Bonne nouvelle ! ... La reprise de l'immobilier est confirmée

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Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi./ DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, la reprise de l'immobilier est confirmée

Dans la cacophonie des chiffres d'octobre, où l'optimisme des entreprises est mis en porte à faux par les données sur l'emploi et la consommation, où les attentats créent une énorme inconnue, une vraie bonne nouvelle : l'immobilier repart vraiment. C'est ce que montrent les derniers chiffres en provenance de l'INSEE et des Notaires. Les prix remontent dans l'ancien, certes timidement (+0,5% au 3ème trimestre) mais c'est la première fois depuis près de 4 ans.

Quant aux volumes, ils confirment leur reprise avec 753.000 transactions enregistrées en cumul sur les 12 derniers mois. C'est leur niveau le plus haut depuis juillet 2012. Des bonnes nouvelles qui ne doivent pas faire oublier que 2015 restera une année en demi-teinte avec un recul de l'ordre de 2% des prix et des ventes, certes en hausse, mais qui sont loin d'avoir restauré leurs meilleurs niveaux. Mais ce sont quand même de très bonnes nouvelles car elles sont annonciatrices d'un bon millésime 2016 tant sur les volumes que sur les prix.

Toutes les conditions sont en effet réunies

La première, c'est une certitude, celle d'avoir des taux bas tout au long de l'année. Les craintes d'une remontée brutale s'estompent. La remontée de près d'un point de base des taux d'emprunt d'Etat à 10 ans (sur lesquels sont indexés ceux des crédits immobiliers) observée au printemps a fait long feu. Depuis, la prudence affichée par la FED, et la réassurance par la BCE de la poursuite, voire de l'amplification du QE, ont facilité le retour des capitaux sur les emprunts d'Etat. Le soufflé s'est dégonflé et les taux sont retombés autour de 1% ce qui sera sa valeur pivot en 2016.

Une très bonne nouvelle pour les emprunteurs car c'est la condition pour que les taux des crédits à l'habitat restent bas en 2016. Des emprunteurs qui font face, en plus, à des banques très réceptives à leur demande : à fin septembre 183 milliards d'euros de nouveaux prêts avaient déjà été accordés sur les 12 derniers mois. C'est sans équivalent, même lors des dernières périodes de surchauffe et les chiffres donnent le tournis : sur les 9 premiers mois de l'année la hausse atteint 83% par rapport à la même période de 2014.

Attention, pour les ménages, les très bonnes conditions de financement sont une incitation forte à emprunter davantage et à réduire leur apport personnel, voire à renégocier son emprunt quand celui-ci a été contracté quand les taux étaient plus hauts. Mais la dernière enquête de la Banque de France montre que la part de la renégociation tend à s'éroder, signe qu'une part croissante des flux prend bien la direction de l'immobilier.

Un PTZ élargie

Parmi, les autres bonnes nouvelles, le renforcement du PTZ, un PTZ qui comble un vide car il va désormais s'étendre à l'ancien sous conditions de travaux (25% du prix d'achat). Actuellement réservé à 6.000 communes rurales, il sera élargi dès le 1er janvier prochain à l'ensemble du territoire. C'est le petit de coup de pouce supplémentaire capable de faire repartir le marché de façon plus ferme. Bien entendu, les attentats du 13 novembre dernier à Paris peuvent transitoirement figer les ventes, notamment celles réalisée par les étrangers, mais cela ne semble pas en mesure de renverser la tendance de fond.

La progression des volumes va donc se confirmer et revenir vers le plafond des 780.000. C'est une conviction forte car, d'autres signaux en provenance de la construction neuve vont dans le même sens. La première étape avant la remontée des prix a donc belle et bien été franchie. Cela sera suffisant pour consolider le mouvement naissant sur les prix et le renforcer tout au long de l'année et faire rentrer l'immobilier dans un nouveau cycle haussier.

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Commentaires
a écrit le 25/12/2015 à 15:47 :
j'ai bien rigolé en lisant cet article. Combien d'argent versé par les lobbies immobiliers pour laver l'honneur de l'auteur de cet article, sali à jamais?
a écrit le 17/12/2015 à 14:34 :
L'immobilier n'est plus un investissement depuis bien longtemps en France.

Les cancres qui n'ont pas suivi vont en payer le prix.

Le jeu s'appelle la patate chaude et il ne faut surtout pas avoir la patate(le bien immobilier) dans les mains lorsque la musique s'arrête (lorsque la bulle éclate)... Sinon on a perdu.
a écrit le 11/12/2015 à 19:33 :
Au mieux on aura un effet d'aubaine provoqué par le crédit presque gratuit mais c'est une baudruche. La France est récessioniste à cause de sa fiscalité et de son état socialiste. Les prix ne tiendront pas. Le jour où la dette française sera attaquée on aura du moins 30% sur les prix immo. On y va. Vaut mieux garder son cash et attendre le grand effondrement.
a écrit le 11/12/2015 à 17:21 :
Il y a des acheteurs ( peu nombreux) qui veulent faire croire qu'il y a peu de vendeurs ...Certainement pour attirer d'autres vendeurs pour avoir encore plus de choix !!!

Soyons réaliste : être propriétaire a un avantage certain , si on vend on peut récupérer une partie de la mise ( même si il n'y a plus de plus value extraordinaire et si le bien que l'on vend n'est pas une ruine entre l'autoroute et l'aéroport ...).

Devenir propriétaire de plusieurs biens ... Ils ont du se tromper de siècle !!!
Les loyers ne pourront jamais rentabiliser le bien et sa vente deviens très aléatoire . On à plus de chance de perdre que de gagner !!!

Être propriétaire de plusieurs bien et ça depuis grand papa ...pas de souci ... Il y aura toujours des très pauvres avec de vraie APL pour les payer...

N'être pas propriétaire c'est tous les mois jeter son argent par les fenêtres sans jamais aucune chance de le récupérer .Et devenir propriétaire sans un minimum de fond est impossible .
Alors soyez patient et économisez!!!
a écrit le 11/12/2015 à 16:16 :
Vous doutez encore de l'éclatement de la bulle immobilière?

Chacun des éléments ci dessous suffit à faire baisser les prix, alors en cumulé, on peut s'attendre à une vente panique dans les mois à venir:

Chômage. Emplois précaires. PapyBoom. Baisse des loyers. Hausse des taxes proprio. Baisse de la rentabilité locative. Fuite des investisseurs de l'immobilier qui n'est plus un investissement viable pour de longues années à venir. Engorgement supplémentaire de l'offre. Indice de tension immobilière (dit "iti") en chute libre (0,4 en France). 2,5 vendeurs par acheteur. Encadrement des loyers. Hausse annoncée des taux d'emprunt (manque à gagner pour les vendeurs qui n'auront pas vendu avant). Taux réel non intéressant pour les acheteurs (taux d'emprunt moins inflation). Fuite des retraités "aisés" à l'étranger (Portugal, Thaïlande), Fuite des jeunes actifs à l'étranger (USA, Canada, Australie). Engorgement supplémentaire de l'offre par rapport à la demande. Century21 annonce 15% de baisse "mécanique" par 1% de hausse des taux d'emprunt, tout effet de conjoncture mis à part. Courbe de dépendance de la population française en hausse. L'Etat vend en pagaille ses biens. Le comité de Bâle 3 va limiter les crédits (les solvables pourront emprunter moins qu’avant)...
Ceux qui n'auront pas vendu très bientôt verront la situation se dégrader pendant la durée du papy-boom (30ans).
Il ne fera pas bon être propriétaire...
a écrit le 11/12/2015 à 16:13 :
Pour prédire les évolutions de l'immobilier, il y a 3 cas de figure.

CAS1: Lorsqu'il y a 5 vendeurs et 100 acheteurs, le prix du marché, c'est celui des 5 acheteurs les plus riches.
CAS2: Lorsqu'il y a 100 vendeurs face à 100 acheteurs, les acheteurs les plus riches prennent les plus "belles" maisons, et les plus pauvres prennent les plus "moches".
CAS3: Lorsqu'il y a 100 vendeurs face à 5 acheteurs, alors il n'y a plus de concept de prix du marché. Seuls les vendeurs les plus désespérés vendent.

Actuellement l'indice iti donne le nombre d'acheteurs par vendeur (Cherchez "indice de tension immobilier - indice iti") en France est de 0,4 (et il décroit). Il y a presque 3 fois plus de vendeurs que d’acheteurs!!! On est de plus en plus dans le CAS#3.
De plus, le papyboom, le chomage, les emplois précaires, la fuite des investisseurs, la baisse des loyers, la montée des taxes proprio, la fuite des retraités à l'étranger (Portugal, Thailande, Belgique...), la baisse de la vente de crédits (cherchez "accord de Bâle III") la remontée de la courbe de dépendance des français, poussent à anticiper une situation dégradée pour les vendeurs.
Et je ne parle même pas des taux qui pourraient augmenter. Century21 annonce qu'une hausse des taux de 1% fera mécaniquement baisser les prix de 15%. Cela fera un grand manque à gagner pour les vendeurs. (Cela ne changera rien pour les acheteurs qui devront donner plus à a la banque et moins au vendeur).
a écrit le 11/12/2015 à 11:25 :
Les prix grimperaient et ce serait une bonne nouvelle?

On prend qui pour quoi?
a écrit le 11/12/2015 à 11:02 :
Si c’était vrai, vous n'auriez pas besoin de le crier sur les toits!

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