C'est une prise de guerre électorale que ni le pouvoir ni l'opposition n'envisagent de perdre. Entre les deux camps, la guerre des nerfs est déjà lancée et l'épreuve de force déjà enclenchée pour revendiquer la victoire à Dakar. Au sein de la coalition Benno Bokk Yakkar comme de Mankoo Taxawu Sénégal (ou Senegaal), chacun bombe le torse et lève le poing.
En l'absence de résultats officiels, les premières joutes de contestation post-électorale pour rafler la mise à Dakar se font par chiffres interposés. Avec 19 communes d'arrondissement, la région de Dakar offre un portefeuille de 17 sièges. Mais c'est au niveau du département (7 sièges à pourvoir) que la bataille s'est déclenchée.
A 56 ans et sous l'auréole de « meilleur ministre des Finances d'Afrique en 2017 », Amadou Bâ, qui conduisait la liste départementale de la coalition présidentielle, a déclenché les hostilités. « Dakar est tombé aujourd'hui, Dakar est sous le contrôle de Benno Bokk Yaakaar [au pouvoir] », s'est précipité pour annoncer à la presse tard dans la nuit de dimanche, l'argentier de l'Etat sénégalais ragaillardi par le présidentiel soutien de Macky Sall qui lui indiquait « placer tous [ses] espoirs en lui » pour la bataille de Dakar.
Signe de l'enjeu décisif de cette bataille politique, le locataire du Palais de la République s'était marché sur la langue en annonçant qu'il était impensable pour sa coalition « de perdre Dakar face à un candidat qui n'a pas sa liberté de mouvement ». Un enjeu qu'il avait résumé à la formule « gagner ou périr ».
Du tac au tac, la riposte du camp du « prisonnier » est tombée comme un couperet. Ce lundi en conférence de presse, la coalition Mankoo Taxawu Sénégal, conduite par Khalifa Sall, le maire embastillé de Dakar a répliqué. « Nous n'accepterons pas la confiscation de notre victoire à Dakar », a fait savoir, Cheikh Guèye, son porte-parole du jour de Mankoo Taxawu Sénégal, non sans relever des dysfonctionnements dans le déroulement des opérations de vote. Des dysfonctionnements qui n'empêcheront pas, selon lui, la liste de sa coalition remporter les sièges de Dakar.
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En l'absence de résultats officiels, aucun chiffre donné par l'une ou l'autre des coalitions ne convainc vraiment. Une guerre des chiffres qui laissent présager d'un résultat très serré au niveau de cette prise de guerre symbolique. Mais pour l'heure, tous les ingrédients sont en place pour une contestation à l'annonce du verdict des urnes.
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