aussi, deux fois moins bruyant. Le décollage a été lent. Il a fallu cinq ans avant d'engranger la première commande. Et puis, ensuite, le décollage a été spectaculaire...

Une coopération franco-américaine, ça peut marcher donc ?

Oui, c'est très rare quand même. Là, les parents de cette réussite, ce sont deux sociétés très différentes. La Snecma et General Electric. La première, elle est française ; la seconde, américaine. Déjà un choc des cultures. Mais au-delà, la Snecma, c'était une entreprise d'Etat ; General Electric, c'était une entreprise privée, cotée, très influencée par les marchés financiers. La Snecma, c'était une entreprise très spécialisée ; General Electric, c'était déjà un  conglomérat qui faisait de tout.

Bref, la Snecma qui est devenue depuis Safran et General Electric, toujours General Electric, c'est l'eau et le feu, le blanc et le noir, deux sociétés très éloignées l'une de l'autre. On dit souvent que les mariages les plus réussis, ce sont les mariages entre conjoints très différents l'un de l'autre. Ce que montre cette belle histoire, c'est que c'est aussi le cas dans l'industrie.

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