Soutenir l'innovation d'utilité écologique et sociale, c'est réduire la dette !
Collectif (*)

Photo d'illustration
Firefly Adobe
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Alors que le gouvernement se confronte à une situation alarmante pour les finances publiques, cette crise ne doit pas se traduire dans des coupes qui fragiliseraient à court et moyen terme l'ensemble de la société et donc le budget de l'Etat. Elle peut au contraire constituer une opportunité de mieux orienter la politique économique de notre pays alors que les aides publiques aux entreprises ont été estimées entre 139,3 et 223,3 milliards d'euros en 2020.
L'État a notamment mis en place, depuis 10 ans, des outils efficaces pour investir dans le développement de start-ups, en mettant l'accent sur les innovations technologiques, de rupture et à forte rentabilité, à l'image du dispositif Jeune Entreprise Innovante. Cependant, cette stratégie a laissé de côté de nombreuses entreprises à impact positif, qui développent des innovations écologiques et sociales permettant de résoudre des défis de société cruciaux en accélérant les grandes bascules de mode de production, d'organisation et de consommation.
Pourtant, les entreprises à impact positif permettent à l'Etat d'éviter des coûts majeurs. Une étude récente publiée par le mouvement Impact France, en collaboration avec le BCG et l'ESSEC Business School, montre que pour chaque euro de chiffre d'affaires réalisé par ces structures, 1,3 euro en moyenne est économisé pour la société et les pouvoirs publics !
Par exemple, la start-up May Santé, plateforme innovante qui permet aux jeunes parents d'avoir accès 24H/24 à une équipe de professionnels de santé répondant à leurs inquiétudes et les redirigeant efficacement, permet d'éviter 3,3 millions d'euros de coûts sanitaires et sociaux (consultations de santé évitées, réduction du stress, séances de thérapie et jours d'absentéisme potentiels évités). Pour Simplon.co, qui utilise le numérique comme levier d'inclusion, ce total atteint 23,2 millions d'euros (aides sociales évitées, acquisition de compétences, pouvoir d'achat additionnel, amélioration de la santé physique et mentale). Cela signifie qu'investir dans ces organisations se traduit directement par des économies concrètes dans les budgets publics, que ce soit en matière de santé, d'éducation, d'inclusion ou de transition écologique.
N'est-ce donc pas le moment de mieux cibler une partie des aides existantes, et notamment le dispositif JEI qui a fait ses preuves, pour qu'elles puissent accompagner réellement le développement d'innovations qui bénéficieront directement à l'ensemble de la société ? L'État pourrait ainsi non seulement encourager des innovations majeures permettant de faire face aux défis de notre temps, soutenir la création d'emplois, la compétitivité et l'attractivité de la France, mais également bénéficier des économies directes et indirectes significatives qu'elles engendrent.
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Dans cette perspective, notre proposition consiste à transformer le dispositif de Jeune Entreprise Innovante (JEI) en y intégrant une nouvelle catégorie, celle de Jeune Entreprise Innovante à Impact (JEII). Ce statut serait accessible automatiquement aux jeunes entreprises dont la législation reconnaît l'utilité sociale et environnementale des solutions développées - sociétés commerciales de l'économie sociale et solidaire et structures agréées ESUS. Cela permettrait d'aligner le soutien public avec les objectifs sociétaux, en plaçant les innovations écologiques et sociales sur un même plan que celles de rupture et à forte rentabilité.
Cette réorientation permettrait des économies concrètes grâce à l'activité des entreprises à impact. En soutenant les JEII, l'État pourrait ainsi jouer un rôle déterminant pour faire émerger de nouveaux champions français de la transition, tout en garantissant une gestion rigoureuse et efficace des ressources publiques.
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(*) Premiers signataires :
Collectif (*)
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