La France est-elle malade de ses seuils sociaux ?

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
Sans entrer dans le détail le franchissement des seuils entraine trois types d'effet pour les entreprises :
Ces seuils sont-ils une cause majeure de la difficulté française à faire grandir ses PME et à générer ce fameux Mittelstand qui fait la force de l'Allemagne ? Ces seuils sont-ils en période de basse conjoncture un frein à l'embauche ? La complainte des entreprises est ancienne.
Une étude de l'INSEE de 2011 fait notamment autorité en la matière. L'institut note bien un décrochage du nombre d'entreprises au passage des différents seuils, et notamment celui de 50. Mais il l'attribue à une sous-évaluation des effectifs dans les déclarations fiscales. D'autres sources, plus objectives atténuent ces à-coups.
Par ailleurs, l'INSEE note que la suppression des seuils lisseraient la répartition des entreprises en amont et en aval des seuils mais ne modifierait que très marginalement la répartition par taille des entreprises, sans notre écart avec l'Allemagne. Un constat en forte dissonance avec la perception des chefs d'entreprises.
Cependant s'il n'y a pas de gisement d'emplois important à attendre d'une révision des seuils, il n'en reste pas moins que le franchissement des seuils a un coût pour les entreprises :
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L'ensemble de ces coûts peut avoir un effet diffus sur l'ensemble du tissu productif, qui affecte moins la répartition de l'emploi que la compétitivité et le niveau général de l'emploi. Il peut aussi inciter les entreprises à mobiliser des collaborateurs externes en free-lance, ou sous statut d'auto-entrepreneur, ce qui participe à une forme de précarisation.
Il faut bien en convenir, la tentative gouvernementale a peu de chance d'aboutir dans le climat de défiance qui règne aujourd'hui.
C'est dommage pour 2 raisons principales :
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Or si elle n'était pas dévoyée pour organiser en douce une régression sociale, et transformer le provisoire en définitif, elle constituerait une vraie méthode constructive d'ajustement de nos cadres légaux.
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Olivier Passet, Xerfi
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