Sauver l'Europe plutôt que l'euro

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Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi / DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, sauver l'Europe plutôt que l'euro !

La monnaie est le symbole majeur de la souveraineté d'un État. Aussi, pour ses promoteurs, l'euro constituait un pas décisif vers l'idée de fédération. Et dans le droit fil de cette idée, sauver l'euro, c'était nécessairement sauver l'Europe.

Les pays membres ont ainsi redoublé d'efforts pour assurer et garantir les créances libellées en euro et sécuriser l'édifice bancaire. Le mécanisme européen de stabilité, le pacte de stabilité renforcé, l'union bancaire, donnent aux grands acteurs de ce sauvetage le sentiment du devoir accompli. Et même, étonnamment, le sentiment d'une réactivité dans l'urgence.

Peu importe que le quart de la production industrielle se soit évaporé à la périphérie. Peu importe que les taux de chômage aient explosé et que la pauvreté ait gagné du terrain.

Peu importe que les pays européens piégés dans la déflation aient pris un temps de retard dans la mutation industrielle qui se dessine.

Peu importe qu'il ait fallu mettre en veilleuse le chantier de la transition énergétique. L'Europe accidentée est bien vivante puisqu'à travers la survie de la BCE et de l'euro, elle a préservé l'intégrité de ce qui lui tient lieu aujourd'hui de système nerveux central.

L'euro a été sauvé certes, mais au prix d'un coma artificiel qui a plongé le marché intérieur dans la déflation. Une situation dont les États commencent tout juste à s'extraire. Les politiques de rigueur ont perdu en intensité. La nouvelle coalition allemande se préoccupe des fractures sur son marché du travail. La demande intérieure rhénane joue davantage un rôle de locomotive. De leur côté, les pays du sud ont touché le fond et amorcent leur redressement.

Mais en gros, rien n'est réglé

Dans un marché intérieur étroit et en déflation, les entreprises restent à la lutte pour se frayer une place dans ce mouvement de reprise. Les forces de convergence semblent se ranimer maintenant que les pays du Sud ont été renvoyé à la case départ en terme de rattrapage, plus précisément plus de 20 ans en arrière à en juger les PIB par tête.

Leur dévaluation interne leur permet de reprendre quelques parts de marché. Mais au fond, la zone euro reste un espace de divergence. Cette phase de convalescence pourrait bien marquer l'acte 2 de la bazar économie. La bonne santé financière des PME allemandes les poussent maintenant à s'intéresser de très près à leurs homologues étrangers.

Notamment dans un contexte d'affaiblissement financier du tissu productif périphérique Dans la ligne de mire de ces prises de participations, voire de ces rachats, des entreprises italiennes, françaises, tchèques. Cette divergence est aujourd'hui manifeste dans l'écart qui se creuse entre les flux d'investissement direct à l'étranger français et allemand, et qui participe à la concentration de la puissance.

Et comble d'absurdité...

Alors que dans une économie américaine est en pleine accélération, la FED américaine hésite encore à freiner trop brutalement sa politique d'hyper liquidité, que voit-on côté européen ? Un semblant de préoccupation de la BCE pour la déflation qui menace… un espoir de baisse infime du taux directeur. Mais pendant ce temps, elle éponge en silence et depuis plus d'un an les liquidités qu'elle avait émises au paroxysme de la crise.

Le contraste entre l'évolution du Bilan de la FED et de la BCE est aujourd'hui saisissant et en dit long sur les préoccupations des argentiers européens pour l'économie réelle. Dans le sillage de cette politique l'euro se renforce.

Et l'euro fort continue à affaiblir les plus faibles dont on annule en quelques semaines des années de sacrifice salarial. Au final, il serait temps de sauver l'Europe plutôt que de sauver l'euro en revenant à l'objectif que s'était assigné ses fondateurs lors du traité de Rome « promouvoir un développement harmonieux des activités économiques dans la Communauté »

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Commentaires
a écrit le 24/02/2014 à 11:36 :
la soluiton est de baisse l euros afin de favorisse la demande interieure et aussi d augmentes les revenues en augmentant les salaires ,???
a écrit le 24/02/2014 à 9:53 :
C'est peut-être la mort de l'Euro qui nous délivrera enfin de l'Europe qui n'intéresse plus guère que les élus qui en profitent. (Voir sur Google le discours de Godfrey Bloom)
a écrit le 23/02/2014 à 14:11 :
Ni l'un ni l'autre
a écrit le 22/02/2014 à 10:35 :
Sortir de l'Europe, on peut de manière républicaine et démocratique par la mise en jeu de l'article 50 du TUE, car l'Europe est irréformable et ne peut l'être que si 28 acteurs sont ...d'accord, c'est à dire jamais -solution FN-. C'est ce que propose l'UPR, la sortie, unilatérale, c'est sur UPR.fr. Ca monte car on est là dans la solution, pas dans le dogme.
Réponse de le 27/02/2014 à 18:32 :
Donc , y'a une solution. Alors , c'est parfait !!!
a écrit le 22/02/2014 à 8:41 :
Chacun pour soi. A bas l'Europe.
a écrit le 21/02/2014 à 23:05 :
....pour sauver l'Europe il faut en premier commencer à taxer les produits chinois, et faire de l'Europe un marché "EUROPÉEN" des produits fabriquées dans l'Union, et pas Chine?....
Réponse de le 22/02/2014 à 10:36 :
Impossible en l'état, car pour taxer les produits chinois, il faut être d'accord à ...28. Lisez la théorie des chaines de François ASSELINEAU sur UPR.fr, édifiant.
Réponse de le 22/02/2014 à 12:56 :
C'est qui ASSELINEAU ???
Réponse de le 25/02/2014 à 8:40 :
Les importations chinoises , il faudra tout simplement augmenter les bas salaires.
Cette problématique existe déjà aux USA.
Inutile de se voiler la face...certains pousseront des cris d'orphraie , mais une très grande partie de la population ne peut joindre les 2 bouts sans l'aide des produits chinois à bas coûts.
a écrit le 21/02/2014 à 15:49 :
Fortement non, mais cela entrenerait un deutshmark fort, et donc une reprise economique dans toute la zone euro sauf en Allemagne bien sur.
a écrit le 21/02/2014 à 15:45 :
L' Europe des nations, qui évite d'en exclure, ne se fera que par l’abandon de l'euro et la coopération plutôt que par le dogme de la "concurrence libre et non faussée". Cette "Europe de Bruxelles" c'est la guerre dans un proche avenir!
a écrit le 21/02/2014 à 14:16 :
Pour faire baisser fortement l'€uros, il faut sortir l'Allemagne de la monnaie commune !
a écrit le 21/02/2014 à 13:56 :
pour sauver l'europe, il faut sortir de l'euro.
Réponse de le 21/02/2014 à 19:32 :
En même temps, si on pouvait sortir de l'Europe et se conformer au choix exprimé lors du dernier referendum...
a écrit le 21/02/2014 à 13:45 :
Il faut au contraire la détruire pour en reconstruire une autre, démocratique, défendant les libertes des citoyens.
a écrit le 21/02/2014 à 13:37 :
Pour sauver l'europe il faudrait eliminer les socialos.

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