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Gouvernement pléthorique : la fébrile défense du président ghanéen

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 19 mars 2017 à 15:20 - Mis à jour le 19 mars 2017 à 15:48

Le Quotidien Numérique

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Avec la composition définitive de ce gouvernement, il faudra tenir le conseil des ministres dans un stade. Quarante ministres de plein exercice, cinquante vice-ministres et vingt ministres représentant les régions. Au total, 110 ministres composent le gouvernement ghanéen. Un effectif pléthorique pour lequel le président n’a pas pu trouver de justification convaincante face à la polémique nourrie par les difficultés économiques du pays.

« C'est un gouvernement éléphant [symbole du parti patriotique national (NPP, au pouvoir) », s'étouffe le chef de l'opposition. Au gré des vagues de nominations, l'éléphant est devenu mammouth avec un record peu honorable de 110 ministres pour Nana Akufo-Addo, élu en décembre dernier dans ce pays ouest-africain de 27 millions d'habitants.

Besoin de bras pour relever les défis économiques

Pour la deuxième fois dans l'histoire du Ghana sous la Quatrième République, le nombre de ministres est plus nombreux que le nombre de députés de la minorité au Parlement (106 députés). Une comparaison peu glorieuse pour le nouveau président ghanéen qui s'est confondu en explications lors d'une interview à la Daily Graphic et Ghana Television (GTV).

« Je ne crois pas que l'effectif de mon gouvernement sous la Quatrième République soit si grand au vu des nombreux défis à relever », explique Nana Akufo-Addo. « Il est préférable d'avoir des hommes et des femmes capables de servir l'intérêt de la nation et de travailler à la croissance de l'économie », a-t-il ajouté. Les inquiétudes sur le coût de cette équipe gouvernementale éléphantesque ont également été balayées d'un revers de main par le président ghanéen.

« Je sais que les gens sont préoccupés par ce qu'ils considèrent comme un coût exorbitant. Mais, 42 des 50 vice-ministres sont tous des parlementaires. Le coût marginal de la mutation des parlementaires en ministres est minime en termes de coût global pour les finances publiques», s'est justifié le président ghanéen.

En clair, le salaire des ministres-parlementaires sera augmenté de peu alors qu'ils auront deux fonctions.Une défense bien fébrile alors que le président ghanéen reconnaît lui-même les difficultés économiques qui ont accueilli son entrée au Flagstaff House, le palais présidentiel. Ce sont « un ratio PIB / dette de 74%, un excédent de dette de 2,4 milliards ceddi dans le secteur de l'énergie, une baisse persistante du taux de croissance, le taux le plus bas de croissance de 2,6% dans le secteur agricole au cours des 20 dernières années ».

Ministres doublons

Certains observateurs ont également vite fait de rappeler à Nana Akufo-Addo, les doublons dans certains ministères comme celui des Finances. Las pour le président ! D'autres pointent l'inutilité d'avoir des ministres représentant les régions. La polémique, pain béni pour l'opposition, se poursuit et alimente toutes les conversations dans les rues ghanéennes.

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Les 27 millions de citoyens se gardent bien de rire du « plus pléthorique gouvernement de l'histoire du Ghana » au moment où le chômage atteint des sommets et que le pays se remet à peine des nombreux scandales de corruption et de dilapidation des biens publics qui ont caractérisé le second mandat de John Dramani Mahamat.

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Pour éviter le parallèle avec son prédécesseur, Nana Akufo-Addo veut couper court à la polémique. « Si je réussis [à redresser le pays], bientôt que le brouhaha ne sera rien comparé au succès ». A l'heure actuelle, les Ghanéens ne semblent pas convaincu des explications de leur président.

Ibrahima Bayo Jr.

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