Il va falloir apprendre à vivre avec les robots
Robert Jules
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« Il ne faut pas avoir peur du robot », assurait Emmanuel Macron, lors du salon Vivatech, l'année dernière. Il n'est pas sûr que l'injonction du président rassure face à l'arrivée massive des robots dans le secteur manufacturier à travers la planète. On en aura un aperçu à la lecture de l'étude publiée par Oxford Economics, intitulée : « Comment les robots changent le monde. Ce que signifie l'automatisation pour les emplois et la productivité ». L'une des conclusions des experts du centre d'analyse et de prospective britannique est que près de 20 millions d'emplois vont disparaître d'ici à 2030 par le recours accru aux robots dans l'industrie manufacturière et les services, en raison du fait que tout nouveau robot remplace 1,6 emploi.
La tendance n'est pas nouvelle - depuis 2010, le nombre de robots a doublé dans le monde - mais elle s'accélère, puisque l'étude estime que depuis 2000, 1,7 million d'emplois ont déjà été détruits, dont 400.000 en Europe, 260.000 aux États-Unis et 550.000 en Chine. Si l'hypothèse d'Oxford Economics se confirmait, la force de travail humain dans le secteur industriel et manufacturier sera réduite de 8,5 % en 2030 par rapport à aujourd'hui, avec des situations différentes selon les pays. Aujourd'hui, un robot sur trois installé dans le monde l'est en Chine, qui devrait en compter 14 millions d'ici à 2030.
L'un des enseignements importants de cette étude est que les services sont à leur tour touchés par cette vague. Jusqu'alors les emplois perdus dans le secteur manufacturier étaient plus ou moins compensés par des emplois dans les services, notamment dans les pays de l'OCDE. Mais avec le développement de l'intelligence artificielle, des secteurs comme la logistique, la santé, le commerce de détail, l'immobilier, les loisirs ou encore les transports, vont perdre des emplois. Quant aux économies émergentes, notamment celles qui ont une main-d'œuvre abondante à faible compétence, l'impact sera plus fort, avec deux emplois supprimés pour un robot.
Robert Jules