Trois ans de Présidence Hollande : un échec

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Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi. / DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, trois ans de Présidence Hollande, le bilan

Les chiffres sont sans appel. Les trois premières années de présidence de François Hollande sont un échec.

Depuis mai 2012, le PIB français a crû au rythme annuel de 0,4%. Ce n'est pas la pire des performances européennes. Disons que la France se situe dans une moyenne basse.

Mais clairement, la France n'appartient pas au club des pays qui ont su restaurer leur croissance. Et en phase avec ce premier constat, l'emploi a stagné depuis mai 2012.

Ce qui place la France en très médiocre position en Europe.

Le nombre de demandeurs d'emploi, dont le gouvernement voulait inverser la courbe, début 2013, puis fin 2013, a progressé quant à lui de 587.000, soit de 20%. Maigre consolation, c'est sur le segment des jeunes que la progression est le plus contenue. Mais avec 8% de hausse, on est bien loin des objectifs que s'était fixé le candidat Hollande lorsqu'en janvier 2012, au Bourget, il lançait:

«Si je reçois le mandat du pays d'être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif: (...) est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu'en 2012?».

Les déficits budgétaires et commerciaux ont été réduits

Mais ni à la vitesse espérée, ni via une reconquête des parts de marché, qui seraient la véritable manifestation d'une restauration de notre compétitivité.

Voilà pour les chiffres.

Mais ces chiffres, pour être honnête, sont aussi le reflet de la potion amère qui a été administrée à l'économie française au cours des trois dernières années : une première année de matraquage fiscal des entreprises et des ménages, accompagnée de mauvais signaux adressés aux entrepreneurs, à laquelle a succédé une séquence beaucoup plus favorable aux entreprises.

Le bilan de François Hollande... c'est aussi ce tournant en faveur de l'offre et des entreprises dont on ne peut contester la réalité. Je ne reviens pas ici sur le paquet fiscal du pacte de responsabilité, ni sur toutes les mesures législatives qui vont plutôt dans le sens d'une facilitation des affaires. Je ne m'hasarderai pas ici à en juger l'impact.

On sait que les mesures de soutien à l'offre ont toujours un effet diffus. Parfois paradoxal dans un premier temps, les effets défavorables à la demande l'emportant sur les effets de plus long terme. Ce que l'on peut dire à ce stade c'est que l'ensemble du dispositif sera d'autant plus efficace que le reste de l'Europe soutiendra la demande adressée la France. C'est la condition sine qua non pour que l'écrasement des marges induit par la baisse généralisée des prix en Europe ne consume pas l'avantage créé parle CICE.

Hollande n'a pas bousculer le dogme bruxellois

Disons donc à ce stade, que le mauvais bilan en termes de croissance et d'emploi est d'abord le revers de la médaille d'une thérapie de l'offre nécessaire. Et c'est là peut-être qu'apparaît le point de faiblesse le plus manifeste du bilan présidentiel. Contraint de jouer en défense au plan national, on aurait attendu qu'il joue d'avantage en attaque au plan européen.

Par crainte d'apparaitre comme le leader des cancres du "Club Med", il s'est contenté de feinter. A aucun moment on ne l'a vu bousculer le dogme bruxellois, prendre l'initiative d'une relance du projet européen, tenter de créer un contrepoids franco-italien face à l'hégémonie allemande, adopter une posture ferme contre la concurrence ou l'évasion fiscale en Europe, ou proposer une alternative face au traitement très contestable du problème grec.

En se fondant dans un consensus, ou plus rien ne différencie les partis de gouvernement européens, il participe à ce sentiment que l'Europe n'a d'autre fonction que de générer une austérité sans fin et sans issue. Bref il n'a pas su faire ce que François Mitterand a su faire en son temps, créer l'illusion que le tournant de la rigueur serait racheter par une nouvelle prospérité européenne.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 22/05/2015 à 13:18 :
En 2017 on va dire: "Cinq ans de Présidence Hollande : un terrible échec". Qui vivra, verra.
a écrit le 19/05/2015 à 20:48 :
Beaucoup de fautes d'orthographe dans cet article, en particulier fautes de conjugaison (participe passé, infinitif), Attention, ça gêne la lecture !
Réponse de le 22/05/2015 à 13:29 :
On voit de plus en plus souvent dans les articles de tous les journaux parisiens, je ne comprends pas qu'est-ce que se passe dans les rédactions – est-ce qu'on embauche de plus en plus de jeunes sans grande formation de rédaction pour leur payer trois fois rien, ou…. ? c'est attristant.
Réponse de le 22/05/2015 à 13:30 :
ERRATA : Pardon, on en voit de plus en plus….
a écrit le 19/05/2015 à 14:43 :
Pas mal de fautes d'orthographe dans cet article. Dommage.
a écrit le 19/05/2015 à 13:00 :
Tout s'aligne vers le zéro absolu :
Répression routière (l'automobiliste est assimilé à un porte monnaie sur roulettes ainsi qu'à un délinquant à surveiller à tout instant pour le rançonner au moindre km de trop et l'amener vers le zéro point de conduite autorisée ) ;
Répression sur nos libertés individuelles avec la loi sur le renseignement généralisé (big brother - zéro de vie personnelle vraiment personnelle à envisager) ;
Répression financière : gel des salaires (=zéro progression), taux négatifs, valeurs des actifs financiers (obligations, etc) en zone rouge...
Nivellement vers le bas et répression des meilleurs élèves : réforme de l'éducation, suppression envisagée des "notes" potentiellement stigmatisantes pour nos bambins, réforme sur les langues anciennes... La performance devient une anomalie à abattre.
Avec ce gouvernement nous approchons du plus petit commun dénominateur : le zéro pointé. Le zéro pour tous. C'est aussi la note que je lui accorde.
a écrit le 19/05/2015 à 12:58 :
Trois ans de Présidence Hollande : n'est pas un échec pour l'UE qui n'a comme principe que de gagner du temps tout en accélérant le mise en place de leur dogme, car, construire a l'envers, pour s'imposer, nécessite l'élimination du scepticisme!
a écrit le 19/05/2015 à 12:52 :
le diagnostic est simple, les solutions tout autant :

la france a le record européen voire mondial d'impôts et taxes, donc destruction du pouvoir d'achat et de la compétitivité des entreprises,
dans ces conditions il n'y a aucune reprise économique possible, éventuellement à la marge quand d'autres seront en prospérité..

donc il faut baisser drastiquement les dépenses publiques

chance inouïe par rapport à ceux qui doivent faire de la vraie austérité : la france repose sur un gisement de gaspillages publics par dizaines de milliards !!cf rapports de la cour des comptes, ocde, pisa..environ 200 milliards (mille feuille, antiperformance de l'éducation nationale, nos élèves nous coutent 30% de plus que les autres pays avec résultats en déroute..) surmédication, mutuelles, financement des syndicats, ...

donc il suffit de faire ces réformes et gains de dépenses publiques sans toucher aux prestations sociales pour repartir à 3% de croissance et 2 millions de chômeurs en moins

la démonstration est claire, ceux qui ont réformé au bon moment caracolent en tète (allemagne, angleterre), ceux qui sont en train repartent bien (irlande, portugal, espagne..), et les derniers de la classe à n'avoir rien fait s'enfoncent...(france, gréce)

hollande permet des réformes mais empêche de les faire (cf fiscalité de ayraud), il n'a rien fait pendant 3 ans, a eu peur de la mini loi macron, donc dit roue libre jusqu'en 2017, tant pis pour les sans dents et les chômeurs de plus.. un crime contre la société..
a écrit le 19/05/2015 à 12:42 :
5 millions de chômeurs, + 15 000 par mois, 2000 milliards de dette, 5000 hors bilan, record d'europe d'impôts et charges qui plombent le pouvoir d'achat et la compétitivité, donc l'emploi, record de dépenses publiques qui plus est, contreproductives puisque tous les résultats sont en baisse : illettrisme, baisse des niveaux scolaires...record mondial dans les lourdeurs administratives, 11 000 articles du code du travail, services publics et politiques désorganisés, redondants, une vraie usine fantome qui absorbe toute la richesse produite par le privé pour la transformer en dette, toutes les caisses sociales en déficit, déficit du commerce extérieur, et un exode massif de cadres, jeunes diplômés, start up...la france qu p asse de la 5eme à la 6eme place en PIB, elle sera 9eme en 2020....
total laxisme, totale roue libre dans le monde politico-administratif, une débâcle économique sans précédents.....merci qui ?
a écrit le 19/05/2015 à 10:55 :
Cher Monsieur,
Permettez-moi l'observation que quand on critique la performance d'autrui, l'on devrait le faire en veillant à ses propres performances grammaticales :
Vos phrases: "Hollande n'a pas bousculer ..." et " l'illusion que le tournant de la rigueur serait racheter par" ne brillent guère par la correction grammaticale.
Bien à vous,
Réponse de le 20/05/2015 à 11:18 :
vous avez raison, mais ajoutez ce constant à la débâcle totale : la déconfiture de l'éducation nationale, l'usine à produire l’illettrisme tout en nous coûtant 30% de plus par élèves que les autres pays...
a écrit le 19/05/2015 à 10:46 :
Faire le bilan de Hollande au bout de 3 ans ,alors que nous n'avons toujours pas en 2015 le bilan de la mandature précédente, faut le faire .
a écrit le 19/05/2015 à 10:31 :
Analyse gâchée par l'orthographe approximative ! et si vous vous relisiez ?
a écrit le 19/05/2015 à 10:29 :
"Hollande n'a pas bousculeR".. De grâce, faites relire vos copies si vous êtes incapable d'écrire français.
Réponse de le 19/05/2015 à 11:00 :
l'élection de hollande était une erreur !
a écrit le 19/05/2015 à 10:21 :
Constat d'un salarié du privé : salaire qui stagne, impôts boostes (mutuelle prise en compte, diminution de la valeur des parts du quotient familial, heures sup fiscalisées), hausse des cotisations en général et création de nouvelles (ex : cotisation financement des syndicats). A mon ami JL qui me disait que le PS était un syndicat proche du salarié, je constate que c'est effectivement le cas : il est surtout proche du porte monnaie de ce salarié. Déontologie et favoritisme de certaines catégories de population pour ce bilan, mais sûrement pas aide des salariés du privé, cela c'est sûr !
a écrit le 19/05/2015 à 10:21 :
Les promesses du candidat, n'ont rien à voir avec les réalités du gouvernant; sa majorité , fidèle à ses promesses lui fait défaut; résultat : on ne fait rien en faisant semblant de faire.
a écrit le 19/05/2015 à 10:05 :
Pourriez vous simplement nous expliquer comment trois ans de Hollande aurait pus rattraper 17 ans de droite et notamment les cinq ans de ruine que Sarkozy à fait ?
a écrit le 19/05/2015 à 9:43 :
Les analyses sont toujours aussi pertinentes. Merci.
a écrit le 19/05/2015 à 9:41 :
Hollande est un politicien médiocre, qui n'a jamais su remplir une fonction qui le dépasse. Il a simplement appliqué ses propres contradictions à la France, et le résultat est un échec assez lamentable. Le dernier épisode en cours sur la réforme du collège en est parfaitement illustratif. Quant à l'économie, il s'est contenté d'attendre une reprise des autres pays, probablement par archaïsme intellectuel, n'ayant pas compris qu'une économie à faible valeur ajoutée, I.E. une économie de fonctionnaires, ne pouvait créer de la croissance, et donc profiter que marginalement de la croissance des autres..

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