La détestation des riches, une « nouvelle » ancienne mode dangereuse

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Marc Guyot et Radu Vranceanu.
Marc Guyot et Radu Vranceanu. (Crédits : DR)
OPINION. La critique des riches est redevenu un leitmotiv commode au nom des moins favorisés. Mais elle ne s'interroge jamais sur la question de l'origine de la richesse, qui est souvent le signe d'un dynamisme de l'économie qui profite à tous. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l'ESSEC.

Le mépris des riches est une composante stable de la rhétorique planiste et collectiviste qui place l'égalité comme une valeur suprême autant qu'une priorité impérieuse. Dans les anciens pays communistes de l'Europe de l'Est, les salaires de toutes les professions étaient décidés par l'Etat, de telle sorte qu'un chirurgien ou un professeur d'université ne gagnent pas plus que deux fois le salaire d'un travailleur à la chaine, acclamé comme « productif ». La police politique et la justice du régime veillaient à ce que personne ne vive au-dessus des seuils autorisés par le Parti. Les régimes communistes de Cuba et de Corée du Nord prônent toujours ce même égalitarisme.

"Gilets rouges"

Cet égalitarisme a retrouvé un regain de forme comme l'illustrent les propos de divers intellectuels occidentaux prônant une distribution beaucoup plus égalitaire des revenus. La France est donnée comme exemple de vertu car c'est le pays où la redistribution fiscale gomme le plus d'inégalités de salaire. Pourtant, la quasi totalité des politiciens de gauche ne cessent de réclamer une redistribution encore plus forte. Emmanuel Macron est présenté comme le « président des riches » pour avoir limité l'ISF au seul patrimoine immobilier. Si la révolte des gilets jaunes de la première vague a été provoquée par un ras-le bol fiscal, la seconde vague a muté en « gilets rouges » réclamant plus d'impôts pour les riches.

Dans ces positions, la question de l'origine de la richesse n'est pas traitée. La richesse est posée comme existante, puis anormale enfin agressive et injuste au regard des moins favorisés. L'absence de réflexion sur l'origine des différences de salaires empêche la réflexion libre sur son rôle dans le bien-être collectif et transforme le débat en échange émotionnel sur l'égoïsme et l'injustice plaçant les riches du côté obscure. Prenons le cas de deux frères jumeaux, ayant reçu la même éducation familiale et les mêmes conditions d'accès au monde du travail. Ce que chacun deviendra socialement va dépendre de leurs choix d'études et de carrière, ainsi que de divers éléments aléatoires. Supposons que l'un devienne un sportif de haut niveau et l'autre un cadre d'entreprise gagnant dix fois moins. Il est évident que cette situation d'écart de revenu, fut-il élevé, entre personnes riches et très riches ne nécessite pas d'intervention correctrice de l'Etat autre que des impôts relativement plus élevés pour le plus aisé. En revanche, niveler les gains semble injuste dans la mesure où les différences ici proviennent de choix personnels et de talents plus ou moins utilisés.

Couverture sociale minimale

Beaucoup de gens naissent dans des milieux et des contextes défavorables rendant plus difficile la mise en valeur de leurs talents et de leurs efforts, comparée à des personnes naissant dans des milieux et contextes plus favorables. Ensuite, au cours de la vie, divers types d'accidents économiques, familiaux, de santé, peuvent fortement perturber l'exploitation de ses talents par une personne. L'exploitation réussie de ses talents ne peut donc pas être la seule clef de répartition des richesses. C'est pourquoi dans tous les pays développés et particulièrement en France existent une couverture sociale minimale pour tous et divers dispositifs sociaux de couverture contre les risques majeurs. De même, les plus riches participent davantage que les moins riches au financement de ces dispositifs.

Un autre élément manquant du pseudo débat sur la dangerosité présumée de l'inégalité des revenus est l'impact sur le bien-être social de la recherche réussie de richesses par les individus. De ce point de vue, la richesse personnelle signale une contribution réelle à l'économie et contribue à sa dynamique de croissance. Nous n'évoquons pas ici le principe de « ruissellement », mais le fait que celui qui s'enrichit ne peut le faire qu'en contribuant au développement de l'économie. De la même façon que le profit est à la fois la manifestation de la bonne gestion d'une entreprise et sa récompense, une rémunération élevée est, de même, la manifestation d'une exploitation réussie de ses talents par un individu et sa récompense. L'un et l'autre, profit et rémunération, sont les sources des avancées économiques de la société et leur récompense. Dès lors, amenuiser les possibilités de rémunérations élevées met en danger la capacité même de la société à progresser économiquement et à assurer un rythme suffisant de création de richesses et d'emplois. La richesse de l'entrepreneur, qu'il soit à son compte ou à l'intérieur d'une organisation, se justifie pleinement car, la mise en place réussie de ses innovations de produit ou de process, permet de mieux répondre à une demande et fait bénéficier toute la société de produits et de services meilleurs.

Stigmatisation puérile

Le Débat National gagnerait à cesser d'être pollué par la stigmatisation puérile des riches, pour se poser la bonne question des moyens avec lesquels les moins favorisés puissent avoir plus de chances de réussite professionnelle. Une école gratuite, performante, au service des élèves, constitue le fondement de ce succès social. La possibilité de lancer son activité, que ce soit une petite activité de service ou une startup, avec une fiscalité allégée et des possibilités de financements plus efficaces représente l'autre fondement. Sur ces deux points, le chef de l'Etat va plutôt dans la bonne direction et doit rester ferme, car cela semble aller contre une bonne partie de sa majorité.

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a écrit le 12/03/2019 à 19:52 :
Pour moi ce n’est pas une détestation mais un «  ral bol » car ces «  gens » ne veulent pas «  évoluer » ne veulent pas progresser et «  reste accroché à leurs privilèges «  qu’ils font voter en amont «  par leurs potes bien placés « 

En faisant ça ils croisent «  que c’est normal «  alors qu’ils font du mal aux autres et à eux- même aussi car «  c’est un droit qu’ils n’ont pas en réalité « 

Mais comme ils connaissent les rouages : ils l’exploitent

Ce sont ces «  actes » en société qui détruisent l’égalité et créer les inégalités.

Leur avidité fait pitié à l’écho du vide à l’intérieur de eux- même ...
a écrit le 12/03/2019 à 14:07 :
Il est aisé de laisser entendre qu'il existerait une "détestation des riches" portée par le plus grand nombre composé de ratés et d'envieux. Ce qui est contesté c'est l’accaparement de richesses par une minorité qui ne doit rien à son talent, ses capacités, son intelligence. Mais qui profite de ses relations, des ses origines sociales, de son héritage. Est-ce normal que les héritiers de grandes fortunes (souvent eux-mêmes sans aucun don) profitent de la totalité de celles-ci sans aucune redistribution ? Est-ce normal que des sportifs, acteurs, écrivains grands publics, chanteurs gagnent en un an ce qu'un salarié moyen ne gagne pas en une vie de travail ? Est-ce normal que d'anciens hommes politiques cumulent retraites et salaires ?
a écrit le 12/03/2019 à 13:23 :
Sacré libéraux, vous avez encore tellement besoin du communisme pour justifier votre idéal, vos discours sur la liberté et vos nombreux arrangements avec la réalité. Vous n'êtes pas au courant, que ce courant de pensée est quasi disparu? Vous le maintenez en état de mort cérébral, pour continuer à vous "battre" (contre qui? ) pour le grand marché libérateur. On vit , on respire et commerce dans votre idéal. ça n'est pas idéal. Mais ce sont vos idées qui gouvernent . Je pourrais être d'accord avec le fond de l'article, mais malheureusement, on vous voit souvent justifier la violence économique contre les plus pauvres.Comment s' étonner que ceux-ci n'aient pas confiance, alors ?
Bah, je ne sais même pas pourquoi, je m'embète, 25 ans que j'entends vos discours. Mais vous avez tellement besoin d'adversaires, que je fait un don. C'est pour le petit personnel
a écrit le 12/03/2019 à 7:58 :
Oui, le communisme influence toujours en France c'est une évidence.Il est bien évident que les riches qui consomment dans un pays versent beaucoup plus de TVA que les moins riches et paient un impôt sur le revenu plus important également. Le communiste ne veut pas comprendre qu'il s'agit d'un impôt sur le revenu qu'il soit du capital ou du travail. sauf si le capital lui appartient.Sa devise étant s'agissant du capitalisme"exploitation de l'homme par l'homme" celle du communisme étant l'inverse,il peine........
a écrit le 11/03/2019 à 20:12 :
La richesse est principalement héritée. Elle n'a rien généralement rien à voir avec le mérite. Pourquoi ne pas l'écrire?

Un célibataire qui a étudié et travaille dur et qui gagne 3000€ par mois est aussi fiscalisé qu'un rentier qui encaisse des dividendes.

On ne peut confondre les revenus du capital avec les revenus du travail, dans une analyse économique.

A titre personnel j'ai du mal a comprendre que mes dividendes et plus values soit moins imposés que mes heures sups!

Le dénoncer est un bon sens économique.

C'est étrange que les auteurs ignorent ces éléments de de base, tout comme le fait qu'un excès d'inégalité est néfaste pour la croissance.
Réponse de le 12/03/2019 à 11:56 :
La richesse héritée est passée sous les fourches du fisc, et quand elle n'est qu'un héritage sans travail, elle est dillapidée en 2 générations.
Réponse de le 12/03/2019 à 12:06 :
Non seulement il oublie de manière bien commode tous ces éléments, mais il ne cite absolument aucune source pour appuyer ses affirmations péremptoires.

Bref, aucun intérêt.
Réponse de le 12/03/2019 à 17:25 :
La vérité dérange?
a écrit le 11/03/2019 à 19:20 :
Il y a un grand impensé dans votre plaidoyer. Celui du pouvoir. La richesse en effet, est synonyme de pouvoir, et parfois de très grand pouvoir. Ce pouvoir est-il légitime ? Est-il excessif ? Est-il compatible avec l'idée de démocratie ? Un homme, une voie. Ou un dollar, une voie ?
a écrit le 11/03/2019 à 19:01 :
La stigmatisation des riches est au coeur de tous les populismes avec pour corollaire le rejet des élites. Ce qui domine c'est l'idée d'une prédestination sociale qui répartit immuablement la société entre un haut dominant et un bas dominé: le peuple. C'est une vision réductrice de la complexité des structures d'une société dans laquelle les élites sous l'effet de ce qu'on appelle la méritocratie républicaine se renouvellent en permanence. Certes ce renouvellement des élites ne s'effectue que trop parcimonieusement, notamment au plan politique ou au niveau du recrutement de ce qu'on intitule " la noblesse d'État ". C'est cette frustration qui suscite l'exaspération des gilets jaunes. Il appartient aux élites pomitiques d'apporter les réponses à ces blocages de la mobilité sociales.
Réponse de le 11/03/2019 à 20:19 :
L'analyse des données nous indique plutôt que le renouvellement des élites est un mythe.

Les richesses passent de générations en générations et il n'y a pas de mobilité sociale.

Votre famille de naissance conditionne votre vie.

Il n'y a que peu de liens entre le mérite et la richesse.
a écrit le 11/03/2019 à 18:49 :
A vrai dire le problème n'est pas tant que les riches soient riches, après tout c'est souvent le fruit de leur travail, bien que le plus souvent on naît riche plus souvent qu'on ne le devient par son mérite !

Laissons donc leur argent aux riches et considérons le vrai problème qui est celui du partage des richesses produites. Le capitalisme est construit pour accumuler la richesse entre les mains de ceux qui détiennent les capitaux.

Le drame c'est que si une usine réalise 100 de bénéfices, déduction faite des investissements, 99 est envoyé aux riches et 1 en direction des salariés qui reçoivent le strict minimum pour rester en vie et continuer à produire.

C'est exactement ce que disent les gilets jaunes: "On veut vivre de notre travail et non survivre".

Pour le moment la seule réponse, en dehors des LBD, c'est le discours économique classique et séculaire: compétitivité, ruissellement etc.

Et de plus en plus de gens se rendent compte que cela ne fonctionne pas.
Réponse de le 12/03/2019 à 2:02 :
Dans les entreprises françaises, environ 60 % de la VA est distribué en charges sociales plus salaires.
a écrit le 11/03/2019 à 18:13 :
Bien sur que si
La fortune de quelques uns pose problème
Et pas qu'un peu
Comment peut aujourd'hui encore soutenir le contraire ???
Qu'est ce qu'il vous faut pour ouvrir les yeux ???
Regardez l'évolution du monde ces dernières décennie bon sang
Ouvrez juste les yeux...
Si vous n'êtes pas des gamins en culottes courtes ou des friqués défendant leur statut, vous devez voir
Nous allons tous au mur à cause de quelques uns qui n'en ont jamais assez et dirigent la destinée de tous les autres
a écrit le 11/03/2019 à 18:00 :
A chacun selon son mérite. C'est en tout cas ce qui devrait servir de mesure aux revenus des personnes.
On entend souvent certains représentants de professions nécessitant de longues études mettre en avant cet argument, comme les médecins ou les avocats. L'argument est fallacieux. D'autres font de longues études et ne bénéficient pas d'un sur-salaire, comme les professeurs de collège - CAPES et de nombreux Docteurs en ceci ou en cela.
Les banquiers, les traders touchent de grosses commissions sans autres justifications que les juteux bénéfices que la spéculations rapporte aux riches actionnaires.
Les riches actionnaires, pour la plupart, des héritiers, touchent des dividendes sans mouiller le maillot.
La fortune des uns ou des autres n'est pas le problème. Le problème est que des millions d'êtres humains vivent dans la misère et manquent du nécessaire alors que d'autres vivent dans le luxe et la futilité, sans autre cause que de bénéficier d'un monopole, ou d'être autoriser marchander leurs interventions professionnelles à des malades désespérés ou d'avoir la chance d'être né dans la bonne famille.
"Les hommes et les femmes, sont égaux en droits et en devoirs" mais pas en chance. C'est cela que l'Etat doit compenser.
a écrit le 11/03/2019 à 16:59 :
Nietzsche dans humain trop humain conseille ouvertement aux riches, qui normalement de part leur conditions favorables sont mieux élevés et éduqués que les autres, normalement donc mais on est au 19ème siècle, la situation s'étant de nos jours retournée semble t'il, leur conseillait de ne pas étaler leurs richesses aux yeux de tous car d'une part cela n'apporte rien à soi et ensuite cela pourrait susciter l'idée que seul l'argent est important générant en conséquence une jalousie logique puisque ce sont les riches qui nous disent que posséder est le but de la vie.

Le piégeur piégé.

Heu mais pardon... Nietzsche vous voyez de qui je parle déjà ? :-)
Réponse de le 11/03/2019 à 17:44 :
"une jalousie logique", le "pauvre" Friedrich se retourne ans sa tombe, lui qui méprisait cordialement les deux.
Ce qui ne l'empêchait pas d'être assez riche pour acheter des terres en Amérique du Sud. Rien d'étonnant d'ailleurs car il ne considérait pas la richesse comme une faiblesse, contrairement à la jalousie, l'envie, la convoitise, la bétise que les temps modernes ont élevé au rang de vertus.
"Si tu as moins que tu ne désires, tu as plus que tu ne mérites" (F.N.)
Réponse de le 11/03/2019 à 18:18 :
Ce n'est pas le type qui vivaient de subvention et qui prônait que la morale n'est que pour les faibles, les puissants en étant exemptés parce qu'ils sont forts ? Cette philosophie pour oligarques est celle des hommes que le hasard ou la soif de pouvoir, amènent aux gouvernements des nations, des multinationales et leurs coulissent. Nietzsche n'a pas inventé le concept de l'abus de pouvoir, de la collusion, du népotisme, de la corruption, du totalitarisme, etc.. Il a décrit les mœurs des puissants de son temps et les a justifier par le cynisme (mot issu de "chien").
Ce cynisme qui existait avant lui, existe aujourd'hui et existera tant que le puissants le seront.
Réponse de le 12/03/2019 à 9:18 :
@ multipseudos:

""une jalousie logique", le "pauvre" Friedrich se retourne ans sa tombe, lui qui méprisait cordialement les deux"

Mais de quoi tu parles encore !?

"Ce n'est pas le type qui vivaient de subvention et qui prônait que la morale n'est que pour les faibles, les puissants en étant exemptés parce qu'ils sont forts ? "

Absolument pas.

Passionnant de discuter philosophie avec toi multipseudos hein... -_-
a écrit le 11/03/2019 à 16:30 :
Le vrai problème est peut être que les riches se reproduisent beaucoup moins que les pauvres. C'est d'ailleurs le principal obstacle au "revenu universel", dans la mesure où les enfants de ceux qui en bénéficieraient suivraient naturellement leur exemple.
En tout cas, j'adhère à l'idée que la haine sociale n'est pas la solution ; car si les pauvres détestent les riches, il y a peu de chance que les riches se mettent à aimer les pauvres.
Réponse de le 11/03/2019 à 17:37 :
Oui mais les riches ont besoin des pauvres alors que les pauvres n'ont pas besoin des riches.
Réponse de le 11/03/2019 à 18:14 :
Réponse à Citoyen Blasé :
Qui a besoin de pauvres au siècle de l'automatisation et des robots ?
a écrit le 11/03/2019 à 16:06 :
Même entre eux :


87 ans, et toujours autant de panache. Gérard Mulliez, fondateur et dirigeant du géant de la grande distribution Auchan entre 1961 et 2006, n’a pas gardé sa langue dans sa poche lors d’un déjeuner à Marcq-en-Baroeul (Nord) ce jeudi 7 mars. Devant des centaines de dirigeants d’entreprises, il a ainsi jugé qu’”il est scandaleux de voir la rémunération de certains patrons du CAC 40”, rapporte l’AFP. “Dans leurs affaires, mon père et son frère avaient décidé qu’un patron ne pouvait pas gagner plus de 20 ou 25 fois plus que leurs employés. Ils se le sont appliqués”, a ajouté Gérard Mulliez. Des propos à mettre face à la réalité. Rappelons quand même que Capital a estimé sa fortune professionnelle à 4,22 milliards d’euros en 2018. Sa famille, qui contrôle des dizaines d’autres enseignes comme Décathlon, Boulanger ou Leroy Merlin, pèse pas moins de 45,5 milliards d’euros environ, soit la deuxième plus grande fortune française.“Ce n’est que le cumul d’économies. Depuis 67 ans, la famille a réinvesti 90% de ses bénéfices”, a justifié Gérard Mulliez avant de reconnaître que “ça fait beaucoup d’argent quand on prend le dernier chiffre de la dernière colonne de combien vaut éventuellement l’association familiale Mulliez”. "Mais cet argent n'est pas disponible, les associés qui veulent vendre n'ont pas le droit collectivement de vendre plus qu'un 1% par an", a-t-il précisé. Le fondateur d’Auchan en a également profité pour mettre en garde contre un retour de l’ISF. D’après lui, l’Amérique et l’Allemagne useraient de lobbying pour que la France remette cette taxe en route “grâce à quoi ils vont pouvoir recommencer à racheter des entreprises françaises".Si Gérard Mulliez ne semble pas vouloir d’un retour de l’ISF, l’une des revendications phares du mouvement des Gilets jaunes, il approuve leurs actions. “Ils ont eu raison de sortir”, a-t-il déclaré en mentionnant les manifestants qui ont bloqué les sites du groupe Auchan. Et d’ajouter : “Heureusement qu'il y a des jeunes qui bougent, même s'ils n'emploient pas la bonne méthode. Ils ont coûté extrêmement cher à la France, les entreprises auront souffert, et la nation aura aussi". Justement, ce vendredi 8 mars, Auchan a annoncé que le mouvement des Gilets jaunes avait amputé de 140 millions d’euros son chiffre d’affaires en 2018, qui est en baisse de 3,2% au total sur un an.
Réponse de le 11/03/2019 à 18:05 :
Saint Mulliez, priez pour nous …!
a écrit le 11/03/2019 à 15:56 :
En tout cas,si dans la bouche de certains la lutte des classes a disparu ,le vote de classe lui perdure.Comme avec LREM composée de la bourgeoisie de droite et de gauche (en particulier l'aile droite du PS ) et des centristes ,en gros ,une bonne partie de nos CSP+ qui savaient ou trouver leur interêt financier avec Macron.
Réponse de le 11/03/2019 à 16:39 :
Moins il y a de riches, plus il y a de pauvres.
Réponse de le 11/03/2019 à 17:59 :
Je dirais plutôt plus il y a de riches ,plus il y a de pauvres
a écrit le 11/03/2019 à 14:27 :
Je comprends pas ce que ces deux là viennent faire dans vos colonnes. C'est le vide de la pensée, il n'y a rien, c'est creux, on croirait le café du commerce.

" De ce point de vue, la richesse personnelle signale une contribution réelle à l'économie et contribue à sa dynamique de croissance"
Aucune argumentation, juste de la rhétorique.

"Cet égalitarisme a retrouvé un regain de forme comme l'illustrent les propos de divers intellectuels occidentaux prônant une distribution beaucoup plus égalitaire des revenus." Qui ???

"Dans ces positions, la question de l'origine de la richesse n'est pas traitée. La richesse est posée comme existante, puis anormale enfin agressive et injuste au regard des moins favorisés. L'absence de réflexion sur l'origine des différences de salaires empêche la réflexion libre sur son rôle dans le bien-être collectif et transforme le débat en échange émotionnel sur l'égoïsme et l'injustice plaçant les riches du côté obscure. "

Confusion entre "richesse" et salaires et revenus. En quoi ça apporte du "bien-être collectif", on ne le saura pas, aucune argumentation. Juste des phrases pour faire des phrases. Ils ont bien un métier ces deux là, des sujets de recherche, des choses à présenter non ?

Franchement faut remonter le niveau, là c'est au ras des pâquerettes. Et le début sur la Corée du Nord est grotesque tant elle est caricaturale.
a écrit le 11/03/2019 à 13:19 :
Mais quelle caricature ridicule...

Personne (même pas Mélenchon) ne veut limiter les salaires à 2 fois celui de l'ouvrier de base. Ce qui est dénoncé ce sont les plus gros écarts du type de 1 à 50 ou de 1 à 100. Ce qui ne concerne que quelques milliers de personnes en France.

Alors sauf à croire que la "richesse" du pays ne repose que sur une poignée de personnes, il faut quand même se poser des questions. Car ces écarts menacent à la fois la cohésion des sociétés (et pas qu'en France). Et à la fois les équilibres économiques.

Il y a aussi une question de fond à se poser : a-t-on besoin de la promesse de devenir milliardaire pour entreprendre, étudier, créer, innover, prendre des risques ? Si c'était le cas, il n'y aurait plus ni médecins, ni ingénieurs, ni artistes, ni généraux, ni même chefs d'entreprises, qui savent bien pour la plupart qu'ils n'auront jamais une telle fortune, en Europe comme aux USA.
a écrit le 11/03/2019 à 12:08 :
Messieurs,
La stigmatisation des riches aujourd’hui concerne la concentration extrême des richesses créées ainsi que l’hérédité et la reproduction familiale des richesses grâce à l’héritage et à la dotation en capitaux culturels et sociaux.

L’égalité des chances n’existe pas, les dés sont pipés, et les discours meritocratiques servent à endormir les masses travailleuses en leur faisant miroiter ce rêve.

La possibilité d’entreprendre librement est biensur un préalable à un apaisement de ces tensions mais il serait illusoire de croire qu’il s’agit du fond du problème.

Penser que naître ou devenir riche profite à tous revient a dire que la main invisible est garante de la prospérité de nos sociétés... c’est faux... l’homme cherchera toujours à privilégier son intérêt propre. Sans incitation plus forte à redistribuer et partager, personne ne le fera.

Le fait est que la reproduction sociale est bien trop importante et les vraies classes moyennes ont raison de constater que les riches ne le doivent qu’à la loterie de la naissance.

Cdt, un ancien élève (privilégié).
a écrit le 11/03/2019 à 11:16 :
les US sont censés être LE pays des riches. apparemment cela ne profite pas vraiment à tous : taux de pauvreté très élevé, très fortes inégalités de revenus/patrimoines, stagnation/baisse des salaires réels sur les dernières décennies, faiblesse de la classe moyenne, très faible capacité d'épargne des ménages, montagnes de dettes, faillites personnelles largement dues au coût prohibitif de la santé, très mauvaise santé des Américains, mauvais rapport qualité/prix de l'Education, etc...
pas terrible aussi au UK.
d'un autre côté, la France est la pays le plus équilibré.
a écrit le 11/03/2019 à 11:09 :
Le débat mérite d'être abordé. Merci pour ça.

Cependant, plusieurs points.
Petite introduction sur des régimes politiques, bien loin du débat, l'egalitarisme en France n'a pas attendu Cuba pour être formulé. Soit.

Ensuite vous argumentez sur le fait que cette question relève de la jalousie et du mépris. Ça il faudrait le prouver, cet argument n'est entendu que de la part des libéraux. En quoi un salarié lambda est jaloux quand il réclame une rémunération au dessus du seuil de pauvreté, ou simplement plus proche de la valeur que lui a apporté à l'entreprise ?

Non, vous n'êtes pas jalousés. Non, les gens ne veulent pas tous abandonner les travaux productifs, car ils sont le moteur de la production de la richesse, du confort, de la recherche, de l'innovation.

Vous placez dans le domaine de l'émotion et du ressenti ce qui relève de l'organisation du travail, de la répartition sociale de la décision collective, de la législation, de la fiscalité.

C'est là qu'on peut recentrer le débat, il s'agit de considérer la situation de tous. Pas de se contenter d'un fatalisme méritocratique qui assigne à pauvreté des pans entiers du monde du travail.

Oui, ces gens pourraient changer de métier, étudier, gagner plus. Mais qui prendra leur place ? Un autre salarié. Donc la question reste entière.

Les frères jumeaux s'inscrivent dans un système économique et social, ils ne sont pas deux atomes parcourant le monde de façon égale. Votre vision de l'egalitarisme est beaucoup plus cliché qu'un discours égalitariste lambda.

Une question pour conclure, vu que le fait que les hauts salaires soient très haut serait une preuve de bonne santé économique, est-ce que le nombre élevé d'employés à bas salaire en est un aussi ?
a écrit le 11/03/2019 à 11:05 :
Facile d'être riche et à la portée de tout le monde. Il suffit de travailler et d'économiser : pas de vacances à l'étranger ni à Saint -Tropez, pas de fréquentation des casinos. pas d'abonnement tel, télé, foot etc
Relire la fable de la Fontaine le laboureur et ses enfants.
a écrit le 11/03/2019 à 11:02 :
En Chine, on dit quand les riches s' appauvrissent, les pauvres meurent. (et ils en savent quelque chose depuis Mao)
En France, on préfére mourir pauvres que vivre avec des riches.
a écrit le 11/03/2019 à 10:20 :
Tout cela est vrai modulo deux bémols : le premier est l'héritage qui peut être contesté au motif que l'héritier n'a rien prouvé ni apporté aucune valeur et le deuxième est qu'il faut s'assurer de la possibilité pour tous de vivre décemment ainsi que la possibilité pour tous les enfants d'atteindre les sommets par le talent et le travail. Rien ne dit en effet que l'économie de marché autorise chacun à vendre le produit de son travail à un prix qui lui permette de vivre correctement...
a écrit le 11/03/2019 à 10:07 :
La réaction des riches par le biais de leur porte parole en titre, n'améliore pas leur image de marque dans le mépris!
Réponse de le 11/03/2019 à 11:40 :
Quand les riches quitteront le pays par dégout, le pays s'appauvrira et les moins aisés paieront plus d'impôts.
Réponse de le 11/03/2019 à 17:55 :
Le dégout vient ils des plus pauvres?

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