SOS-PME

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« Les PME sont au bout du système ». C'est un véritable SOS que lance, ce matin, dans « La Tribune » le numéro un du patronat industriel, Yvon Jacob. Les PME avaient des problèmes de trésorerie ; elles ont maintenant des problèmes de fonds propres. L'épidémie de faillites menace...

Oui, c'est un véritable SOS que lance Yvon Jacob - au nom des PME, des PME industrielles en particulier. Si rien n'est fait, ce sont des dizaines de milliers de PME qui déposeront leur bilan cet automne, avec les conséquences que l'on imagine sur l'emploi. Et effectivement, les défaillances explosent depuis quelques semaines ; les demandes de report de paiement au fisc ou aux Urssaf aussi.

Alors, les PME, il faut quand même rappeler que c'est le nerf de la guerre. Les PME, les entreprises de moins de 250 salariés, c'est plus de 50% de notre production. C'est plus de 60% de l'emploi en France.

Aujourd'hui, le vent de la reprise, les PME en ont entendu parler ; elles ne le ressentent pas ! Ce vent alimente les voiles des géants du Cac 40, pas celles des petits bateaux. Les PME, pratiquement dans tous les secteurs, continuent de souffrir.

Depuis un an, leurs capitaines ont tout fait : ils ont allégé la barque - en supprimant CDD et intérim ; ils ont tiré sur les réserves - en pompant sur tous leurs comptes. Aujourd'hui, ils sont à bout de souffle - « au bout du système ». Quand ils frappent aux guichets des banques, ils ont le sentiment d'être des pestiférés...

Le gouvernement fait pourtant pression sur les banques pour qu'elles soient plus compréhensives...

Oui. Les injonctions, les ordres de l'Etat, la création du Médiateur de crédit, la mobilisation des banquiers... Beaucoup a été fait, c'est vrai.

Il reste que, d'après la CGPME, deux PME sur trois affirment avoir toujours des problèmes de financement, huit sur dix jugent que les conditions de crédit se sont durcies.

L'Etat prépare un plan pour régler cette question du financement des PME...

Oui, et puisque, dans nos PME comme dans la fable, c'est le fond qui manque le plus, ce sont les fonds propres qui manquent, c'est sur cette question, capitale, si l'on peut dire, que le gouvernement travaille.

Il devrait faciliter l'accès de la Bourse aux PME - en allégeant les procédures. Mais tout le monde ne peut pas, ne veut pas aller en bourse.

Il devrait aussi annoncer la création d'un fonds spécial, de 200 millions d'euros, un fonds alimenté par l'Etat et par les banques. Un fonds qui accordera des « prêts participatifs » aux PME. Un prêt participatif, c'est quoi ? C'est plus qu'un simple prêt. C'est moins qu'une vraie participation en capital. C'est entre les deux. C'est un système qui avait bien marché dans les années 80. Il n'y a pas de raison que ça ne marche pas cette fois-ci. Nicolas Sarkozy devrait annoncer tout cela, d'après nos informations, lundi prochain. C'est une piste. Le SOS des PME montre qu'il y a urgence !

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