Soutien de l'UE aux alliances transnationales entre universités européennes

OPINION. L'Europe compte quelque 5.000 établissements d'enseignement supérieur. Qu'il s'agisse d'un centre de recherche, d'un établissement d'enseignement et de formation professionnels, d'une université de sciences appliquées, d'un institut de technologie ou d'une école d'arts, chacun d'entre eux est un pôle de connaissance et d'innovation. Par Mariya Gabriel, commissaire européenne à l'innovation, à la recherche, à la culture, à l'éducation et à la jeunesse et Emil Boc, maire de Cluj-Napoca (Roumanie), rapporteur de l'avis du Comité des régions relatif à la stratégie européenne pour les universités
Mariya Gabriel, commissaire européenne à l'Innovation, à la recherche, à la culture, à l'éducation et à la jeunesse, et Emil Boc, maire de Cluj-Napoca (Roumanie), rapporteur de l'avis du Comité des régions relatif à la stratégie européenne pour les universités
Mariya Gabriel, commissaire européenne à l'Innovation, à la recherche, à la culture, à l'éducation et à la jeunesse, et Emil Boc, maire de Cluj-Napoca (Roumanie), rapporteur de l'avis du Comité des régions relatif à la stratégie européenne pour les universités (Crédits : DR)

C'est grâce à eux que notre continent est mondialement considéré comme un poids lourd de de l'innovation et de la connaissance, qui attire et retient les talents. Nos établissements d'enseignement supérieur constituent une richesse inestimable pour le développement des compétences, et des moteurs pour une croissance durable, l'entrepreneuriat et des emplois de qualité dans toute l'Europe.

C'est déjà remarquable. Mais il existe encore tant de potentiel à valoriser !

Nous avons une vision pour le secteur de l'enseignement supérieur. La vision de campus interuniversitaires européens offrant aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs la possibilité d'une mobilité sans entrave, pour faire émerger ensemble de nouvelles connaissances sur une base transnationale et interdisciplinaire. La vision d'une coopération structurelle, durable, systémique et à long terme en matière d'éducation, de recherche et d'innovation à l'échelle de toute l'Europe.

Déjà 41 «universités européennes»

Cette vision peut paraître ambitieuse, mais, de fait, il existe déjà 41 «universités européennes», soit de vastes alliances transnationales entre des établissements d'enseignement supérieur qui testent, depuis un certain temps déjà, quel type de coopération structurelle, stratégique et durable est réellement possible et le plus profitable à leurs étudiants, leur personnel et leurs communautés.

Afin de soutenir leurs travaux et de promouvoir l'initiative «universités européennes», la Commission a lancé, en novembre 2021, un appel à propositions au titre d'Erasmus+, doté d'un budget record de 272 millions d'euros. Cet appel à propositions visait deux objectifs: le premier était de soutenir les alliances qui existent déjà, pour leur permettre de poursuivre, voire d'élargir leur coopération; le second était de créer de nouvelles alliances.

Le très grand nombre de réponses qu'a suscité l'appel confirme, de la part du secteur de l'enseignement supérieur, un enthousiasme et un engagement qui ne se sont jamais démentis.

Aujourd'hui, nous sommes en mesure d'annoncer que 16 alliances «universités européennes» existantes continueront d'être soutenues par le programme Erasmus+. Et ces alliances ont élargi leur coopération à une trentaine de nouveaux établissements d'enseignement supérieur de toute l'Europe situés principalement en dehors des capitales, ce qui conférera aux alliances un ancrage régional plus solide et plus diversifié.

En outre, quatre nouvelles alliances «universités européennes» vont entamer leur cheminement commun.

Ainsi, avec les 24 alliances déjà sélectionnées en 2020, nous disposons à présent d'un total de 44 universités européennes couvrant toute l'Europe.

Ensemble, ces universités européennes fédéreront 340 établissements d'enseignement supérieur de tous les États membres de l'UE et de plusieurs pays associés au programme Erasmus+ (Islande, Norvège, Serbie et Turquie). Désormais, et c'est nouveau, elles peuvent également associer à leurs alliances des établissements d'enseignement supérieur des pays participant au processus de Bologne, au-delà des pays participant à Erasmus +, comme l'Ukraine, le Royaume-Uni et la Suisse, ces collaborations devant toutefois être financées indépendamment du financement Erasmus+ accordé aux universités européennes.

Des piliers de la connaissance

Par ailleurs, nous avons encouragé les universités européennes à sortir de leur cercle universitaire, et elles ont ainsi noué des partenariats avec quelque 1.300 ONG, entreprises, villes, et collectivités régionales et locales. Les alliances «universités européennes» ont vocation à être des piliers de la connaissance au sein des régions et des villes. En témoigne le grand nombre de villes et de régions participant directement aux alliances en tant que partenaires associés mettant au point avec les établissements d'enseignement supérieur des solutions intelligentes aux défis locaux. En tant que pôles de l'innovation et de l'entrepreneuriat, les alliances favorisent le développement régional.

L'enseignement supérieur atteint une nouvelle dimension lorsque tous ces acteurs conjuguent leurs capacités et leurs connaissances très diverses dans l'intérêt des étudiants.

De notre côté, nous continuerons à aider les universités européennes à libérer tout leur potentiel.

Au fil du temps, les universités européennes mettront en contact un nombre croissant de facultés, de départements, d'enseignants et d'étudiants, elles proposeront des pédagogies plus innovantes faisant appel à des approches interdisciplinaires axées sur l'apprentissage par le défi, elles mettront en œuvre davantage de programmes communs, elles seront encore plus inclusives et elles interagiront encore plus étroitement avec leurs communautés.

Nouveaux financements

Dès l'automne, nous lancerons le prochain appel à propositions au titre d'Erasmus+, dans le cadre duquel nous offrirons de nouveau des financements pour les alliances existantes et pour de nouvelles alliances. L'objectif est d'atteindre, d'ici à la mi-2024, le chiffre de 60 universités européennes, regroupant plus de 500 établissements d'enseignement supérieur.

Parallèlement, nous travaillons à la mise en place d'instruments de coopération institutionnalisés, tels qu'un éventuel statut juridique pour les alliances entre établissements d'enseignement supérieur, et nous examinons les possibilités de diplômes communs de tous niveaux, fondés sur des critères européens, qui permettraient la reconnaissance des parcours d'études transnationales que ces alliances proposent à leurs étudiants. Et nous continuons à préparer la carte d'étudiant européenne, qui permettrait aux étudiants de disposer d'un identifiant unique et simplifierait les démarches administratives nécessaires à leur mobilité.

Nous travaillons tous ensemble, UE et États membres, régions et établissements d'enseignement supérieur de toute l'Europe, afin d'accroître la couverture et la qualité de l'enseignement supérieur européen. Nous continuerons à repousser les frontières au bénéfice des 17,5 millions d'étudiants, du 1,35 million d'enseignants et du 1,17 million de chercheurs que compte l'Europe - et, en définitive, au bénéfice de tous.

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Commentaire 1
à écrit le 28/07/2022 à 8:51
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Cette grosse vieille dondon d'UERSS ferait mieux de s'occuper des jeunes européens avant, bien avant même si elle veut qu'il en reste pour ses universités.

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