Sortir des caricatures sur le Brésil

Le Brésil fait souvent l'objet de caricatures. Au point d'oublier son extraordinaire décollage au cours des dernières années. Revenir sur son histoire permet de mieux comprendre ce qu'est le pays aujourd'hui. Par Rodrigo Loureiro, avocat aux barreaux de Paris, Rio de Janeiro et São Paulo, président de la Commission Internationale de l’Ordre des Avocats du Brésil,

11 mn

(Crédits : reuters.com)

Dans les années 1930, le Brésil n'est qu'une République de fermiers, dans la droite de ligne de l'Empire. Aujourd'hui, ce pays partage avec la France le rang de 5ème puissance économique mondiale. Pendant ces trois derniers quarts de siècle, il a vu se multiplier par dix sa population et par cent sa richesse. Avec un taux moyen de 5%, c'est le pays qui a connu, durant cette période, la croissance la plus forte au monde, dépassant même celle des Asiatiques.

Comment rendre compte de cette gigantesque transformation économique et sociale qui a permis à cette nation de quitter sa position périphérique pour rejoindre pleinement la cour des Grands ?

La Révolution de 1930 : naissance de l'identité brésilienne

C'est de la Révolution de 1930 que provient la grande transformation qui a cassé la structure existant sous l'ancienne république. Pour la première fois, émergent un discours de nation unifiée, et avec lui, une authentique identité brésilienne. Dans ce contexte, se produit, entre autres, la première avancée industrielle qui a participé de cette identité.

Ce projet de nation en gestation pourrait être perçu comme le résultat d'une effervescence générale qui se cristallise dans la Semaine d'Art Modernes de 22, sorte de cri d'affirmation d'un pays qui a trouvé sa propre identité, en coupant les liens avec la culture des anciens colonisateurs. En effet, se fait jour une originalité brésilienne avec, par exemple, pour la musique classique, les œuvres de Villa-Lobos, pour la peinture, celles de Portinari, ou encore les travaux de penseurs comme Sergio Buarque de Hollandal et Gilberto Freire. Cette émergence d'une culture originale est le fruit d'une assimilation et d'un brassage de tous les héritages culturels par le Brésil, qui a accueilli, au fil de son histoire, des hommes du monde entier.

L'Ère Vargas ou l'essor de l'industrie

Entre 1930 et 1945, la dictature lance les bases de ce développement et ce faisant, pose les fondations sur lesquelles le Brésil d'aujourd'hui est bâti.

Si, du point de vue politique, Getulio Vargas a tout du dictateur (centralisation de toutes les décisions, persécution de ses adversaires politiques, censure de la presse), du point de vue économique, il a repensé le pays avec l'ambition d'en faire une puissance mondiale. Pour cela, il souhaite mettre fin au règne des produits importés en développant le parc industriel brésilien, jusque-là réduit essentiellement à des industries de textiles et de produits basiques fondées par des immigrants italiens. Il crée par exemple la Compagnie de Sidérurgie Nationale, devenue symbole de son époque, et Petrobras.

Ces créations s'accompagnent d'un nationalisme exacerbé : avec ce développement, c'est l'idée que le Brésil est appelé à devenir une grande nation qui s'impose dans l'inconscient collectif. Parallèlement à ces initiatives économiques, Getulio Vargas se livre à des réglementations dans le domaine du droit social, un droit qui restera en vigueur jusqu'à la fin du XXème siècle, et qui est notamment l'un des premiers au monde à proposer l'établissement d'un salaire minimum.

C'est donc paradoxalement durant la dictature que se créent les bases de ce qui sera le deuxième grand cycle de développement économique, avec l'arrivée de la démocratie dans les années 50.

À l'ère démocratique : les années Bossa Nova

Sous la démocratie, Juscelino Kubitschek (désormais nommé « JK ») voit l'arrivée d'une classe moyenne au rôle majeur sur la scène politique et économique. JK profite des bases solides posées par Vargas - notamment au niveau des infrastructures - pour servir avec ténacité son objectif et mot d'ordre, le développement du pays, lequel passe par celui d'un parc industriel digne de ce nom. Pour ce faire, il invite à s'établir au Brésil les premières entreprises de voitures - telles que Volkswagen - et des entreprises d'électroménager.

Cette haute opinion insufflée par Vargas d'un Brésil appelé à être un pays puissant sur la scène mondiale se consolide chez les Brésiliens, déjà optimistes de nature : cette foi dans la grandeur future de leur nation se traduit par la construction de Brasilia, devenue capitale du pays.

Cette fondation de Brasilia représente le mouvement vers le centre du pays, qui était jusque-là un grand plateau totalement vierge. Brasilia draine alors toutes sortes d'activités, une grande partie de la population -concentrées jusqu'alors sur les côtes - ainsi que le pouvoir politique. Cette région, auparavant désertique, devient, grâce aux recherches de l'Institut Embrapa (Institut de recherches agronomes) et à un climat exceptionnel, un véritable grenier mondial qui détient aujourd'hui les records internationaux de production et productivité agricoles.

Consolidation de l'identité brésilienne

La période du gouvernement JK peut être vue comme la consolidation de l'identité brésilienne, synthèse de toutes les caractéristiques de la nation, qui avait déjà, à ce stade de son histoire, le projet d'être une nation plurielle, ouverte à toutes les influences étrangères, ainsi qu'en témoigne l'accueil massif des immigrants, lequel a contribué à l'augmentation de la population d'à peu près 20% dans le courant du siècle.

Ce mouvement de mélange, constitutif de la brasilité, se retrouve au niveau même des élites brésiliennes : celles-ci ne sont pas toujours le produit de la reconduction d'une hiérarchie immuable mais proviennent au contraire pour beaucoup d'origine sociale très basse, d'où un attachement des Brésiliens à la mobilité sociale. En outre, la foi dans le travail et la confiance dans la réussite ont produit une classe moyenne forte et productive. Soixante ans plus tard, ce sera d'ailleurs un ouvrier né dans la partie la plus pauvre du Brésil, Luiz Ignacio Lula da Silva, métallurgiste et leader syndicaliste, qui accèdera à la Présidence - exemple le plus éloquent de cette mobilité sociale régnant au Brésil, terre de toutes les opportunités.

La fin des années d'or et la tension de la Guerre Froide

Après les années JK, la scène mondiale se voit scindée par la Guerre froide et les tensions internationales se répercutent au Brésil qui voit l'arrivée d'un président prosoviétique, João Goulart. La classe moyenne est alors effrayée de voir le pays tomber entre les mains des communistes, alors qu'au même moment la crise économique s'aggrave. Cette conjoncture donne lieu à la « Révolution de 64 » que certains qualifient même de « coup d'état », car appuyé par l'armée.

Jusqu'en 1985, se prolonge cette période militaire pour le moins ambivalente : très sombre sur le plan des libertés individuelles - avec, par exemple, la persécution des opposants à la gauche - cette période est, en revanche, sur le plan économique, marquée par une croissance dépassant les 10% dans les années 70. Le gouvernement militaire renforce l'autosuffisance du parc industriel en interdisant même d'importer quel que produit que ce soit. Grâce à des plans pluriannuels, des œuvres titanesques peuvent voir le jour, telles que des grands barrages, l'autoroute Transamazonienne ou le pro-alcool (programme d'utilisation d'éthanol pour les voitures).

Mais ce climat d'euphorie économique ne fait pas oublier le manque de liberté contre lequel s'indignent les mouvements artistiques et culturels, ce qui se traduit par l'apparition du « Mouvement tropicaliste » qui pourrait être considéré comme une nouvelle « Semaine d'Arts modernes de 22 », contestant la dictature et défiant les limites fixées à la liberté d'expression.

De la grande crise mondiale du pétrole des années 1978, le Brésil, encore dépendant de l'importation, commence alors à ressentir les premiers impacts dans son économie florissante, qui était la véritable raison du soutien à l'armée. L'environnement économique connaît une détérioration, avec l'augmentation des taux d'inflation et la diminution des taux de croissance. C'est d'ailleurs l'hyperinflation qui aura raison du régime militaire. Dans tout le pays, éclatent des manifestations populaires réunissant des milliers de personnes qui réclament des élections présidentielles directes. Ce mouvement populaire est connu sous le nom de Diretas Ja ! (« Des élections directes maintenant ! »).

Ce climat de contestation gagne l'Assemblée nationale et c'est un président civil - le premier depuis 1964 - qui est élu : Tancredo Neves s'engage alors à opérer une transition, avec la convocation d'une Assemblée nationale constituante pour 1988. C'est à elle qu'il reviendra de décider non seulement du régime et de la forme des élections mais aussi de toutes les autres organisations de l'État, ce qui figurera dans la constitution de 1988.

Cette constitution est considérée comme la plus détaillée au monde. Garantissant tous les droits fondamentaux et sociaux, elle marque toutes sortes d'avancées dans différents domaines (création d'un système unique de santé - SUS -, restructuration du pouvoir...). Résultats immédiats de cette constitution, des élections présidentielles et générales se déroulent en 1989, ce qui ne s'était pas produit depuis 1960.

L'inauguration de la démocratie - La nouvelle république - VI République

Dans le contexte mondial néo-libéral, le Brésil élit un président jeune - Fernando Collor - voulant récupérer tout le temps qu'il considérait comme perdu sous la dictature, d'où sa rapidité à proposer des réformes.

Fernando Collor pose comme prioritaire la lutte contre l'inflation. Par ailleurs, il met sans cesse au défi l'efficacité de l'industrie nationale, avec l'ouverture du pays aux importations, et ce, afin de mettre en concurrence une industrie qui avait connu vingt ans un marché protégé. Mais entre l'ampleur des défis qu'il a fixés au Brésil et un manque de soutien politique, il ne peut se défendre des accusations faites à son gouvernement et subit un processus d'empeachement de l'Assemblée Nationale dans le cadre d'un jugement politique.

Le pays connaît un épisode traumatique. La démocratie et les institutions, qui avaient pourtant été renforcées par la constitution, sont mises à l'épreuve et un gouvernement de transition se met en place autour du vice-président, Itamar Franco.

L'inflation est toujours la bête noire du Brésil jusqu'à ce qu'en 1994, sous l'impulsion de Fernando Henrique Cardoso - d'abord Ministre de L'Économie puis Président de la République - la nouvelle monnaie Real y mette fin.

Le grand essor

Ce gouvernement se lance dans l'intégration et la mondialisation de l'économie, en faisant passer un nombre considérable de réformes étatiques ayant pour objectif de moderniser l'administration, avec la création d'agences régulatrices et de structures économiques et financières. Par ailleurs, c'est lui qui lance de nombreux programmes sociaux, tels que les bourses, et qui réussit à faire scolariser 100% des enfants, phénomène inédit dans l'histoire du Brésil.

Par la suite, venu d'un parti d'opposition plus à gauche, Lula, est néanmoins élu avec une certaine admiration de la part de Fernando Henrique lui-même, qui, en tant que sociologue, trouve intéressant pour le pays qu'un homme des couches sociales basses puisse accéder à la Présidence. En dépit d'un discours opposé à la politique économique en vigueur depuis la création du Real, dans les faits, Lula n'en a pas changé les lignes de force, ce qui permet au pays de faire face à la crise de 2002 et de profiter d'une stabilité et d'une croissance régulières.

L'élection de Lula attire l'attention du monde entier en vertu de son parcours. On porte même parfois à son crédit toutes les réussites de cet essor, pourtant initié sous l'administration de Fernado Henrique.

Lula pratique une politique extérieure audacieuse pour faire entrer le Brésil sur la scène internationale mais assez contestable car il noue des relations nouvelles avec des pays bafouant les Droits de l'Homme. À la fin de son gouvernement, il réussit à faire élire Dilma Roussef, première femme à occuper la Présidence, alors même qu'elle n'était pas une politicienne stricto sensu, elle qui travaillait plutôt dans l'administration. Comme l'élection de Lula, l'élection de Dilma marque un tournant : le Président est non seulement une femme mais aussi une personne ayant connu l'emprisonnement et la torture pendant la période militaire.

Ces deux dernières élections - celles de Lula comme de Dioma Roussef - attestent la solidité de la démocratie et des institutions brésiliennes.

 Énormes défis à relever

Le panorama actuel est celui d'un pays ayant réussi à se forger une économie très puissante et à s'imposer comme l'un des acteurs mondiaux. Il lui reste néanmoins d'énormes défis à relever.

Les infrastructures ne répondent plus aux besoins toujours croissants de l'économie. Ainsi, il arrive que la production agricole considérable du pays souffre de retard du fait de l'engorgement portuaire ou routier qui empêche le pays d'être concurrentiel par rapport aux plus grandes économies mondiales. S'avèrent aussi décisives la lutte contre l'insécurité et la corruption. Le peuple témoigne d'un rejet viscéral de la corruption régnant dans les plus hautes sphères du gouvernement, ce qui s'est traduit par l'appui populaire massif à la décision de la Cour suprême lorsqu'elle a condamné 40 personnes impliquées dans le plus grand scandale de corruption connu du pays. Ayant eu lieu sous Lula, mais jugée seulement en 2013, cette affaire témoigne, par cette condamnation des principales figures du gouvernement Lula, d'une volonté d'assainissement des affaires politiques.

Tous ces défis n'empêchent donc pas les Brésiliens de rester fidèles à une de leur caractéristique essentielle, celle d'être un peuple dynamique et profondément optimiste, qui garde foi en son avenir et ne doute pas de la vocation de leur pays à devenir un leader mondial.

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Commentaires 14
à écrit le 25/08/2016 à 0:07
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Le président Goulart était du parti du président Vargas, le PTB, il n'a jamais été prosoviétique ! C'était en fait l'argument employé par l'Armée pour le renverser en 1964, non pas par "ce que certains qualifient même de coup d'Etat", mais par un aut...

à écrit le 24/08/2016 à 18:01
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De nombreux pays font l'objet de caricatures ou bénéficient de légendes tenaces. On mange très bien par exemple aux États-Unis, sorti du burger ou du hot dog; la Grèce d'il a 3000 ans n'a rien à voir avec la Grèce actuelle; le Canada n'est pas sous u...

le 25/08/2016 à 13:49
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On Mange très bien à nyc ou LA quand on a de l'argent Dans des restaus chers ou en faisant des courses dans des bio markets hors de prix. En province, les restaus sont principalement des fast food ou dinners et les courses au wall mart entre viande ...

à écrit le 24/08/2016 à 17:36
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Le plus grand paradoxe avec le Brésil était dans l'attitude de son peuple au JO. Ils ont donné une image d'eux très négative, alors qu'ils incarnent la bonne humeur et des amoureux de la France. Baucoup de brésiliens parlent francais et nous acceuill...

à écrit le 24/08/2016 à 15:01
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Aussi beau qu'un catalogue publicitaire, cette brève histoire du Brésil ressemble à une telenovela, se jouant de la réalité qui est travestie sous des grandes envolées lyriques. C'est tellement beau que l'on a envie d'y croire. Et puis, on se réveill...

le 24/08/2016 à 22:49
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Le Brésil correspond aux deux descriptions qui en sont faites, celle très optimiste du papier de la Tribune et celle aussi moins reluisante présentée dans quelques unes des réponses. Ceci dit, le Brésil est tout cela à la fois et la population est cl...

le 25/08/2016 à 20:33
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Vous ne pouvez pas comparez le niveau de la corruption du Brésil à celui de la France. Citez un seul exemple récent semblable aux montants détournés par Petrobras. La seule extension du métro de Rio a connu une surfacturation de 2,5 milliards de reai...

le 26/08/2016 à 5:06
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A un texte écrit avec érudition, vous avez fait des commentaires superficielles qui démontrent que vous ne connaissez pas ce grand pays qui est le géant sud américain. Je félicite l'auteur de cet excellent descriptif qui nous montre un côté très peu ...

le 27/08/2016 à 4:30
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On voit que vous ne connaissez pas assez bien le Brésil. Sachez qu'au Brésil il y a une vrai séparation des trois pouvoirs de la République - ce qui n'existe pas en France. Sous un gouvernement du Parti des Travailleurs les plus hauts dirigeants de...

le 27/08/2016 à 15:41
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Chère Claudia, vous remettez en question l'indépendance de la justice française, qui est pourtant l'un des piliers de la République, tout comme celle de son parlement, au même titre que de celle du Brésil. Je ne comprends donc pas votre remarque. Des...

le 28/08/2016 à 7:12
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Cher Pedro, Je présume que vous êtes français comme moi. Je suis française et habite au Brésil depuis les années 90. Il est un fait qu'en France il existe le pouvoir exécutif, le législatif et l'autorité judiciaire soumis au pouvoir exécutif. Diff...

à écrit le 24/08/2016 à 13:07
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Article volontairement optimiste, tellement optimiste qu'il se rapproche d'une forme de caricature qu'il prétend dénoncer. Rien (ou si peu) sur la corruption endémique, sur une administration absolument kafkaïenne d'une lenteur hallucinante, sur le m...

le 24/08/2016 à 14:46
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Pas mieux que clairvoyant, j' ajouterais que la description de la destitution de Fernando Color est complètement "décalée"....ce monsieur s'est fait prendre la main dans le sac en tapant allègrement dans la caisse, lui, sa femme qui se promenait en m...

le 24/08/2016 à 17:38
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Avez vous lu l'homme révolté de Camus qui explique comment l'abolition d'un système totalitaire a tendance a mettre en place un autre système mais toujours totalitaire avec des méthodes qui diffèrent peu. Quelquesoit la vocation politique de ce pays,...

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