Trois ans après Fukushima, peut-on se passer du nucléaire ?

La Tribune publie chaque jour des extraits issus de l'émission "28 minutes", diffusée sur Arte. Aujourd'hui, trois ans après Fukushima, peut-on se passer du nucléaire ?

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3 ans après Fukushima, peut-on se passer du nucléaire ? / Reuters
3 ans après Fukushima, peut-on se passer du nucléaire ? / Reuters (Crédits : reuters.com)

15 884 morts et 2 636 disparus. C'était il y a trois ans, la catastrophe de Fukushima. Ce tragique bilan n'a pourtant pas poussé le nucléaire dans la tombe. Bien au contraire, 25 ans après Tchernobyl, cette source d'énergie tant controversée semble connaître un regain de forme.

Alors que des milliers de militants anti-nucléaires prônaient, hier, à Fessenheim, la « fermeture immédiate » de la fameuse centrale, la France s'affiche aujourd'hui comme le leader de la planète en la matière avec 75% de son électricité produite grâce à l'atome. Qu'en est-il du reste de l'Europe ? D'autres alternatives envisageables ?

28 minutes

MISE AU POINT
Par Sandrine Lecalvez

RETROVISEUR
Par Marc-Antoine Deporet

Les débuts du nucléaire civil français en 1946
Alors que le monde entier est lancé dans la bataille pour la suprématie nucléaire, la France lance son propre programme civil. Retour sur un long chemin qui a conduit le pays au rang de leader mondial dans ce domaine.

VU D'AILLEURS
Par Juan Gomez

Fukushima : des SDF décontaminent le site
Il y a des anniversaires que l'on souhaiterait ne jamais fêter. Fukushima : déjà trois ans. La plus grave catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Aujourd'hui, ce sont des SDF qui grattent la terre pour décontaminer la zone. Ces sans-abris risquent leur vie, pour moins de 40 euros par jour. Et derrière ce phénomène se cache la mafia japonaise : les Yakusas.

FACE A FACE
Pour débattre sur le nucléaire, Jean de Kervasdoué et Sophia Majnoni.

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>>> FOCUS Pour en savoir plus sur la catastrophe de Fukushima 

FUKUSHIMA, CHRONIQUE D'UN DÉSASTRE

S'appuyant sur des simulations scientifiques et sur les témoignages d'ingénieurs présents dans la salle de contrôle au moment du drame, ce documentaire retrace l'enchaînement des évènements qui ont mené à l'explosion du réacteur de la centrale atomique de Fukushima le 11 mars 2011.

En retraçant chronologiquement chacun des événements qui a conduit au désastre - le tremblement de terre, puis, une heure après, le tsunami qui entraîne une première panne de courant, puis la deuxième panne qui paralyse le système de refroidissement du réacteur, causant la fonte de celui-ci et l'explosion d'hydrogène -, le film soulève d'importantes questions techniques. Comment et pourquoi, après le tsunami, une panne complète de courant a-t-elle pu se produire au sein d'un des réacteurs de Fukushima ? Dans quelle mesure les travailleurs de la centrale ont-ils été informés des dommages causés aux installations ? Étaient-ils préparés à faire face à une telle situation ? La décision des responsables de la centrale de lâcher de la vapeur radioactive dans l'atmosphère était-elle inéluctable ?

La vulnérabilité des réacteurs

Pour répondre à ces questions, la chaîne NHK a recueilli les témoignages des ingénieurs de la centrale qui étaient présents dans la salle de contrôle au moment de l'accident. Grâce à ces interviews et à des scènes reconstituées, le documentaire révèle un système de sécurité défaillant, le manque de préparation des équipes et, surtout, la vulnérabilité des réacteurs nucléaires.

>>> (Re)Voir le reportage

LE MONDE APRÈS FUKUSHIMA

Dans la région de Fukushima, deux ans après le drame, la vie des habitants continue, entre résistance et désespoir, et en intégrant au quotidien la pollution radioactive. Au-delà du séisme et du tsunami, la catastrophe nucléaire a révélé les lézardes d'un système et sa criminelle arrogance.

Un dosimètre dérisoire aux carrefours ou accroché au cou des enfants, les renvoie sans cesse au monstre invisible et aux particules tueuses qu'ils tentent de circonscrire en disposant des bouteilles d'eau aux fenêtres. Dans la région de Fukushima, la vie ou du moins "l'existence" des habitants continue, en intégrant au quotidien la pollution radioactive. Au-delà du séisme et du tsunami, la catastrophe nucléaire a révélé les lézardes d'un système et sa criminelle arrogance. Et tous se souviennent avec effroi de la série d'erreurs et d'atermoiements qui a scellé leur destin, les politiques préférant "minimiser la situation au lieu de réduire les risques".

Bouleversante impuissance

Des familles d'agriculteurs ou de pêcheurs au regard toujours empreint de gravité, s'efforcent désespérément de protéger leurs enfants et poursuivent malgré tout leur activité, encadrée par des outils de contrôle. Attachés à leur terre, ils disent leur haine du nucléaire, cette hydre produite par l'homme, que la propagande leur a vendu comme un fleuron de la sécurité industrielle. Une mise en abyme du monde futur, à travers des témoignages bouleversants de vies fracassées, comme celui de cette mère qui a demandé à ses filles de ne pas avoir d'enfants puisque les victimes sont encore à naître…

>>> (Re)Voir le reportage

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Commentaires 23
à écrit le 12/03/2014 à 12:28
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Repondre a la question necessite une etude bien plus poussee que celle evoquee dans le debat. La reponse est claire : se passer du nucleaire immediatement : difficile (surtout avec le Japon qui absorbe tout le GNL), sur 20 ans c'est carrement dans n...

à écrit le 12/03/2014 à 12:23
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Il est particulierement vomitif d'entendre ce vieux Monsieur nucleocrate denier les victimes de Fukushima et Tchernobyl. Effectivement, sur les premieres annees le nombre de victime peut paraitre faible, c'est sans compter sur l'explosion de cas de c...

à écrit le 11/03/2014 à 15:37
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Le titre est puérile à plus d'un titre ! Notre dépendance à l'électricité omniprésente dans nos quotidien ne permettra qu'une réponse ...NEGATIVE ! Sur l'échelle temps , il faudrait une génération pour nous "désintoxiquer" de cette boulimie énergétiq...

à écrit le 11/03/2014 à 13:36
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Il faudrait peut-être que les questions soient enfin posées autrement que de façon conflictuelle qui n'aboutit à aucune solution réaliste et ne pas mettre dans les débats 2 personnes en trop grande opposition. En plus Kervasdoué n'est pas assez en po...

à écrit le 11/03/2014 à 13:15
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L'industrie nucléaire mondiale est en déclin brutal et irréversible : la part du nucléaire dans l'électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à environ 9% aujourd'hui ! Cf : http://www.observatoire-du-nucleaire.org

à écrit le 11/03/2014 à 13:14
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Il faut rappeler une donnée essentielle. La consommation d'électricité en France a triplé depuis 1975. 1975 : 150 TWh. 1990 : 305 TWh. 2012 : 437 TWh. Cette hausse a eu lieu exclusivement dans le secteur résidentiel et tertiaire. Plus la conso...

le 11/03/2014 à 14:09
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Oui mais rien n'a été fait jusqu'à ces dernières années concernant l'efficacité énergétique etc. Les objectifs sont faibles car les producteurs d'énergie freinent dès qu'on leur fixe des objectifs de réduction plus forts. Idem dans les télécoms, on v...

à écrit le 11/03/2014 à 12:01
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"15 884 morts et 2 636 disparus. C'était il y a trois ans, la catastrophe de Fukushima" Ce genre d’ânerie ne peut même pas être qualifiée de tentative d'intoxication ou de propagande, c'est une faute professionnelle qui devrait conduire l'auteur de ...

le 11/03/2014 à 12:17
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C'est le bilan du tsunami. Si au final, le nucléaire fait le même score on aura eu du bol.

à écrit le 11/03/2014 à 11:34
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Comment un journal sérieux comme La Tribune peut-elle sous-entendre que les plus de 15.000 morts et 2.800 disparus sont liés au nucléaire ? C'est le tsunami qui est la cause directe, seule et unique. Vous devriez réviser immédiatement un tel dire ...

à écrit le 11/03/2014 à 10:49
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L'émission présente la phase de développement du nucléaire français comme une réussite. C'est oublier la première filière française graphite gaz, qui à capoté avec la fusion du coeur de réacteur à St Laurent des Eaux. Un achat sur plans US pour le ci...

à écrit le 11/03/2014 à 10:39
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jean de Kervasdoué sort dans le "débat" des poncifs grotesques : 82 morts à Tchernobyl? Il n'y à aucune études sérieuse et indépendante sur le sujet. Il est ok pour aller décontaminer Fukushima? qu'il y aille les japonais cherche du personnel. La rad...

le 11/03/2014 à 12:08
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L'Allemagne, du fait de sa sortie du nucléaire, pollue d'autant plus avec le charbon (et vus voyez les conséquences sur le climat) et le gaz (et est complétement dépendante de la Russie de ce fait). Si vous avez une meilleure solution que celle de l...

le 11/03/2014 à 13:55
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@ Yvan : L'Allemagne a de nombreuses solutions qui arrivent et qui vont pouvoir se généraliser donc il ne faut pas juger à court terme d'autant qu'ils se sont heurtés à des spécificités du pays qui leur a fait prendre du retard et qui a généré des co...

à écrit le 11/03/2014 à 9:37
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Mais comment un journaliste peut écrire de telles âneries ? Attribuer 15.000 morts à Fukushima... un peu de sérieux SVP.

le 11/03/2014 à 9:47
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Ce ne sont pas des âneries mais de l'Intox caractérisée. Pourquoi est-ce repris tel quel par un média qui se prétend sérieux ?

à écrit le 11/03/2014 à 9:24
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"15 884 morts et 2 636 disparus. C'était il y a trois ans, la catastrophe de Fukushima" Merci de ne pas faire d'amalgame. Ces morts et disparus sont dus au tsunami et au tremblement de terre, pas à l'accident nucléaire. Aujourd'hui seule l'évacuation...

à écrit le 11/03/2014 à 8:45
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J'étais sur place il y a 3 ans à Tokyo et depuis mon avis pour l'utilisation du nucléaire en France n'a pas changé. Nous n'avons pas les ressources pour s'en passer donc si l'on veut être autonome il faut continuer mais aussi développer et innover da...

le 11/03/2014 à 10:42
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Le charbon est largement moins cher que le nucléaire, même avec une taxe co2.

le 11/03/2014 à 12:08
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@aka : Vive le charbon, c'est effectivement la tendance en Allemagne. Cela étant la taxe CO2 est mise en place pour dissuader les investissements dans les énergies fortement émettrices de CO2, telle que le charbon. D'un point de vue comptable vous av...

le 11/03/2014 à 12:22
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@aka, +1, Le charbon,moins cher et il couvre quasiment 30% des besoins mondial. Alors que le nucléaire couvre seulement 6% (pas même la moitié du renouvelable 13%). Le nucléaire : une énergie chère, marginale, dangereuse et inutile.

le 11/03/2014 à 13:52
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Orden, si vous n'êtes pas capable de vous rendre compte qu'une source d'énergie qui n'est pas chez vous est d'un avenir incertain NI que les changements climatiques ne peuvent pas être combattus par votre climatiseur individuel, (au contraire, d'aill...

le 14/03/2014 à 13:24
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Il n'y a plus de mine d'uranium en France depuis un bon moment. Donc merci de votre intervention yvan : En plus d'être cher, marginal, dangereux, inutile, le nucléaire est donc aussi "incertain".

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