Automatisation : l'emploi et les compétences au centre des inquiétudes

La place des robots sur le marché du travail pourrait transformer profondément les métiers de demain dans l'industrie. Face à cette mutation, la formation aux outils de demain devient un enjeu central pour les opérateurs et les cadres du secteur industriel.
Grégoire Normand

4 mn

Les études annoncent une hausse importante des métiers automatisables.
Les études annoncent une hausse importante des métiers automatisables. (Crédits : GettyImages)

Sur le front de l'emploi, le déploiement de l'industrie du futur suscite régulièrement de vifs débats. Les travaux récents montrent une hausse importante des métiers automatisables dans les prochaines années ou décennies. Le cabinet Roland Berger estimait dans un rapport que 42% des métiers étaient automatisables d'ici à une vingtaine d'années. Selon une autre étude de l'université d'Oxford, « 47 % des emplois aux États-Unis connaissent un risque accru d'automatisation dans les vingt prochaines années ».

Si les chiffres et les méthodes utilisées dans ces rapports sont loin de faire l'unanimité, beaucoup de spécialistes s'accordent à dire que le contenu des emplois et les compétences requises sont amenés à grandement évoluer.

« Ainsi, si l'automatisation peut avoir un effet négatif à court terme sur l'emploi, les gains en termes de productivité, de compétitivité et de qualité peuvent conduire l'industrie qui a modifié ses procédés de production à capter de nouvelles parts de marché et donc à se développer sur le long terme », souligne l'institut Montaigne dans son récent rapport.

Tout l'enjeu des prochaines années va reposer sur la formation, comme le souligne la chercheuse Anaïs Voy-Gillis :

« Il y a des types d'emploi qui vont être détruits mais il y a de nombreux emplois qui sont en train d'être créés [...] Tout l'enjeu est que le système de formation public et celui à l'intérieur des entreprises avec la formation continue soient capables d'accompagner ces ouvriers dans ces montées en compétence et aussi de former aux métiers de demain. »

Lors d'un événement récent organisé dans les locaux de France Stratégie, le président du conseil de surveillance de PSA, Louis Gallois, a rappelé que « les entreprises françaises ont des difficultés à avoir accès à des compétences ». Actuellement, les tensions de recrutement chez les industriels sont déjà très visibles et pourraient s'amplifier si l'offre de formation ne permettait pas de répondre à tous ces besoins.

Pour David Cousquer, « l'industrie du futur est une industrie où les objectifs de production sont plus petits, plus technologiques, où la part du travail et des salaires est encore plus faible que dans les usines traditionnelles. Les employés doivent être plus qualifiés. »

Être formés aux outils de demain

Sur le plan de la formation, les partenaires sociaux ont fait quelques propositions ces derniers mois afin de faire face aux mutations engendrées par les technologies sur l'organisation et les formes de travail. D'ailleurs, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait souligné que « le cœur de l'industrie du futur, ça ne doit pas être la technologie mais le travail et les compétences ».

La CFDT métallurgie a d'ailleurs fait quelques propositions dans un récent Livre blanc consacré à l'industrie du futur. Le syndicat préconise entre autres de réaliser plusieurs scénarios de changement du travail, en partenariat avec les salariés. À l'Alliance Industrie du futur, les préconisations pour adapter les compétences des salariés se multiplient également. Pour Bruno Grandjean, président de l'Alliance pour l'industrie du futur « coordonner et développer les formations directement connectées aux besoins des entreprises permettra de faciliter le passage de l'ensemble des industriels français vers l'industrie du futur ».

Les métiers d'encadrement sont également amenés à évoluer. Dans une étude publiée au mois d'octobre, l'Association pour l'emploi des cadres (APEC) notait que les ressources humaines appelaient à une montée en compétences de leurs salariés dans de nouveaux domaines d'expertise (bâtiment intelligent, cybersécurité industrielle, intelligence artificielle, réalité virtuelle-réalité augmentée, simulation numérique). En effet, le nombre d'offres d'emploi en lien avec ces technologies est en hausse.

Pour faire face à ces transformations, les cadres interrogés par l'organisation soulignent la nécessité d'être formés aux outils de demain lorsqu'ils anticipent une reconfiguration de leurs métiers par le numérique.

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Les robots sauveront-ils l'industrie ? Retrouvez les autres articles de notre Dossier spécial dans La Tribune Hebdo n°268 daté du 9 novembre 2018 :

H268

Grégoire Normand

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Commentaires 13
à écrit le 13/11/2018 à 0:44
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Ben ils sont tous à caqueter comme la poule qui a trouvé un couteau, l'automatisation débute avec l'emploi des transistors au silicium pnp npn vers 1964 1966, les premières décades la technologie ttl, (héritage de la course à l'espace). Déjà en 1972...

à écrit le 12/11/2018 à 19:19
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Fabriquer des robots ne se décrète pas, comme bien d'autres choses d'ailleurs, ce gouvernement ainsi que ceux qui l'ont précédé s'est clairement prononcé pour le fonctionnariat über alles, en d'autre termes les carottes sont cuites.

à écrit le 12/11/2018 à 16:57
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Si les entreprises cherchent du personnel compétent, elles n'ont qu'à traverser la rue...

à écrit le 12/11/2018 à 16:29
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Créer la précarité ça sert à se débarrasser des dérangeurs( syndicats revendications...) L’humain a moins de valeur que l’argent L’argent est au- dessus de tout d’où la création de la robotisation ( dernière étape de leur utopie)

le 13/11/2018 à 4:38
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Cette préférence Française pour la stabilité dans le chômage de longue durée à la précarité relative dans le travail continue à me laisser perplexe. De plus, les pays qui ont le plus de robots sont aussi ceux qui ont le moins de chômage.

le 13/11/2018 à 10:37
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@Curiale Les pays les plus robotisé sont aussi ceux qui ont un solde démographique déficitaire (Corée du sud, Japon, Allemagne). De plus il ont le plein emploi mais à quel prix? La précarité au travail n'est pas valorisant surtout jusqu'à quatre-vin...

le 13/11/2018 à 14:08
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@MRrGreed Je ne pense pas que le chômage de longue durée soit plus valorisant qu'un travail sans CDI, mais je conviens que c'est subjectif et trés Français. Il me semble par contre évident que les opportunités de rebonds sont infiniment plus impo...

le 14/11/2018 à 11:06
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Certes les USA sont mieux équipé que la France, mais leur taux de chômage n'est pas spécifiquement meilleur que le notre, leur méthode de calcul est différent de celui employé en Europe, et une bonne portion de la population correspond bien aux emplo...

le 16/11/2018 à 3:49
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@MrGreed En utilisant des statistiques O.C.D.E. calculées de la même maniére, la France est bien moins bien classée que les U.S.A. - voir https://data.oecd.org/unemp/long-term-unemployment-rate.htm D'autre part, dans les pays où le marché du t...

à écrit le 12/11/2018 à 14:50
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Ânerie monumentale ! On nous fait miroiter un avenir très inquiétant ressemblant plus à de la science-fiction qu'à du concret (d'ailleurs, pas le moindre exemple dans cet article curieusement !) alors que les "élites" de l'industrie ne sont déjà pas ...

le 12/11/2018 à 20:26
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Et en plaquant d'horribles planches de bois, on obtient même un "éco-quartier" en "éco-béton" sur "éco-goudron" ! (Vu sur une ancienne zone humide et inondable dans ma précédente commune... ils n'ont quand même pas parlé d'éco-béton et d'éco-goudron,...

à écrit le 12/11/2018 à 11:24
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J'aimerais tant que ces "experts" m'indiquent combien de temps un "nouveau métier" résistera à l'optimisation puis l'automatisation. Déjà que les nouvelles technologies n'ont pas créées tant de nouveaux métiers que ça, l'essentielle de métiers d'a...

à écrit le 12/11/2018 à 9:22
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Tant qu'il n'y aura pas un plan à l'échelle nationale voir européenne mais que demander encore à un cadavre, afin de penser l'évolution du travail de demain hélas nous ne pouvons que craindre la dictature des actionnaires milliardaires imposant une m...

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