nouvelle mini bio (*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d'Art Trading & Finance. Il vient de publier «Fauteuil 37» préfacé par Edgar Morin Sa page...
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OPINION. La sécurité de l'emploi, comme les salaires fixes, sont désormais des reliques car les vagues successives des progrès technologiques fulgurants ont brisé toutes les digues, et c'est tant mieux. Que l'ère du robot soit également celle d'un nouveau contrat social qui consiste essentiellement à couper le cordon ombilical entre travail et survie. Par Michel Santi, économiste(*).
Le travail à plein temps pour un salaire fixe n'existe que depuis une bonne
centaine d'années, et encore pas pour tout le monde, puisque les femmes en
ont été privées un bon moment, y compris durant les périodes heureuses du
plein emploi de la seconde moitié du siècle dernier. Aujourd'hui, la
dérégulation, les délocalisations, l'automation sont toutes synonymes
d'insécurité du travail qui est donc devenu moins bien payé, à temps
partiel, temporaire, saisonnier... La classe moyenne, et les travailleurs
d'une manière générale, semblent avoir perdu leurs repères fondamentaux en
même temps que leurs revenus leur permettant de vivre relativement
confortablement du fruit d'un travail qui n'est désormais strictement plus
acquis, tant pour les femmes que pour les hommes.
L'essor de la technologie est inéluctable
Pourtant, il ne sert plus à rien de tenter vainement de ressusciter les
emplois du passé dans les usines, dans les manufactures et même dans
certains services car l'essor de la technologie est inéluctable. La sécurité
de l'emploi, comme les salaires fixes, sont désormais des reliques car les
vagues successives des progrès technologiques fulgurants ont brisé toutes
les digues, et c'est tant mieux. Que les robots prennent donc tous ces jobs
fastidieux, pénibles, répétitifs qui les accompliront bien plus rapidement
et bien mieux que les armées d'ouvriers souffrant naguère à la manœuvre. Que
l'humain, pendant ce temps, use de ses talents et de son efficience dans des
domaines où il sera en mesure de dérouler ses points forts comme la
communication, la résolution de problèmes, l'art, l'imagination, où sa
valeur ajoutée pour la société sera - certes moins quantifiable - mais
tellement précieuse. Il est en effet bien plus logique de laisser les robots
accomplir des tâches où ils seront plus efficaces que les humains, et bien
plus constructif de laisser les humains s'adonner à des occupations où ils
pourront s'épanouir et ainsi profiter et à leur famille et au tissu social.
Que l'humain pense, qu'il créé, qu'il fonde de nouvelles entreprises et
qu'il conquiert ainsi - non un quelconque emploi - mais cette inestimable
sécurité qui est notre objectif commun, laquelle ne doit pas nécessairement
être la résultante d'un emploi. Au lieu de cela, nos gouvernants démantèlent
activement et avec allégresse le filet de sécurité - qui va de pair avec la
sécurité des revenus - avec des dommages irrémédiables pour notre bien-être,
pour notre santé physique et mentale, pour notre équilibre familial et
social.
Nouveau contrat social
L'alternative est d'accueillir et d'embrasser les progrès
technologiques, de les mettre au service du plus grand nombre, d'apprivoiser
nos peurs instinctives vis-à-vis de ces immenses opportunités afin
d'engendrer in fine une explosion de productivité et un foisonnement de
l'esprit d'initiative humaine. Que l'ère du robot soit également celle d'un
nouveau contrat social qui consiste essentiellement à couper le cordon
ombilical entre travail et survie.
Car nous avons oublié que le but premier de ces percées technologiques fut de
remplacer l'Homme par la machine. Aujourd'hui, nous croulons sous tant
d'abondance que nous pourrions loger, nourrir, éduquer et soigner toute
notre population avec le travail d'une petite quantité d'hommes et de
femmes. Parallèlement, l'organisation de nos sociétés s'avère de nos jours
caduque car la question cruciale qui nous tourmente n'est pas tant de savoir
si nous disposons d'assez de biens et de produits, mais comment procurer du
travail à chacun afin qu'il mérite une partie des immenses quantités des
biens dont dispose la société.
Selon cet ordre établi qui relève d'un autre
temps, celui qui ne bénéficie pas d'un travail est condamné à toutes les
privations, et à toutes les brimades. Eh quoi: est-ce tout ce dont nos
sociétés modernes et prétendument civilisées sont capables à l'heure
digitale et de la robotisation massive, alors que nous n'avons plus besoin
comme au Moyen-Age de fabriquer des marchandises pour vivre ? Ne devient-il
pas impératif de restructurer nos sociétés autour d'une autre valeur que
l'emploi, rendu progressivement obsolète par la fulgurance de la technologie
?
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(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d'Art Trading & Finance.