Perspectives pour la France : retour critique sur les prévisions Xerfi

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Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi./ DR
« Récession l'heure de la sortie », « France une reprise à tâtons », c'était il y a un an les titres de deux vidéos successives concernant les perspectives pour la France pour la fin 2013 et 2014. Refaire un tour de ces prévisions un an après est un exercice salutaire, riches d'enseignements plus sur les erreurs que sur les « bons points » car cela donne un éclairage sur le futur.

Il y a d'abord les erreurs de chiffrage, puisque nous anticipions à l'époque une baisse du PIB de 0,4% pour l'ensemble de l'année avant un rebond de 0,4% pour cette année. Depuis, le chiffre de 2013 est tombé. La croissance ressort à +0,4%. Depuis nous avons aussi revu notre prévision pour 2014 qui est aujourd'hui de 0,6%. Marginal pour 2014, l'écart avec 2013 est important.

Il résulte d'un biais trop pessimiste de notre prévision, c'est de notre responsabilité, mais il y a aussi une composante technique, l'INSEE ayant revu sa méthode de calcul du PIB. Ce n'est pas neutre, il y a un an, au moment de l'élaboration de nos prévisions, 2012 c'était une croissance zéro, depuis elle a été ramenée à +0,4. Le point de départ n'était donc pas le bon.

Notre scénario insistait alors sur la mise en place progressive des conditions nécessaires à la reprise. Là, pas de mauvaises surprises, les éléments sont bien là. En revanche, les enchaînements et l'engrenage positif, eux, se sont grippés.

Deux hypothèses fortes

1- Une géographie mondiale de la croissance plus favorable à nos exportateurs avec son basculement sur les pays avancés avec en arrière-plan pour l'Europe, une Allemagne prête à jouer son rôle de locomotive en relançant sa demande domestique. La réforme des BRIC, le retour du Japon, l'envolée de l'économie britannique et les performances américaines, même tronquées par un hiver exceptionnellement rigoureux, ont depuis validé la première partie de l'hypothèse.

Mais il y a un premier élément de blocage : l'Allemagne.

L'Allemagne qui ne sort pas de sa logique purement mercantiliste et qui ne relance pas sa demande domestique autant que pouvait le laisser présager ses négociations salariales.

2- La reprise ne devait pas venir du consommateur compte tenu de la pression fiscale, mais des activités Business to Business, celles destinées aux entreprises avec en « poisson pilote », l'industrie car seule capable de se brancher sur la demande mondiale. Cette amorce de la reprise débouchait ensuite assez vite sur un nouveau cycle de stockage et d'investissement après 6 années de purges.

Puis par effet de diffusion, les services aux entreprises étaient pris dans l'élan. Une reprise pauvre en emplois, faibles en revenu mais qui en bout de course devait quand même réveiller les activités BtoC.

De la fin 2013 jusqu'au début 2014, la direction prise par les principaux indicateurs confirmait pleinement ce scénario comme le montre l'évolution du climat des affaires dans l'industrie. Mais depuis 3-4 mois, son ascension est bloquée et notre scénario s'enraye. Cela vient, uniquement de la sous-estimation, d'une tendance délétère : la déflation. Un phénomène très dangereux pour une économie, car contagieux, qui peut provoquer, accentuer ou faire durer une récession et dont il est très difficile de sortir. Et c'est bien qui se passe.

Tous nos enchaînements se heurtent au mur de la déflation, la compression des marges et le report des projets d'investissement qui en résulte. C'est aussi pourquoi, la révision à la hausse de notre prévision est trompeuse car ce n'est que l'avatar d'une année 2013 prévue trop basse. Derrière cet affichage, notre trajectoire de reprise, elle, bat de l'aile. C'est aussi pourquoi nous avons multiplié ces dernières semaines les vidéos autour de ce thème central de la déflation.

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>>> REPLAY Récession l'heure de la sortie / France une reprise à tâtons

 

 

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