« Nous entamons le développement de nos activités au niveau européen »

Alors que les données sont de plus en plus nombreuses, l’enjeu n’est plus l’accès à l’information, mais la capacité à la « faire parler », explique Alexandre Sidommo, président d’Intescia, société spécialisée dans la Business Intelligence, qui étend désormais ses activités au-delà des frontières de la France.

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Les données sont une des richesses de l'entreprise. Mais le volume auquel les organisations ont aujourd'hui accès permet-il de les traiter efficacement ?

Aujourd'hui, les entreprises doivent faire face à ce que je nomme « l'infobésité ». Une information chasse, en permanence, l'autre. Cela en devient anxiogène pour bon nombre de salariés, essentiellement les commerciaux. Les dirigeants pensent encore trop souvent qu'en donnant une masse importante d'information à leurs collaborateurs, ils remplissent efficacement leurs missions. En réalité, un commercial ne peut humainement pas traiter plus de 20 opportunités d'affaires par mois. Dans ce contexte, le travail d'Intescia est d'utiliser les nouvelles technologies pour effectuer un tri pertinent dans cet ensemble d'informations toujours plus volumineux. C'est tout l'enjeu de la Business Intelligence d'Intescia : révéler la valeur pour que les entreprises vendent mieux.

Un tel traitement des data est-il en mesure de rendre lisible l'instabilité économique qui prévaut actuellement ?

Les entreprises évoluent dans un environnement économique très incertain marqué par la superposition de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine. Basée sur l'intelligence artificielle, l'intelligence prédictive permet de détecter, grâce à l'analyse des données, les tendances fortes du futur et de déterminer les marchés qui seront gagnants. Pour y parvenir, chez Intescia, nous agrégeons des données provenant de sources classiques (appels d'offres, projets privés, bilans, différents documents financiers, offres d'emploi...).Mais nous tenons compte également d'éléments exogènes (température, prix du pétrole, etc.) qui vont venir impacter l'économie.

Ce type de prestations est-il accessible à toutes les typologies d'entreprise ?

La démocratisation est en route. Il y a encore quelques années, seuls les grands groupes pouvaient y avoir accès en raison de leur coût. Aujourd'hui, l'open data et la généralisation du Cloud diminuent la facture. Le seul bémol reste l'embauche d'un data scientist dont les salaires sont élevés (70 000 euros/an en moyenne). Chez Intescia, nous disposons d'une équipe data scientists qui travaillent au service des grands groupes et des ETI (et dans un futur proche des PME). Ils sont de plus en plus nombreux à s'équiper, car l'enjeu de l'information a évolué : avant les années 2000, celui qui détenait les informations avait le pouvoir. Dans les années 2000, le pouvoir appartenait à celui qui obtenait l'information avant les autres. Aujourd'hui,c'est celui qui comprend l'information qui a le pouvoir et gagne un avantage concurrentiel significatif.

Pour Intescia, quels vont être les prochains développements ?

Après avoir conquis une place de leader sur le marché français, nous entamons notre déploiement au niveau européen. Nous ciblons, pour le moment, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et la France naturellement. Pour remplir cet objectif, notre stratégie repose à la fois sur de la croissance organique et externe. Nous allons donc multiplier les recrutements.

Et en ce qui concerne la France ?

Nous allons également procéder à des acquisitions en France, tant sur nos métiers historiques, que sur des technologies (machine learning, IA...) pertinentes pour notre activité.

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