Business angels, premiers moteurs de l'économie innovante ?

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Le nombre de fonds privés s'investissant dans le financement de l'amorçage demeure restreint, leur attitude étant souvent conditionnée par des logiques plus fiscales qu'entrepreneuriales. Afin de répondre à cette situation, des réseaux de business angels se mettent en place. Entre apporteur de fonds et coéquipier d'une aventure entrepreneuriale, entre actionnaire et rôle de conseil, qui sont vraiment ces business angels ? Quels sont leurs facteurs de sélection ? Quels sont les atouts ? Les réponses d'Antoine Fléchais, responsable du département Finance d'entreprise de Provadys.

Si les contraintes liées à la création d'entreprise ont été fortement allégées en France au cours des dernières années et que les porteurs de projets sont de plus en plus nombreux, la problématique du financement de l'amorçage persiste. En effet, le nombre de fonds privés s'investissant dans les phases amont de l'amorçage demeure encore restreint et trop souvent conditionné par des logiques plus fiscales qu'entrepreneuriales. La résultante est que, le vivier de projets à fort potentiel n'est finalement pas valorisé et que, faute de financement, beaucoup de projets porteurs n'ont pas la chance de se confronter au marché. Afin de pallier le défaut de financement de l'amorçage et de répondre aux problématiques d'equity gap, certaines initiatives sont actuellement mises en place. Parmi celles-ci, la structuration des réseaux de business angels. Entre apporteur de fonds et coéquipier d'une aventure entrepreneuriale, entre actionnaire et rôle de conseil, qui sont-ils vraiment ? Quels facteurs de sélection sont prépondérants ? Quels sont les atouts de ce type de partenaire ?

Le business angel : un entrepreneur expérimenté en recherche de nouveaux challenges

Serial entrepreneur, l'intervention d'un business angel au sein d'une start-up va au-delà du simple apport de capital. Si l'intérêt de l'opération est en partie motivé par la réalisation à terme d'un gain fiscal ou financier, l'aventure que représentent le lancement d'un concept et le retour parfois nostalgique à l'entreprenariat, demeure également un driver important.
L'objectif du business angel n'est pas nécessairement de rester au capital de l'entreprise mais plutôt d'apporter ses compétences, son réseau, ses conseils avisés à la jeune pousse qu'il a choisi d'épauler, afin de participer à son succès. Le plaisir et la fierté générés par ce challenge font aussi partie du retour sur investissement.

L'adhésion au concept et à l'humain comme principaux facteurs de sélection

Si l'évaluation d'une société mature est appréhendable par des approches classiques (méthode des comparables, patrimoniale, DCF...), l'évaluation d'un projet en amorçage est principalement fondée sur le goodwill de l'équipe et le potentiel du projet. L'analyse du business plan permettra au business angel de conforter son opinion sur le rationnel des hypothèses et de jauger la qualité du business model, mais sera considérée comme théorique compte tenu de l'incertitude inhérente à ce niveau de maturité. La décision d'investissement sera donc également fondée sur d'autres critères moins factuels, basés sur l'expérience et la sensibilité sectorielles du business angel.
La compréhension du projet (comprendre dans quoi on investit) et la maîtrise du secteur d'activité concerné ; la logique et la complémentarité de son approche à celle du management ; enfin, le facteur coup de c?ur qui, même s'il est irrationnel, conduit parfois à de belles histoires.

La recherche d'un partenariat win-win

Les porteurs de projets, s'ils disposent d'une expertise technique et d'une maitrise des contraintes opérationnelles, n'ont pas toujours toutes les compétences nécessaires pour porter seuls le projet. Les business angels apportent une véritable valeur ajoutée en termes d'intelligence économique, de connaissance du management, de réseau, de crédibilité vis-à-vis des tiers. Ils incarnent également le rôle de coach avec lequel le porteur de projet pourra affiner sa stratégie de développement. Tous ces aspects constituent les modalités d'un partenariat où le fondateur et son actionnaire ont des objectifs communs. En cas de succès, l'investissement du business angel sera rémunéré à sa juste valeur.

Coachs de l'aventure entrepreneuriale

Les business angels ont pris une place primordiale dans la chaîne de financement des jeunes pousses, et plus généralement, dans le tissu économique français. Véritables coachs de l'aventure entrepreneuriale, ils apportent des conseils et des contacts précieux aux jeunes entrepreneurs. Hommes d'affaires aguerris, ils savent voir le potentiel de projets encore balbutiants et investir là où d'autres structures plus rigides ne se risquent pas. Par leur intervention en amont du capital création, ils tendent à resserrer l'equity gap et à favoriser une plus grande liquidité sur le marché du private equity.
 

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Commentaires
a écrit le 12/10/2012 à 11:31 :
étant donné le désengagement des banques (contraintes de FP) et des fonds qui délaissent ce segment du PE (trop aléatoire) les BA doivent effectivement prendre le relais; pour cela une seule solution : une politique fiscale adaptée à ces investissements risquées (mais cruciaux pour l'économie/l'emploi/la croissance à LT)
Réponse de le 12/10/2012 à 14:01 :
mais bien sûr !
a écrit le 10/10/2012 à 19:14 :
bonjour,
Problème général, il est difficile de contacter et aussi d'aborder les business angels. Sur des dossiers envoyés on ne sait pas ce qui se passe. La communication fait défaut. C'est un peu comme un cadre cherchant un emploi et qui par cooptation de proximité arrive a trouver son JOB.
valjeuxindustrie.blogspot.com/ vous en dira plus sur 3 pages
Cordialement
a écrit le 10/10/2012 à 13:51 :
En effet, le phénomène Business Angel se développe depuis peu en France. Et ils sont essentiels, puisqu'ils sont quasiment les seuls à investir au stade aussi risqué que celui de l'amorçage. De plus, leur esprit entrepreneurial profite largement aux entrepreneurs que ces Business Angels accompagnent.

Malheureusement, nous en avons encore trop peu (environ 8500, contre 40.000 en Grande Bretagne).
La moitié de nos Business Angels font partie d'associations. Beaucoup de particuliers pourraient être Business Angels mais ne le sont pas, faute de bonnes opportunités d'investissement et/ou d'informations.

Pour susciter des vocations de Business Angels, il faut donner accès à tous aux meilleures opportunités d'investissement en startups.
D'où l'utilité de sites comme www.fundme.fr , qui est l'annuaire des meilleures startups françaises qui cherchent des fonds. On y trouve des startups incubées dans les grandes écoles, dans les technopôles, dans les accélérateurs/pépinières, sélectionnées par des associations de Business Angels, par des fonds d'investissement, et qui viennent de la France entière !
A chaque Business Angel sa startup !

Réponse de le 06/04/2013 à 12:18 :
Trouver des start up en mal de financements est assez simple, et fundme.fr est une bonne source, tout comme d'ailleurs des sites de crowfunding comme wiseed et autres anaxago... Le difficile est de faire accepter l'accompagnement par des personnes "ressources" alors que ce qui compte dans une start up c'est la clairvoyance du porteur de projet sur la portée de son idée tant en terme de marché qu'en terme d'équipe à constituer. Le financement est une CONSEQUENCE, plutôt qu'un préalable.
AB (Président des ECO BA).

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