Les banques en ligne dominent le match
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Après les déserts médicaux, les déserts bancaires ? En tout cas, les banques traditionnelles ne cessent de fermer des agences. Une stratégie dictée paradoxalement par les clients. En effet, selon l'étude 2024 de la Fédération Bancaire Française avec l'Ifop, ils ne sont plus aujourd'hui que 36 % à se rendre dans une agence au moins une fois par trimestre, contre 41 % en 2020. Et pour 83 % d'entre eux, la banque est à la fois physique et numérique, les établissements dotés de guichets physiques ayant largement digitalisé leurs services. Question d'accessibilité et de rapidité, souhaitées par les clients.
Mais pour certains, cela ne suffit pas. De plus en plus exigeants ou contraints, ils demandent le meilleur service au meilleur prix. Et dans ces conditions, le match entre banques traditionnelles et en ligne tourne à l'avantage de ces dernières. D'autant que les pionnières, créées à partir de la fin des années 1990, telle BoursoBank, ont amélioré leur offre. Sans doute ont-elles aussi été aiguillonnées en ce sens par l'arrivée, plus récente, de nouveaux concurrents, en particulier étrangers, comme l'Allemand N26 et le Britannique Revolut.
Toujours est-il qu'entre leurs services accessibles en permanence, à des prix compétitifs, et leurs produits d'épargne, plus attrayants que ceux des banques traditionnelles, les banques en ligne séduisent. Les plus jeunes, férus d'écrans, mais aussi d'autres clients. Certes, certains ont toujours un compte dans un établissement classique, mais le recours aux banques en ligne s'accroît. En particulier de la part des « jeunes actifs aisés », selon la dernière étude de Bain & Company, publiée en avril 2025. Leur part de produits en banque principale a ainsi chuté de 15 points de pourcentage entre 2021 et 2025, et celle de l'ensemble des clients, de 11 points (soit de 78 % à 67 %). « La progression est particulièrement marquée sur la banque au quotidien, avec un taux de pénétration multiplié par 4, et sur l'épargne, où ce taux est multiplié par 8 », précise le cabinet de conseil, qui conclut : « Les nouveaux acteurs innovants ne sont donc plus uniquement des pure players reconnus pour leur maîtrise du digital : ils s'imposent également de plus en plus comme des experts des produits bancaires. »
La légitimité historique des banques traditionnelles est donc défiée. Avec quel levier ? D'abord le rapport qualité/prix. Alors que les institutions bancaires classiques sont régulièrement critiquées pour leurs tarifs élevés - des frais de tenue de compte aux retraits à l'étranger -, les banques en ligne, sans agences à louer, peuvent pratiquer des tarifs ultra-compétitifs. A titre d'exemple, alors qu'une carte de crédit est proposée pour environ 50 euros annuels par une banque traditionnelle, nombre de concurrentes en ligne la fournissent gratuitement. Même chose pour la tenue de compte ou les retraits à l'étranger. Au total, selon les cas, un client économiserait entre 80 et 200 euros par an avec les banques en ligne. En outre, ces dernières offrent souvent une prime de plusieurs dizaines d'euros pour l'ouverture d'un compte. Des avantages qui font oublier ce que certains peuvent voir comme un inconvénient, à savoir l'absence d'agence, compensée en fait par des téléconseillers, joignables quasiment en permanence.
De plus, au-delà des services quotidiens, les banques en ligne offrent, au même titre que les autres, des prêts et des crédits (avec demande en ligne facile et taux d'intérêt souvent avantageux), ainsi que des produits d'épargne. Elles ont même une singularité en matière de constitution de patrimoine financier. En effet, elles proposent souvent des produits d'assurance-vie sans frais sur les versements et des Plans d'Epargne en Actions (PEA) sans droits de garde ni frais d'inactivité.
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Sans oublier, enfin, en plus des livrets réglementés (Livret A, etc.), leurs formules « boostées ». Autrement dit, des rendements élevés, sur une période de quelques mois et pour des sommes placées pouvant parfois dépasser les 100 000 euros. Et bien sûr, les banques en ligne sont sûres, ne serait-ce que parce qu'elles émanent, pour plusieurs d'entre elles, d'un groupe bancaire classique ou qu'elles ont été rachetées par une telle institution...
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