Trading gratuit : est-ce vraiment possible ?
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À force de baisser les frais, il fallait bien que cela arrive. Le premier courtier en bourse à faire fureur en affichant zéro frais est le broker américain Robinhood.
Normalement, un courtier en bourse se rémunère à chaque transaction réalisée par ses clients grâce à des frais de courtage. Les frais de courtage sont habituellement proportionnels au montant de l'ordre et ils sont prélevés aussi bien à l'achat des titres qu'à leur revente.
Le trading sans frais, c'est donc l'abolition de frais de courtage ! Si telle est la promesse de votre courtier, vous pouvez, a priori, acheter et vendre des titres sans payer de commissions de trading.
Mais une question se pose d'emblée ? Comment le courtier gagne-t-il sa vie si son service est gratuit ?
Pour la plupart des courtiers, la possibilité de faire du trading sans frais est avant tout un produit d'appel. Une manière de faire venir des clients pour, in fine, leur vendre d'autres produits plus rémunérateurs (généralement des produits dérivés).
C'est typiquement le cas des plateformes de trading comme eToro ou XTB qui gagnent surtout leur vie dès lors que vous tradez des CFD et non des actions classiques. Les CFD entraînent, en effet, des frais de financement (payés chaque jour) qui peuvent être très rémunérateurs pour les plateformes de trading.
Mais certains brokers se refusent de proposer des CFD, jugés trop spéculatifs. Le néo-courtier Trade Republic offre la possibilité d'investir gratuitement via des "plans d'investissement", c'est-à-dire des investissements programmés chaque semaine, chaque mois, ou chaque trimestre. Ces plans d'investissement sont fléchés vers des ETF (des fonds d'investissement cotés en bourse). Or, ces fonds ont des frais de gestion annuels qui viennent rémunérer la société de gestion qui les gère. Et Trade Republic est, en retour, rémunéré par les sociétés de gestion pour les encours ainsi apportés.
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> Pour en savoir plus sur le fonctionnement de Trade Republic, retrouvez cette analyse complète.
Vos liquidités dormantes peuvent aussi être source de profits pour les courtiers. En effet, avec les taux qui ont remonté, un placement monétaire peut rapporter plusieurs pourcents par an. Une manne financière qui n'est pas toujours redistribuée aux clients.
Il est souvent précisé par les courtiers qui mettent en avant l'absence de frais que cela ne concerne que les frais de courtage ; les commissions de trading.
Mais d'autres frais peuvent intervenir, notamment :
Autant de frais qui peuvent, in fine, pénaliser les investisseurs. Il est donc primordial de comparer l'ensemble des frais pour réellement choisir la plateforme la plus adaptée.
Spreads et paiement pour flux d'ordres
En 2018, le pionnier Robinhood fait scandale lorsque Bloomberg révèle que la plus grosse partie de la rémunération du courtier est versée par des tiers pour "paiement pour flux d'ordres".
Cette pratique consiste à vendre les données d'ordre de bourse enregistré par les clients à des fonds spéculatifs. Ces hedges funds qui pratiquent le trading algorithmique à haute fréquence ont alors la possibilité de s'interposer pour acheter des titres aux uns pour les revendre quelques centimes plus chers aux autres. Mais cette pratique se fait, bien entendu, au détriment du client. D'ailleurs, Robinhood a été condamné en 2019 pour ne pas avoir veillé à la meilleure exécution des ordres de ses clients.
En France, l'Autorité des Marchés Financiers a mis à jour sa doctrine pour tenir compte de cette pratique. Dans cette recommandation, l'AMF précise, entre autres, que la rémunération en provenance de tiers ne doit pas "bénéficier directement au courtier sans que le client n'en retire de bénéfice tangible". La pratique de paiement pour flux d'ordre ne semble donc pas répondre aux critères d'acceptabilité de l'AMF.
Les acteurs présents en France doivent donc trouver d'autres moyens de se rémunérer. En plus des pratiques citées précédemment, celle du spread additionnel est la plus courante sur le marché des CFD. Cela consiste à augmenter le prix d'achat proposé au client et à diminuer également le prix de vente proposé. Par exemple, au lieu de pouvoir acheter une action à 10 €, vous ne pouvez l'acheter qu'à 10,1 €. Ici, on comprend bien que plus le spread (à savoir l'écart de prix d'achat et de vente) est élevé et plus le client est pénalisé. In fine, cela agit comme des frais.
Rien n'est jamais vraiment gratuit. Et si c'est gratuit, comme dit l'adage, c'est que c'est vous le produit. Toutefois, la pression concurrentielle pousse les courtiers à réduire au maximum les frais et vous pouvez en tirer profit ; à condition de bien comprendre l'ensemble des pratiques tarifaires. Par exemple, à condition d'éviter les CFD, vous pouvez trader les actions gratuitement chez certains courtiers. Si vous souhaitez investir dans des ETF, vous pouvez aussi profiter des conditions offertes par les plans d'investissement gratuits.
Mais pour ne pas se faire avoir par un marketing trop alléchant, le mieux est de bien comparer, en utilisant, par exemple, les comparatif mis à disposition par Finance Héros !
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