La prospérité allemande est un cauchemar pour 40% de ses citoyens

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Michel Santi.
Michel Santi. (Crédits : DR)
Bien que l'Allemagne affiche un taux de chômage de 3,6% et un excédent budgétaire massif, la pauvreté gagne une bonne partie des actifs allemands. La montée en puissance des mini-jobs a notamment contribué à une précarisation des travailleurs et à un accroissement des inégalités de revenus. Alors, la prospérité et le taux de chômage en Allemagne : miracle ou mirage ? Par Michel Santi, économiste*.

Le miracle économique allemand a ses côtés sombres, symbolisés par un excédent budgétaire massif de 1.2% du PIB - soit 38.2 milliards d'euros en 2017 - qui plombe les infrastructures du pays qui se trouvent être les moins qualitatives de tous les pays riches et industrialisés. L'épargne publique démesurée allemande induit un sous-investissement naturel à l'intérieur même du pays et contribue accessoirement et de manière substantielle à déstabiliser le commerce mondial.

Les conséquences, pour l'Allemagne, de sa frugalité lui sont d'abord nocives à elle-même puisqu'elle figure annuellement entre la 16e et la 30e place au classement du World Economic Forum pour ce qui est de la qualité de ses infrastructures routières, ferroviaires et même pour l'état de sa connexion internet. Du reste, les pouvoirs publics donnent un mauvais exemple au secteur privé qui restreint, lui aussi et à son image, ses propres investissements dans l'outil de travail comme dans l'entreprise de manière générale.

Le nombre d'heures travaillées par les Allemands en baisse constante depuis 20 ans

Les réformes Hartz, également connues sous "Agenda 2010", mises en place en 2003 et 2005, et largement commentées et analysées par moi au fil de multiples articles et d'ouvrages, n'expliquent pas à elles seules la conjoncture sociale et infrastructurelle allemande très déprimée. Si le taux de chômage atteint désormais des records de baisse dans ce pays, le nombre d'heures travaillées par les Allemands est en baisse constante et régulière depuis 20 ans. Sachons interpréter ces statistiques car il ne s'agit pas là d'un mouvement généralisé des travailleurs de ce pays ayant décidé de réduire leur nombre d'heures travaillées afin de profiter de leur temps libre, dans un contexte national de boom du marché de l'emploi.

1/5e des salariés rémunérés à 11 euros de l'heure

En réalité, l'explosion de la précarité en Allemagne raconte une tout autre histoire car cette déconnexion entre taux de chômage en baisse et réduction du nombre d'heures de travail se traduit par un cinquième des salariés allemands qui sont rémunérés dérisoirement, à savoir environ 11 euros de l'heure.

Non contentes de présider à l'apparition d'une sous-classe de travailleurs - phénomène déjà en soi scandaleux au sein d'une Allemagne censée être riche et prospère -, les autorités de ce pays leur imposent, en outre, des taux de taxation aberrants, comme pour les punir de la misère dans laquelle ils se retrouvent. Ces travailleurs allemands "low cost" doivent en effet s'acquitter d'un impôt de 45% sur leurs bas revenus qui se retrouve 13% au-dessus de la moyenne des autres pays de l'OCDE. En fait, depuis la création de ces statistiques en 2000, c'est les bas revenus allemands qui trônent à la première place du point de vue du niveau de leur imposition.

Angela Merkel a beau affirmer et répéter que les Allemands vivent aujourd'hui « dans la meilleure Allemagne qui soit », elle semble ne pas être préoccupée outre mesure par cette armée de pauvres - voire de très pauvres - concitoyens n'ayant rien d'autre à part leur maigre salaire, aucun actif, aucune propriété, aucune épargne, quasiment rien sur leur compte bancaire. C'est effectivement pas moins de 40% de la population allemande qui se retrouve désormais exclue du mirage allemand et qui - selon un sondage de la chaîne ARD - place désormais les inégalités sociales quasiment au même rang que le problème des réfugiés sur la liste de leurs inquiétudes prioritaires.

___

(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique", "Misère et opulence". Son dernier ouvrage : "Pour un capitalisme entre adultes consentants", préface de Philippe Bilger.

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Commentaires
a écrit le 01/05/2018 à 7:43 :
La précarité en Allemagne c'est surtout pour les étrangers qui travaillent en Allemagne.
Ils les font venir des anciens pays du bloc soviétique, cela évite toutes les dépense liées à la maternité. Ces étrangers sont souvent au salaire minimum, en fait, comme souvent on ne leur paye pas toutes les heures de travail, ils n'ont même pas le salaire minimum.
Les étrangers ne votent pas, ce qui explique les résultats des élections.
Par contre les Allemands mécontents votent souvent à droite, ce qui explique le sucés de la AFD.
a écrit le 17/04/2018 à 7:44 :
"La prospérité allemande est un cauchemar pour 40% de ses citoyens"
et l'excédent chronique et exorbitant allemand, par lequel l'Allemagne assure sa prospérité en exportant son chômage, un cauchemar pour 80% des autres pays de la Zone Euro.
Il suffirait, comme prévu dans les accords, de limiter les excédents et les deux problèmes seraient résolus. Pour réduire les excédents il suffirait que l'Allemagne augmente sa consommation et interdise le blanchissement d'argent par les non-résidents chez elle.
a écrit le 11/04/2018 à 11:57 :
A vous dégoûter de vivre dans un pays riche ?
a écrit le 11/04/2018 à 7:24 :
Le modèle allemand n'est pas applicable en France et les Français ont le droit de choisir leur modèle social sans avoir à se plier au Diktat allemand pour éviter les déficits. Il y a plus de pauvres en Allemagne qu'en France, alors que les Allemands sont en moyenne plus riches que les Français.
Il faut un accord au niveau mondial qui limite dans le temps et le volume les déséquilibres entre pays. Un accord qui rendrait les excédents moins intéressants et même sans intérêts.
L'excédent permanent par lequel l'Allemagne exporte son chômage nous rappelle le « Lebensraum » que Hitler voulait prendre à ses voisins. La loi du plus fort es somme.
Le nombre de suicide en Grèce a doublé depuis la crise et la mortalité enfantine est au plus haut d'Europe. Il faut considérer ce qui se passe dans les autres pays aussi. - Extrait du journal italien « Il fatto quotidiano » Migranti, l’anno scorso (2017) 285mila italiani hanno cercato fortuna all’estero.
D'ici à ce que grâce à l'excédent allemand on nous remette un Mussolini il n'y a pas des kilométrés. -
2,5 - millions de Français vivent hors de la France. La moitié des expatriés sont en Europe. -
a écrit le 10/04/2018 à 19:13 :
M. Santi a peut-être ''oublié'' dans son article un autre aspect important mais un peu embarrassant, c'est qu'il aurait dû prendre en considération le poids du million et demi de réfugiés que l'Allemagne a accueilli ces dernières années et qui compte aussi pour beaucoup dans la proportion de ''pauvres et de démunies'' en Allemagne...

Faut-il rappeler que la France, dans sa grande mansuétude, en a accueilli seulement quelques dizaines de milliers... mais c'est parfaitement normal pour un pays pauvre !
a écrit le 10/04/2018 à 15:20 :
C'est vrai que dans la France de l'idéologie passive on préfère soutenir les chômeurs longue durée et les assistés sociaux au détriment des travailleurs et des retraités.

C'est vrai aussi que travailler pour gagner sa vie avec dignité est une aberration surtout que les Français préfèrent se faire entretenir par l'État... et l'État se faire entretenir par son déficit chronique et sa dette colossale.

C'est vrai que les Français préfèrent travailler moins, et aiment s'absenter du travail dès qu'ils en ont l'occasion au point où c'est en France que l'on travaille (et de loin) le moins d'heures par an dans tous les pays de l'OCDE... mais on aime faire la leçon.

C'est vrai que la France avec deux fois plus de chômeurs et je ne sais plus combien de fois plus d'assistés sociaux, on y vit mieux. Mais on ne compare surtout pas le coût de la vie en Allemagne et celui en France, et encore moins le niveau d'endettement des ménages, des entreprises et de l'État par rapport à son homologue Allemand.

Avec de telles oublies éditoriales, on pourrait laisser croire, laisser dire et presque laisser penser que la France est un véritable modèle pour l'Allemagne... mieux, la France comme le phare idéologique et égalitaire pour tout le monde occidental.
a écrit le 10/04/2018 à 10:50 :
"L’enfer du miracle allemand" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/09/CYRAN/57833 (gratuit)

"La population allemande, appelée aux urnes le 24 septembre, n’a jamais compté aussi peu de demandeurs d’emploi. Ni autant de précaires"
a écrit le 10/04/2018 à 10:36 :
Bonjour,

Je ne comprends pas le fond de l'article :
En Allemagne 20% de travailleurs à 11euros/heure serait un problème.
En France on a en 2017 10% de travailleurs à 9.7euros/heure (source wikipedia)
donc probablement 20% de travailleurs à salaire <11h/h en France
Où est le problème Allemand ??
Réponse de le 10/04/2018 à 10:52 :
"Où est le problème Allemand ?? "

Un peu partout en fait: "Le ministre allemand de l'Intérieur salue la victoire d'Orban " https://www.mediapart.fr/journal/international/090418/le-ministre-allemand-de-linterieur-salue-la-victoire-dorban
a écrit le 10/04/2018 à 7:43 :
bonjour je vie en Allemagne depuis 25 ans j y ai cree 2 sociétés au départ je travaillais 6/7 jours (2 emplois) pour 900 euro, aujourd'hui mon salaire est de 10 fois + important - il est normal de ne pas assister les personnes en classe d age de travailer (à l exeption de famille mono parentale) tout comme de ne pas payer de retraite à ceux qui n'ont pas cotisés - les entreprise ont des contrats sociaux pour retourner aux salariés une partie des bénéfices etc. bref le modèle allemand fonctionne sur le mérite (collectif) et chaque personne qui travaille à une réelle chance, pas de corporatisme, copinage etc à la française - réussir cad être heureux (70% des Allemands le sont étude /2016)se sentir libre épargner vivre tel que l on le souhaite avec de l argent c est très bien - travailler c est mérité - nous traversons tous à moments donné dans notre vie un désert, le mien était en France 🙂
Réponse de le 10/04/2018 à 11:16 :
Ne soyez pas trop dur avec monsieur Santi:il ne sait pas trop ce qui se passe en Allemagne,et il ne sait pas qu'il y a des travailleurs pauvres en France(agriculteurs,artisans ,commerçants et meme fonction publique)
Réponse de le 16/04/2018 à 20:03 :
@Rogger : au contraire il faut être dur avec monsieur Santi et ce genre de (boni)menteurs se prétendant économistes, de la mouvance FI/économistes atterrés (et surtout atterrants).
a écrit le 10/04/2018 à 7:37 :
bonjour je vie en Allemagne depuis 25 ans j y ai cree 2 société au départ je travaillais 6/7 jours (2 emplois) pour 900 euro, aujourd'hui mon salaire est + de 10 fois important - il est normal de ne pads assister les personnes en classe d age de travailer (à l exeption de famille mono parentale) tout comme de ne pas payer de retraite à ceux qui n'ont pas cotisé - pour une entreprise il existe des contrats sociaux pour retourner aux salariés une partie des bénéfices etc. bref le modèle allemand fonctionne sur le mérite (collectif) et chaque personne qui travaille a une réelle chance pas de corporatisme copinage etc à la française - réussir cad être heureux (70% des Allemands le sont étude /2016)se sentir libre épargner vivre tel que l on le souhaite avec de l argent c est très bien - travailler c est mérité il parfaitement possible de vendre des croissants sur le marché pour ensuite créé une startup en info
a écrit le 10/04/2018 à 7:35 :
Ne serions-nous pas en train (bus ou autre) de prendre le même chemin? Moins de 50% des foyers fiscaux l'impôt sur le revenu; si l'on ajoute les retenues à la source (déjà) sur le salaire de base d'un SMIC, on double le salaire net; c'est bien une forme d'imposition, même si ces sommes ne rentrent pas dans les poches du gouvernement.
a écrit le 10/04/2018 à 5:58 :
Je ne comprends pas cette phrase : « Ces travailleurs allemands "low cost" doivent en effet s'acquitter d'un impôt de 45% sur leurs bas revenus qui se retrouve 13% au-dessus de la moyenne des autres pays de l'OCDE. » Que sont ces 45% ?!
Réponse de le 10/04/2018 à 11:02 :
D'un autre côté étant orthodoxe néolibéral vous ne comprenez pas grand chose de façon générale et comme vous n'avez rien à faire des explications, ça ne sert à rien de vous expliquer.

Quand on est buté on est buté...
a écrit le 09/04/2018 à 23:24 :
@ Michel Santi

Pour qui on a éliminé mon commentaire... pour faire plus propre.

Votre papier numérique est très tendancieux et fallacieux. Il faudrait peut-être dire que l'Allemagne d'aujourd'hui comprend l'Allemagne de l'Est d'hier... un fossé gigantesque que l'Allemagne tente de combler depuis 20 ans depuis la réunification... est-ce que c'est si difficile à écrire que ça vous donne des crampes.

Pensez-vous, un seul instant, M. Santi que la France aurait été capable de faire la moitié du chemin parcouru par l'Allemagne en 50 ans... je vous laisse deviner la réponse... et je sais que vous la savez.... je sais.

Vous parlez des salaires misérables de 11,50 euros l'heure à des travailleurs qui sont absolument non qualifiés... et vous préféreriez que les Allemands se soumettent à l'idiotie Française qui consiste à payer les gens à rester chez eux... à magouiller tranquillement au noir... et vous décriez la dignité des Allemands au détriment des piques-assiettes, des tire-au-flanc, des assistés et des fraudeurs et des arnaqueurs de tout acabit en France... cette douce anomalie soviétique.

Très édifiant discours quand on cherche les projecteurs... mais la fierté des Français passent par la reprise en main de leur dignité perdue en 1948 et après lorsqu'ils ont tranquillement baissés leur froc devant les Allemands, les Américains et maintenant des Chinois.... Vous voulez quoi... que la France se dégrade encore et toujours ?
a écrit le 09/04/2018 à 22:52 :
Avoir du boulot et vivre pauvre, c’est le miracle Allemand ...

Le succès de nos voisins germains repose évidemment sur leurs « efforts » collectifs. Ces efforts ont tout de même quelques conséquences, notamment sur l’explosion du nombre de pauvres et de la pauvreté en général.

Dans ce classement, ceux qui « réussissent » souffrent, et ceux qui sont en récession souffrent aussi, comme c’est le cas pour la Grèce, l’Italie ou l’Espagne…

Si la France ne s’en sort pas si mal, c’est uniquement parce que notre modèle social pour le moment tourne à plein, mais pour combien de temps ?
a écrit le 09/04/2018 à 21:25 :
Et ils sont verts de découvrir l'étendu des patrimoines de leurs voisins français ou britanniques, parce que l'immobilier y a flambé sans discontinuer ces 20 dernières années alors qu'il a longtemps stagné outre-Rhin.
a écrit le 09/04/2018 à 19:30 :
Je répond, par avance, à ceux qui peuvent répliquer que les entreprises françaises ont "abusé" ou "gaspillé" en gérant "sans rigueur". Que c'est à cause de ce "gaspillage" que nous sommes obligés de nous "serrer la ceinture". Cela c'est la partie visible de l'iceberg. Il existe une autre version, la SNCF en est un bon exemple. Le monde vers lequel nous allons a été pensé, organisé, planifié. Prenons la SNCF comme une parabole et appliquons la méthode à toutes les sociétés publiques et nous verrons les similitudes: on (les gouvernements de droite et de "gauche") augmentent les charges et objectifs de ces entreprises afin de les rendre inatteignables. Ils accélèrent leur endettement, de plusieurs façons: en ne régalant pas ce qu'ils doivent à ces sociétés, en reportant une part de la dette de L’état sur ces mêmes entreprises, en brouillant leurs objectifs -comme décrit ci-dessus. En quelque sorte, on fabrique le problème. In fine, cela devient "simplement" un problème de statut. Traduisez, si cela ne marche plus, c'est parce que les employés sont trop bien payés et ont trop d’avantages. Mais qui a organisé tout cela? "Les syndicats" répondent les fossoyeurs de ce système. Comment, durant des dizaines d'années nous étions sous un régime soviétique et nous ne le savions pas? C’était les cheminots, les employés d'EDF, de France Télécom, de Sea France... qui choisissait les grands investissements et la politique de la France? Il était tant qu'on nous libère. Cette liberté n'a pas de prix. C'est vrai qu'elle ne coûte rien. Mais rapportera beaucoup, à certains (les "Alpha"), voir "Le meilleur de mondes".
a écrit le 09/04/2018 à 19:08 :
Tout cela est dans l'ordre des choses. C'est bien la société qui nous est promise. Si vous (re) lisez "Le meilleur des mondes" d'Aldous-Huxley Ed. Poche, vous retrouverez l'organisation de la société vers laquelle nous allons, nous marchons. Ce livre, visionnaire (1932), sera complété par un autre ouvrage du même auteur: "retour au meilleur des mondes" tout aussi visionnaire (1958). Pour compléter le tableau, vous pouvez (re)lire l'entretien accordé à La Tribune (20/08/2009) par l'ancien Pdt de la banque HSBC-France, Charles-Henri Fillippi. Il y résume la situation: "nous entrons dans un monde plus inégalitaire", entretien édifiant. Enfin, on ne peut pas dire que nous n'avons pas été prévenus. Le Pdt de la Bundesbank "balance" tout dans une ITW au journal Le Monde, à la suite de la chute du mur de Berlin. Je résume: "maintenant qu'il n’existe plus une menace (soviétique NDLR) les conditions sociales vont changer (par le bas NDLR)".
Nous y sommes et ce n'est pas fini. Il reste les morceaux de roi: la santé, l'éducation, les retraites (quand il y en aura)...
Préparons-nous aux conséquences réelles du Brexit. Le retrait de la Grande Bretagne, n'est pas une "erreur politique", comme présentée par la majorité de la presse. C'est un calcul. Une des premières mesures prise par T. May est la baisse de l’impôt sur les sociétés, qui passe 20 à 10% (-50%) . Même mesure prise par Trump. Pour ne pas mourir de non-compétitivité, les autres pays de la planète vont baisser leurs impôts sur les sociétés. Moins d'argent dans les caisses des États=moins d'investissements sociaux (santé et Éducation pour tous...) et infra structurels (transports, bâtiments publics...). A ce propos, il n'y a qu'à voir l'état de certains ponts et routes aux USA pour comprendre. Résumons nous. On nous montre bien les USA et l'Allemagne, comme des exemples de développement économique. Ce qui va avec c'est leur under développement social. Aldous-Huxley nous annonçait une sous-classe "la réserve des sauvages". Les marxistes annonçaient un "Lumpenprolétariat", aujourd'hui nous avons le terme Politiquement Correcte de "Working poors" (les travailleurs pauvres). Les chiffres du chômage baissent, les pauvres augmentent, cherchez l'erreur... ou le calcul.
a écrit le 09/04/2018 à 18:35 :
Complément d'information: SMIC en Europe, en € (source Eurostat):
Irlande 1614
Pays Bas 1578
Belgique 1563
France 1498
Allemagne 1498
Grande Bretagne 1401
Réponse de le 09/04/2018 à 20:17 :
Portgal 580
Réponse de le 09/04/2018 à 22:00 :
Il faut comparer ces salaires à niveau de prestations sociales équivalent (i.e. Retraite, assurance maladie et chômage...).
Réponse de le 10/04/2018 à 11:55 :
@Ab il faut aussi comparer à parité de pouvoir d'achat. Beaucoup de dépenses (notamment le logement) étant moins chères en Allemagne qu'en France ou au Royaume-Uni, le SMIC permet d'y vivre nettement mieux.
a écrit le 09/04/2018 à 17:59 :
La prospérité allemande est franchement fantasmée dans les médias.
Le pib/habitant des allemand est de 10% supérieur à celui des français, ça reste du même ordre de grandeur. Par ailleurs les allemands savent que le krach démographique va poser problème, ce qui explique certainement leur rigueur budgétaire. Cela dit l'Allemagne a imposé l'austérité aux peuples européens et ça a été un désastre.
a écrit le 09/04/2018 à 17:16 :
Plus facile de voir la paille dans l'oeil du voisin que la poutre dans le sien. La vérité c'est que l'Allemagne a su reconstituer une force de frappe budgétaire qui lui permettra sans difficulté de faire face au prochain retournement conjoncturel, alors que la France est hors de capacité d'engager une politique budgétaire contracyclique. 3% de déficit en haut de cycle, jusqu'où replongerons-nous lorsque la conjoncture ralentira à nouveau ?
Réponse de le 09/04/2018 à 21:08 :
Absolument d'accord avec vous
Réponse de le 09/04/2018 à 22:19 :
l' économie les stats c' est intellectuellement passionnant mais la vraie vie
c ' est l ' humain:
40 % DE TRAVAILLEURS PAUVRES EN ALLEMAGNE, pour la 4 puissance économique mondiale et 1ère européenne et ce au fond vraiment acceptable? n' y a til pas de risques plus que sociaux pour la société quand ceux qui ne possédent rien -donc rien ou pas grand chose à perdre - se rebelleront ou leurs enfants ( l' exemple de la radicalisation sociale ou religieuse de certain s émigrés ou petis blancs...) pensez-vous vraiment être épargné dans 10-20-30 ans?.....
Réponse de le 10/04/2018 à 11:57 :
@brehat : en matière de radicalisation sociale ou religieuse, je crains que la France n'ait malheureusement pas de leçons à donner à qui que ce soit, et en particulier pas à l'Allemagne.
a écrit le 09/04/2018 à 17:11 :
Excellent rappel de données que beaucoup de beaux esprits veulent ignorer. Un jour le socle de la statue allemande s'effritera, au grand étonnement des maîtres penseurs du dogme ordo-libéral.
a écrit le 09/04/2018 à 17:05 :
Vivement la révolution en France et en Allemagne en 2018-2019.
Stop au total capitalisme et au total libéralisme.
Réponse de le 10/04/2018 à 15:42 :
Non :pas de révolution,ça ferait tomber les marchés financiers et ça porterait un coup fatal au crédit qui est bien pratique pour se financer des petits plaisirs
a écrit le 09/04/2018 à 16:59 :
un peu de propagande ne nuit pas, restons donc fair play............
1) le camarade chavez a bien reduit les inegalites au venezuela, en consequence ce pays le plus riche d'amerique latine a desormais 2/3 de sa population sous le seuil de pauvrete 2) la france aime regarder la paille dans l'oeil du voisin, qui prefere mettre les gens au travail mal paye que de parquet les gens dans l'assitanat ad vitam eternam... si on prend les chomeurs francais ' au sens large' , les rmistes, et les assistes de tout poils qui vivent non pas de leur travail mais de subsides ' pas forcement au dela de 11 euros de l'heure', la france est a 40% de pauvres aussi !!!!!!!! 3) un keynesien qui coinstate avec stupefaction que les impots trop eleves c'est bon pour personne, ca fait penser aux keyneseins qui decouvre que l'inflation commence par ruiner les pauvres avant de ruiner les riches ! 4) 45% d'impots pour les misereux, meme georges marchais n'aurait pas ose! voila les tables d'imposition, meme si les Klassen sont un peu complique ca fixe les idees !!! http://www.einkommenssteuertabelle.de 5) le gros problemes des allemands actuellement n'est pas celui que vous pointez, c'est un probleme dont il est interdit de parler pour n'indigner personne......
Réponse de le 09/04/2018 à 21:31 :
Simplement et Churchill ont tous les deux raisons... avec des raisonnements diamétralement opposés ! J'aimerais que l'on résolve enfin cette équation des pensées contraires, cela ferait avancer la politique en France...
a écrit le 09/04/2018 à 16:19 :
Le système allemand serait bon si on lui ajoutait simplement une CSG redistribuée en revenu universel...
a écrit le 09/04/2018 à 15:35 :
Pauvres Allemands ! Leurs 3.5% de chômeurs envient certainement les 8.9% de chômeurs français.
Réponse de le 09/04/2018 à 16:54 :
Le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.
Cela étant, je veux bien vous embaucher dans ma PME pour 1€ de l'heure, si cela peut vous aider à sortir du chômage.
Réponse de le 09/04/2018 à 17:30 :
Selon Eurostat dirigé par la Commission européenne, le taux de pauvreté (moins de 60 % du revenu médian) atteint 17,5 % en Allemagne contre 13,5 % en France . 27 % des emplois allemands sont à temps partiel, ce qui n'est pas pris en compte dans le taux officiel du chômage de 5,2 %. Le dumping social et fiscal allemand permet une compétition économique illégale avec les autres pays de l'UE : c'est mini-jobs et emplois précaires ou chômage .
a écrit le 09/04/2018 à 15:22 :
La course au moins disant social dans la zone euro et en investir les gains en dehors donne un idée de ce que pense l'élite "allemande" au sujet de l'UE de Bruxelles! Une pompe a fric que l'on lâchera bientôt!
a écrit le 09/04/2018 à 15:05 :
Merci monsieur Santi, avec des articles aussi intelligents et des analyses aussi précises on est tranquille on ne vous verra pas à la télé ! Mais au moins on peut venir ici pour se rassasier.

Soit on regarde par delà le bien et le mal et cet accaparement de richesses, capitaux et outil de production dans les mains de quelques uns, générant bien entendu chômage mais surtout précarité comme vous le signalez est certainement une véritable aubaine pour la planète qui menacée directement par les possédants au final voit la consommation générale de bien et donc toute la pollution qu'elle engendre, baisser, meilleur façon de lutter pour notre planète, moins et mieux consommer du coup là c'est imposé.

Soit on pense pérennisation de l'espèce humaine et il est évident qu'avec des gens aussi peu éclairés comme responsables économistes et politiques on est vraiment très mal barré. On a même aucune chance ceux-ci en étant à nous empoisonner directement afin de gagner toujours plus d'argent et vu à la vitesse où ça va j'ai bien peur que cela ne laisse en fait aucune chance à ma proposition précédente.

"L’essence du néolibéralisme" (attention pour les trolls, c'est pas l'essence que l'on met dans la bagnole hein, ne me sautez pas de suite dessus svp, merci) https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609 (article gratuit)

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