Bitcoin : peut-on encore croire à un leadership français ?
par Nicolas Louvet (*)

Nicolas Louvet, PDG de Coinhouse.
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par Nicolas Louvet (*)

Nicolas Louvet, PDG de Coinhouse.
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On pense souvent qu'il y a une domination américaine sur le Bitcoin. Donald Trump, président élu, l'a lui-même proclamé : il veut faire des États-Unis « la capitale mondiale du bitcoin.» Cependant, c'est encore loin d'être le cas. Bitcoin est à la fois une technologie et un actif numérique présentant des mécanismes financiers proches de l'or. Créé il y a 16 ans par un programmeur à l'identité inconnue à ce jour et conçu comme un programme open source, Bitcoin a été imaginé pour appartenir collectivement à l'ensemble de ses utilisateurs, mais certainement pas à une entité en particulier.
C'est le principe fondamental derrière la décentralisation proposée par les blockchains publiques, à commencer par celle du Bitcoin. La domination serait donc possible si on restreint ce principe à qui en possède le plus.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est l'Asie qui aujourd'hui est le continent qui comprend le plus d'utilisateurs de Bitcoin : 90 millions en Inde, 60 millions en Chine, et un total d'environ 250 millions de personnes. Il y a également une part significative dans des pays d'Amérique Latine, notamment au Brésil avec 20 millions de détenteurs, et bien sûr en Europe. Les États-Unis, quant à eux, comprennent un peu plus de 50 millions de détenteurs.
En pourcentage, les chiffres sont également intéressants : France, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Espagne comptent plus de 10% de détenteurs de crypto, mais les leaders mondiaux sont Les Émirats arabes unis et le Vietnam, avec respectivement 30% et 21% de la population qui possède des bitcoins
Dans ces conditions, pourquoi devrait-on considérer que les États-Unis sont le leader incontesté de ce marché ? Il ne tient qu'aux populations, aux entreprises et aux États de décider d'acheter du Bitcoin ou pas. Partout dans le monde, en Europe, et donc en France, il existe des solutions totalement fiables, régulées et simples pour acquérir et conserver des Bitcoins et d'autres crypto-actifs. On ne saurait trop conseiller d'utiliser des acteurs régulés travaillant avec des partenaires financiers fiables, notamment pour la sécurité des paiements.
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Il y a bien un domaine où les États-Unis ont pris une belle avance : l'institutionnalisation de la détention des cryptos, principalement de Bitcoin et d'Ethereum, la seconde plus large capitalisation du marché. Ils l'ont fait au travers du lancement particulièrement réussi d'ETFs spot Bitcoin et Ethereum désormais disponibles sur les marché US. L'ETF Bitcoin de Blackrock, le IBIT, a ainsi collecté 43 milliards d'USD en 10 mois, ce qui est le record absolu pour un ETF lors de son lancement. Le succès est phénoménal. À ce titre, les banques et institutions financières européennes affichent une frilosité et une méfiance à l'égard de ce marché qui entraîne désormais un inquiétant retard face à leurs concurrents américains.
Malgré cette domination, on peut encore largement croire à l'émergence d'un leadership français. C'est déjà le cas par exemple sur le plan de l'accompagnement des Français à posséder du Bitcoin et des crypto-actifs. La France compte plusieurs géants du secteur, comme Ledger, sœur de Coinhouse, et aujourd'hui leader mondial de la sécurisation des crypto-actifs sur des appareils électroniques. On peut également citer Sorare, qui évolue dans l'univers du Web3 et des NFTs associés à des sports comme le football.
De nombreuses sociétés proposent aujourd'hui en France des services fiables à des entreprises et des particuliers pour acheter du Bitcoin et des crypto-actifs, les faire fructifier, et proposer des solutions de paiement.
Offrir des services sur crypto-actifs est une activité régulée en France depuis 2020, comme le sont les activités de services de paiement, et les services d'investissement. Cette réglementation, bien que devenant progressivement plus complexe, permet aussi de protéger les épargnants et d'éviter l'émergence de sociétés aux pratiques douteuses opérant depuis des paradis fiscaux ou des juridictions lointaines. Tout le monde a en tête FTX, mais d'autres plateformes, notamment asiatiques, sont actuellement sur la liste noire de l'AMF.
Pour que la France ait une chance de devenir un leader mondial de ce marché, un changement de paradigme est nécessaire sur l'institutionnalisation. Les acteurs de l'écosystème blockchain sont disposés à travailler avec le législateur et les banques pour faire évoluer la réglementation et intégrer les crypto-actifs aux produits de la finance traditionnelle, comme aux États-Unis. L'intégration de crypto-actifs dans les OPCVM ou les produits d'assurance vie devrait être possible, pour les gérants qui le souhaitent bien sûr.
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