Manuel Valls en Gironde pour signer le contrat de plan Etat - Région

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Une seconde, on a cru à une réponse. Rien qu'une seconde où Manuel Valls a paru hésiter, chercher ses mots. Le Premier ministre, derrière le pupitre à l'Aérocampus de Latresne, évoquait la question de mobilité. Il réagissait à l'appel d'Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, qui un peu plus tôt avait profité de son discours pour l'interpeller sur le prolongement de la ligne à grande vitesse après Bordeaux, qui a du plomb dans l'aile.
Dans son allocution, Manuel Valls a listé quelques projets à financer remarquables à ses yeux, comme les 100 M€ fléchés vers les aménagements de la rocade de Bordeaux, la modernisation du campus de Bordeaux Sciences agro, la réduction de la fracture entre les territoires, notamment numérique. Avant de conclure en faisant un crochet par la politique nationale menée par le gouvernement ("Ralentir, louvoyer, ce serait revenir en arrière. Nous n'avons pas de temps à perdre, le rythme des réformes se poursuivra"), le Premier ministre avait comparé l'Aquitaine à "une force de la nature".
Soulignant le dynamisme de la région, il avait également évoqué la prochaine fusion avec Poitou-Charentes et le Limousin, donnant naissance au 1er janvier 2016 "à une grande région qui ne tourne pas le dos à son identité du Sud-Ouest", et rappelé que la loi NOTRe donne des responsabilités élargies aux Conseils régionaux. Plus de leviers d'action, pour le plus grand plaisir d'Alain Rousset qui a œuvré lors des discussions avec le gouvernement "avec enthousiasme et beaucoup de franchise". Sourire de Manuel Valls, rires dans l'assistance...
Le président du Conseil régional d'Aquitaine, en lice pour un nouveau mandat à la tête de la future région élargie, avait insisté sur "l'importance de la formation opérée par les Régions, qu'elle soit initiale, permanente ou via l'apprentissage". Alain Rousset a annoncé vouloir doubler dans les prochaines années le nombre d'élèves ingénieurs et sa volonté de construire "une université numérique permettant de travailler en communauté, à distance, renforçant les réseaux de chercheurs". Un projet notamment inspiré par l'Université de Rennes.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, Manuel Valls avait visité Ceva Santé animale (3.750 salariés dans le monde), ETI en pleine croissance de Libourne, et rencontré son patron Marc Prikazsky, par ailleurs président du Club des ETI d'Aquitaine dont plusieurs membres étaient présents. Le Premier ministre a notamment visité le nouveau site de production du pôle pharmaceutique de Ceva, qui vient de faire l'objet d'un investissement de 18 millions d'euros.
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Manuel Valls et les membres du Club des ETI d'Aquitaine (© Ceva - F. Blazquez)
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Toujours conduit par Alain Rousset et par deux "enfants du pays", le Landais Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, et le Lot-et-Garonnais Matthias Fekl, secrétaire d'État au Commerce extérieur, à la Promotion du tourisme et aux Français de l'étranger, le Premier ministre a aussi rencontré plusieurs représentants de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles et de la Chambre d'agriculture. Cette entrevue impromptue lui a permis de défendre le plan d'urgence annoncé et de saluer la levée des barrages des agriculteurs dans de nombreuses régions, comme le relate France 3 Aquitaine.
Mikaël Lozano