Commerce, logement, revitalisation : les « Petites villes de demain » en redemandent

Comme plus de 1 600 communes en France, Ruffec (Charente) bénéficie du programme « Petites villes de demain ».
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Comme plus de 1 600 communes en France, Ruffec (Charente) bénéficie du programme « Petites villes de demain ».
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« Ce programme a donné aux élus un accès à l'ingénierie publique, pour leur permettre de travailler autrement et d'imaginer des projets à court, moyen et long terme. Tout le monde veut que ça continue » Un plan de l'État qui fait la quasi-unanimité, c'est assez rare pour être souligné. « Petites villes de demain » est certainement de ceux-là à en croire les témoignages relayés par les sénateurs Nicole Bonnefoy (PS) et Louis-Jean de Nicoläy (LR). Les deux élus poursuivaient ce lundi en Charente leur tournée nationale auprès des maires ayant bénéficié du programme lancé en 2020 sous le gouvernement de Jean Castex.
L'objectif d'alors : redonner de la vitalité aux centres-bourgs des localités de moins de 20 000 habitants en favorisant le commerce de proximité, le logement, les mobilités douces ou l'amélioration du cadre de vie. Et tout ça à l'heure de l'ultra-domination du commerce en ligne, de la crise de la construction neuve ou de la métropolisation.
Un budget de 3 milliards d'euros - qui se transformera en 3,7 milliards - est alors débloqué, mais surtout, 1 646 communes sont accompagnées par des chefs de projet. Une ressource humaine cruciale alors que les élus locaux n'ont pas toujours accès aux compétences pour penser un projet global.
Cette réflexion globale sur des villes souvent qualifiées de « périphériques » et en mal d'attractivité a été très bien accueillie. L'Association des petites villes de France a ainsi recensé 93 % de maires favorables à une poursuite du dispositif (sur un total de 229 répondants entre mars et mai 2025). Les chefs de projet ont joué les intermédiaires entre élus et structures publiques (établissements fonciers, sociétés publiques locales, financeurs...).
Certaines villes ont pensé leur avenir comme jamais auparavant en créant des foncières pour sécuriser du bâti ou en établissant par exemple un plan guide, ce vaste document qui définit et cadre les évolutions urbanistiques à venir. C'est le cas de la ville de Ruffec en Charente.
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« On a élaboré ce plan guide avec le Caue [Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement, ndlr] et la Banque des Territoires, afin d'imaginer la ville pour les 10 à 15 prochaines années », explique à La Tribune le maire Thierry Bastier. Pour son premier mandat, l'élu salue l'appui apporté par un programme qui apporte des ressources précieuses. « Sans Petites villes de demain, on ne serait pas allé aussi vite sur les dossiers », assure-t-il. 57 actions ont été élaborées dans le cadre du dispositif dont 14 ont déjà été réalisées, avec l'implantation d'une mission locale, l'aménagement de voies douces entre les lieux scolaires et la gare ou un plan de végétalisation.
Tandis que les politiques nationales multiplient les démarches à réaliser dans les communes (Plan Climat territorial, Zones d'accélération des énergies renouvelables, Zéro artificialisation nette...), l'arrivée de nouvelles compétences s'est révélée presque libérateur. « L'Etat a longtemps été puissant en se mettant au service des territoires, mais son ingénierie a disparu. Ces politiques-là ne sont donc pas anodines, elles sont vitales », pousse Nicole Bonnefoy. Le duo, qui doit livrer ses conclusions début octobre, va « encourager le gouvernement à poursuivre » le dispositif après 2026. Et militer pour plus de décentralisation.
« Nous voulons faire prendre conscience qu'il y a un vrai besoin d'accès à l'ingénierie, aux compétences dans les collectivités. Ce n'est peut-être plus à l'État de dire où vont les ressources mais aux régions ou aux départements de reprendre la main », opine Louis-Jean de Nicoläy. A quelques mois des élections municipales, les parlementaires souhaitent que la dynamique initiée se poursuive au-delà des mandats.
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Derrière le prolongement de Petites villes de demain, les élus réclament quant à eux deux choses. La première, une meilleure coordination entre tous les partenaires du programme (Banque des Territoires, Agence nationale de cohésion des territoires, Bpifrance, régions, départements...) afin d'éviter une multiplication des démarches. L'autre, limiter le recours aux cabinets de conseil privés. « On doit obligatoirement faire auditer notre démarche lorsqu'on veut déposer un dossier et débloquer des fonds. C'est ce qui déplaît bien souvent aux élus car on dispose d'ingénierie publique et que les cabinets nous coûtent très cher », dénonce le maire de Ruffec.